Paysage

Eloge de l’ombre, par Patrick Blanc

Mots clés : Entreprise du BTP - Manifestations culturelles - Musées - galerie

Ombre et lumière, thème du troisième numéro du trimestriel Garden Lab, a ouvert un boulevard au botaniste Patrick Blanc, invité à fêter sa parution, le 14 septembre à Paris. De plus en plus sollicité pour de grands projets dans le monde entier, le bâtisseur végétal revisite la façade extérieure du musée du Quai Branly, qui a lancé son œuvre.

« Dans les sous-bois des forêts tropicales où ne parvient qu’1% de la lumière du jour, les plantes inventent des architectures originales. La faiblesse de l’énergie génère la créativité, avec un bilan presque nul en biomasse, mais énorme en diversité ». Invité à s’exprimer sur l’ombre et la lumière, Patrick Blanc n’a évoqué la première que pour mettre en relief la seconde et partager son émerveillement. En témoigne sa description des « feuilles moirées, qui, au moyen de petits clones, créent un effet de loupe pour stimuler la photosynthèse, alors qu’elles grillent immédiatement sous l’effet du soleil ». La rédaction de Garden Lab l’avait invité à fêter la parution de sa troisième parution consacrée à l’ombre et à la lumière, le 14 septembre à la librairie parisienne Artazart.

 

Croissance lente

 

Parmi les villes qui méritent son éloge pour leur capacité à tirer le meilleur partie du génie des plantes de l’ombre, le constructeur de murs végétaux cite Tokyo : « Dans les ruelles sombres, s’épanouissent des jardins grands comme une demi-table, et riches de 20 à 30 espèces à croissance lente, ce qui évite les affres de la compétition et la contrainte du désherbage ». Et le bâtisseur à la chevelure verte de conclure son hymne par un « Vive l’ombre », dans la liesse d’une soirée de rentrée au cœur du Paris des Bobo, tout près du pont parisien célèbre pour sa gueule d’atmosphère.

 

Promenades mondiales

 

Quand il ne sillonne pas les sous-bois des forêts tropicales, le botaniste inventeur des murs végétaux se promène dans les grands chantiers de la planète pour y diffuser l’ombre végétale bienfaitrice. Ce 15 septembre, le voici à Téhéran, pour verdir un centre commercial de 7000  m2. « Sur 243 espèces de lianes prévues dans la tour de 200 m de haut que nous achevons avec Jean Nouvel à Kuala Lumpur, nous en avons déjà planté 180 », témoigne-t-il, confiant dans la pérennité que favorise la diversité. Jean Nouvel l’amène dans un îlot urbain entre Pékin et Shanghai, pour un programme de bord de mer associant habitat, atelier d’artistes, musée et restaurant. Le jeu mondial avec l’ombre végétale le conduit également à New-York, avec Christine Raynaud, ancienne associée du même architecte, ainsi qu’avec le Japonais Tadao Ando.

 

Pourtant, l’engouement mondial pour les murs végétaux le laisse dubitatif : « Partout, je vois des réalisations affreuses, et pourtant ça marche ! ». Un colloque international du mur végétal, à Bogota, l’a conforté dans cette analyse. Le botaniste ne croit pas non plus beaucoup aux arguments techniques sur la régulation thermique urbaine : vérifié sur les toitures, ce service ne se transpose pas aux façades.

 

Retour au Quai Branly

 

Même si la part de la France est devenue marginale dans son activité, Patrick Blanc revisite jusqu’au printemps prochain le musée parisien du quai Branly. Un signal encourageant accompagne le lancement des premières plantations : « le Crowdfunding a rapporté 55 000 euros, ce qui couvrira le coût des 25 000 plantes », se réjouit le concepteur, qui a tenu à réaliser cette prestation bénévolement, car « l’œuvre unique ne se paye pas deux fois ».

L’artiste estime que la réfection ne s’imposait pas : les plantes ont eu le temps de colmater les fuites apparues dans les premières années sur les supports en PVC mal posés, selon lui. Mais cette analyse ne l’empêche pas de compter sur deux améliorations : « Enfin, je peux espérer le respect de mes prescriptions sur l’arrosage, même si l’interdiction absurde d’utiliser l’eau de la Seine persiste ». Le bénéfice de l’opération tiendra également dans la sécurisation de l’ouvrage par une grille de protection : « J’y tenais. Le mur végétal doit apporter du bonheur, et pas risquer de tuer les gens ».

 

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