Qualité/Sécurité

En Ariège, le remplacement d’une conduite forcée a été placé sous haute surveillance

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE

Le groupement d’entreprises conduit par Resirep a terminé, le 21 octobre, le chantier de modernisation de l’usine hydroélectrique d’Aston, en Ariège. Démarré en 2014, le chantier aura mobilisé d’importants moyens pour être réalisé en toute sécurité.

En cette fin du mois d’octobre, le groupement conduit par Resirep, filiale d’Eiffage GC spécialisé dans les travaux spéciaux, a terminé le chantier de modernisation de la centrale hydraulique d’Aston en Ariège. Réalisé sous maîtrise d’ouvrage d’EDF, il s’inscrit dans le cadre du programme national de rénovation des aménagements hydrauliques «RenouvEau». Il vise à optimiser les performances techniques du premier centre de production des Pyrénées.

Lancé en juillet 2014 par des travaux préparatoires (terrassement, déboisement, sécurisation des falaises et installation de la base de vie du chantier), il s’est terminé le 21 octobre avec une semaine d’avance sur le planning prévisionnel.

Le chantier d’Aston s’est composé de trois opérations. Les travaux ont d’abord consisté à construire un nouveau tronçon de plus de 400 mètres de long sur la rive droite des deux conduites forcées existantes. Ensuite, il a fallu raccorder le nouveau tronçon à la fois à la centrale hydraulique, en aval, et à la conduite forcée existante, en amont. Cette phase a compris le démontage du tronçon devenu obsolète. Puis, le groupement d’entreprises a appliqué un traitement anticorrosion sur la partie amont de la conduite forcée rive droite, non remplacée, et sur l’intégralité de la conduite forcée existante, rive gauche.

 

Terrain pentu et instable

 

La réalisation du nouveau tronçon a demandé d’importants travaux de terrassement. Ainsi, 4 000 m3 de terrains ont été déplacés par des pelles araignées, dont 2 000 valorisés sur d’autres sites. Par ailleurs, le groupement a réalisé des fondations (micropieux et ancrages) sur lesquelles reposent les nouveaux ouvrages en béton (deux massifs et 23 pillettes) supportant la nouvelle conduite.

Les ouvriers ont dû intervenir dans un environnement de moyenne montagne sur un terrain à la fois pentu et instable: altitude allant de 550 m au niveau de la centrale hydraulique jusqu’à 1 050 m au niveau de la vanne de tête, pente de plus 400 mètres avec une inclinaison moyenne de 30°. A ces conditions s’ajoutait la difficulté du chantier demandant de mettre en place au millimètre près les éléments de conduite forcée (environ une tonne au mètre).

Compte tenu de ce contexte, le groupement d’entreprises a privilégié la mise en œuvre de moyens légers. Amenés sur site par route, ils ont ensuite été transportés sur les postes de travail par un blondin d’une capacité de levage de 10 tonnes installé par l’entreprise Mécamont, sous-traitante du groupement. Pour démonter la conduite forcée devenue obsolète, un deuxième blondin d’une capacité de levage de 5 tonnes a été installé en parallèle du premier.

Par ailleurs, la mise en place d’une «gestion électronique des documents» (GED) a permis, tout au long du chantier, la distribution des documents (procédures, note de calculs, plans, agréments, etc.) permettant un suivi au jour le jour de l’état d’avancement des travaux.

 

174 000 heures de travail

 

Entre juillet 2014 et début 2017, le chantier aura représenté 174 000 heures de travail, dont 32 000 h d’encadrement, soit une moyenne de 30 hommes par jour.

Resirep, mandataire du groupement, a mis en place une organisation adaptée au niveau d’exigence d’EDF en matière de sécurité et de respect de l’environnement impliquant l’ensemble des entreprises intervenues sur le site. «Ainsi, pendant toute la phase de reconstruction, nous avons choisi de sectoriser le linéaire pour permettre la superposition des travaux», précise Jean-Numa Boillot, directeur de projet. «Au vu de la pente et pour stabiliser le terrain, nous avons mis en œuvre des soutènements provisoires de types parois clouées, démolis une fois l’ouvrage définitif construit», poursuit Lionel Mounier, animateur qualité-sécurité-environnement (QSE).

Dans la même logique de faciliter l’accès aux zones de travail tout en limitant les risques de chutes de plain-pied, le groupement a installé sur toute la longueur des conduites forcées des passerelles métalliques représentant 420 tonnes d’échafaudage.

La première priorité a donc été de garantir l’intégrité physique de chaque salarié tout au long de ce projet en recourant à de nombreuses parades et moyens de prévention. Par exemple, avant d’avoir l’autorisation d’accéder au site, chaque salarié, que ce soit du groupement d’entreprises ou des sous-traitants, a dû passer un accueil sécurité que j’ai animé. «Pendant 1h30, j’ai présenté les intervenants, les exigences du groupement et du client en termes de prévention et de respect de l’environnement. Les salariés ont ensuite rempli un «questionnaire à choix multiple» (QCM) afin de vérifier leurs connaissances et leur compréhension des moyens de mise en place», détaille Lionel Mounier.

 

Limiter l’impact du chantier sur l’environnement

 

L’autre priorité a été la préservation de l’environnement. Sous la conduite forcée, la présence du cours d’eau Aston, alimentant par ailleurs un peu plus loin du chantier une pisciculture, interdisait toute pollution, même accidentelle. Pour limiter l’impact du chantier, le groupement d’entreprises a fait poser une bâche de protection (37 m de long et 5 m de large) au-dessus du cours d’eau, à l’aplomb du blondin. Cela a permis ainsi de recueillir toute pollution accidentelle causée par une chute lors du transport. Il a également réalisé de nombreuses analyses de la qualité de l’eau en amont et en aval pendant toute la durée du chantier.

Dans cette même logique de protection de l’environnement et de limiter le risque d’incendie, le responsable qualité-sécurité-environnement a imposé le «zéro mégot» sur le chantier. Pour cela, chacun a reçu un petit cendrier portatif lors de son accueil sécurité.

La centrale sera pleinement opérationnelle à la fin de l’année 2016. L’ensemble des nouveaux équipements, à la fois plus sûrs et plus performants, permettront à EDF de rallonger la durée d’exploitation de la centrale d’Aston de plusieurs décennies. La production s’est d’ailleurs poursuivie durant toute la durée du chantier, et seuls quelques mois d’arrêt – entre mai 2016 et octobre 2016 – auront été nécessaires lors de la procédure du raccordement des nouvelles conduites.

 

Fiche technique

Maître d’ouvrage: EDF Upso – GEH Aude Ariège

Maître d’œuvre: EDF – CIH Centre d’ingénierie hydraulique, division «Production ingénierie hydraulique»

Entreprises: Resirep – mandataire; Eiffage TP (génie civil et terrassement); Savco – travaux de mécanique; Lassarat – travaux de peinture

Calendrier: chantier, de juillet 2O14 à avril 2O16

Montant du marché: 14,2 M€ HT

 

Focus

La centrale hydraulique d’Aston est située dans la haute Ariège, dans la vallée de l’Aston à 1O km en amont de Tarascon-sur-Ariège. Elle a été mise en service pour la première fois en 1947, pour le groupe 1. Le groupe 2 a été mis en service en 1948, les groupes 3 et 4 en 1951.

Avec plus de 1O5 MW de puissance installée, la centrale est la plus importante du parc hydraulique du Sud-Ouest. Elle est équipée de quatre groupes de type Pelton et fournit en moyenne près de 337 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 16O OOO habitants. Le débit maximal turbinable est de 25,1 m3/s. La puissance maximale est de 1O3 MW.

L’aménagement est constitué de deux branches: la branche Ariège allant de la prise d’eau de Mérens à Sauzet (19,4 km); la branche Aston allant de la prise d’eau de Sirbal à Artaran (9,2 km).

Les deux branches se réunissent à 1,1 km en amont de la cheminée d’équilibre. Les eaux transitent alors de la cheminée d’équilibre jusqu’à la centrale à travers deux conduites forcées.

L’aménagement d’Aston comporte deux conduites forcées de 1O7O mètres de long chacune. Elles reposent sur neuf massifs et 82 pillettes.

 

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