Economie

Emmanuel Macron invite les collectivités à préférer l’investissement à leurs dépenses de fonctionnement

Le ministre de l’Economie était auditionné mercredi 17 septembre devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. S’appuyant sur le travail d’Arnaud Montebourg pour mieux s’en démarquer, il a appelé les collectivités locales à favoriser l’investissement notamment pour le BTP  et promis de rationaliser les plans industriels.

Il ne doit pas être évident de succéder à Arnaud Montebourg. Avec sa flamboyance parfois désordonnée apportée à sa fonction, l’ancien ministre de l’Economie avait imposé un style. Il ne convient pas à tout le monde. Pas à son successeur Emmanuel Macron en tout cas. Surtout quand la flamboyance a pu faire oublier l’importance de certaines des mesures mises en place. C’est donc à un travail de « nettoyage » et de remise en perspective que le nouveau ministre de l’Economie s’est livré lors de son audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale.

Oui, les outils de la relance existent, ils ont bien été mis en place par « mon prédecesseur », non, l’action tous azimuts n’est pas garante d’efficacité. Je ferai du Montebourg sans Montebourg et en mieux. Voilà en substance ce qu’à tenu à exprimer Emmanuel Macron devant les députés.
Mais au-delà de son numéro de « démarcation », le ministre de l’Economie a quand même distillé quelques messages de nature à rassurer les entreprises. Notamment en développant sa vision de trois « fronts d’action » : le front « défensif », le front de « l’économie du quotidien » et le front de la production et de l’innovation.

Sur le front défensif, Emmanuel Macron s’est inscrit dans le même volontarisme politique et a promis la même implication personnelle que son prédecesseur. Il annoncé que les instruments mis en place par Arnaud Montebourg, notamment les commissaires au redressement productif, seraient d’ailleurs pérennisés mais surtout consolidés.

 

« Préserver le bon investissement »

 

Deuxième front : l’économie du quotidien. « C’est celle qui fonctionne, qui n’appelle pas souvent l’aide de l’Etat (…) mais qui au quotidien emploie, développe, parfois exporte », a défini le ministre de l’Economie, citant comme exemple le secteur du BTP. « C’est l’un des fronts du pacte de responsabilité et de solidarité. Mais au-delà, il y a tout un tas d’actions sectorielles qui doivent être menées. Plusieurs de ces professions (dont le BTP ndlr) risquent d’être impactées par les mesures d’économies que nous demandons aux collectivités territoriales (…) Mais on ne peut pas dire que ces économies auront d’uniques sacrifiés qui seront ceux qui travaillent dans le bâtiment et les travaux publics. Notre exigence au quotidien c’est au maximum, dans le pilotage des économies qui sont demandées aux collectivités locales, de préserver le bon investissement celui qui crée des emplois et au maximum de le porter sur les coûts de fonctionnement, l’organisation, la simplification. »

Questionné un peu plus tard sur le respect des délais de paiement des entreprises, Emmanuel Macron a souligné que c’était « un problème aujourd’hui massif pour notre économie ». « 600 milliards d’euros, c’est l’enjeu que représentent les délais de paiement en termes de financement des entreprises, et dans beaucoup de cas finalement, les petites entreprises sont les premières banques des grandes entreprises », a-t-il observé. Le ministre a annoncé qu’il avait demandé à la répression des fraudes « de lancer une série d’enquêtes en particulier sur ce sujet », et « nous n’hésiterons pas à aller au bout », a-t-il prévenu. Il a aussi assuré qu’il serait « particulièrement vigilant » sur le respect par les administrations publiques de l’objectif de paiement à 20 jours, reconnaissant que « les pouvoirs publics ne sont pas toujours exempts de reproches ».

 

Rationaliser

 

Enfin, concernant le troisième front, celui de la production et de l’innovation en France, un front structuré autour des 34 plans de la Nouvelle France Industrielle, Emmanuel Macron a fait part de son intention de rationaliser et de simplifier la démarche initiée par Arnaud Montebourg. Il a ainsi évoqué sans entrer dans les détails, la possibilité de regrouper certains des 34 plans lancés il y a un an.

« Nous allons les passer en revue d’ici la fin de l’année, (afin de) concentrer les moyens », a-t-il déclaré, rappelant que 3 milliards d’euros étaient dévolus à ces plans à travers le PIA (Plan d’investissements d’avenir). « Il faut sans doute regrouper certains de ces projets. Trente-quatre, c’est beaucoup, et donc il faut sans doute trouver des priorités et choisir », a affirmé Emmanuel Macron. « Il y en a qui marchent moins bien que d’autres, il faut peut-être les regrouper », a-t-il poursuivi, en indiquant qu’il allait regarder ce dossier avec « pragmatisme ». Il a prôné en revanche la poursuite du travail de filière dans le cadre du CNI.

 

 

 

 

 

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    Balayer devant sa porte

    La France c’est 57% du PIB qui passe en frais de fonctionnement, une des plus grande facture qui ferait crouler n’importe qu’elle entreprise. Relancer le batiment, l’état vient de débloquer 1.9 millard d’euros pour le logement, il faudrait éventuellement créer un ministére de la construction, voyant que la demande n’est pas assouvie par l’offre du secteur privé qui préfére répondre aux actionnaires. Au final seules les grosses Sté s’y retrouveront encore sur ces marchés manipulés. L’immobilier reste un concept spéculatif pour rappel, plus de travail, plus de logement, demain plus rien dans l’assiette…
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