Entreprises de BTP

Eiffage affiche une belle santé

Avec un chiffre d’affaires en hausse de 11,6%, le groupe Eiffage a connu une activité soutenue au premier semestre. Mentions spéciales pour l’installation multitechnique et la construction métallique. La promotion immobilière est à la peine.

Au vu des résultats semestriels du groupe Eiffage, la rude bataille menée contre le groupe espagnol de BTP Sacyr n’a pas laissé de traces. Le tandem Jean-François Roverato (p-dg)/François Massé (dga) a annoncé un chiffre d’affaires en progression de 11,6% à 6,5 milliards d’euros. Hors cessions patrimoniales et des parts dans Cofiroute l’an passé, le résultat net (part du groupe) atteint 123 millions (+9,8%). Tous les métiers du groupe progressent avec une mention spéciale pour l’installation multitechnique (Forclum) en hausse de presque 22%. Le numéro trois du BTP français mise toujours sur ce secteur et envisage des opérations de croissance externe. Si Jean-François Roverato avoue avoir été surpris par l’irruption du fonds souverain du Qatar, Qatari Diar, sur le dossier Cegelec, il ne cache pas son intérêt pour la société Clemessy dont la mise en vente par Dalkia a été confirmée.
Autre bon point décerné à la construction métallique (Eiffel) qui, après avoir vu ses comptes virer au rouge en fin d’année dernière, voit son chiffre d’affaires progresser de 48% et son résultat net redevenir positif. « Les difficultés qu’Eiffel a connues l’an passé s’estompent progressivement « , a précisé Jean-François Roverato, indiquant que le règlement définitif de quelques chantiers difficiles était en cours, notamment le chantier de l’ascenseur à bateaux de Mons en Belgique. « Il est probable que nous récupérions une partie des provisions que nous avions faites l’an passé ».
Comme ses homologues du secteur, Eiffage Travaux Publics affiche un dynamisme moindre. « Nous avons consommé plus de chiffre d’affaires que nous avons pris de commandes », constate Jean-François Roverato. « Conséquence instantanée » selon lui de la baisse des projets liée au renouvellement des conseils municipaux. S’agissant des grands chantiers, les travaux de l’A65 Langon-Pau ont démarré et le chantier de la LGV Perpignan-Figueras devrait être livré dans les délais. « Le voyage inaugural aura lieu en février prochain … à allure réduite », a-t-il indiqué faisant référence au retard annoncé par les autorités espagnoles du raccordement de la ligne en provenance de Barcelone. « Nous négocions actuellement les indemnisations consécutives à l’impossibilité d’exploiter la ligne ». Eiffage essaye parallèlement de faire valoir le caractère imprévisible de la géologie des failles rencontrées lors du creusement qui a engendré six mois de retard et un surcoût des travaux.

Fort coup de frein dans la commercialisation des logements

Jean-François Roverato a confirmé sa volonté de postuler seul au projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (Tours-Bordeaux) tandis qu’il fera cause commune avec Vinci pour le canal Seine Nord Europe. Fort de l’expérience réussie au Portugal avec l’autoroute Norscut, Eiffage s’est également porté candidat sur le projet de la LGV Lisbonne-Madrid (voir encadré). Reste que pour ces grands projets d’infrastructure, Jean-François Roverato fait état d’une « frilosité des banques » qui n’est pas de nature à obtenir les meilleures conditions financières.
Bénéficiant d’une moindre inertie, l’activité immobilière souffre davantage. Alors que le nombre des ventes de logements s’élevait à 3 200 en 2007, François Massé espère atteindre les 2 000 logements cette année. « Nous constatons un très fort coup de frein dans la commercialisation de nos programmes de logements et une légère baisse des prix, indique-t-il. Les pré-commercialisations sont lentes, ce qui nous amène fréquemment à abandonner des projets, notamment dans les villes moyennes. » « L’asymptote pour Eiffage se situe à 150 logements à vendre, complète Jean-François Roverato. Nous en sommes actuellement à 70 ». L’asymptote pourrait donc être atteinte en fin d’année. Les responsables d’Eiffage estime que cette baisse pourrait être compensée, au niveau du groupe, par le gigantesque chantier de réhabilitation énergétique du bâtiment existant ouvert par le Grenelle de l’environnement. « Des solutions techniques restent à trouver, conclut François Massé. On ne pourra pas mettre du polystyrène en façade des bâtiments haussmanniens. »

Julien Beideler


Focus

Eiffage candidat pour la LGV Lisbonne-Madrid



Malgré la « mésaventure Sacyr », Eiffage goûte toujours la fréquentation des grands groupes de construction espagnols. Après ACS, son associé sur Perpignan-Figueras, le n°3 du BTP français a décidé de faire candidature commune avec FCC, également n°3 dans son pays, pour la construction du premier tronçon de la LGV entre Lisbonne et Madrid. L’appel d’offre porte sur 167 km, partant de Poceirao à la sortie de Lisbonne jusqu’à Caia, à la frontière espagnole. Le contrat est estimé à 1,4 milliard d’euros. Le vainqueur sera connu d’ici 12 à 18 mois. Les travaux devraient démarrer en 2010 pour une mise en service en 2013. Deux autres consortiums, emmenés par le constructeur portugais Mota Engil et son compatriote concessionnaire Brisa ont déjà manifesté leur intérêt pour ce projet.

Hugues Boulet, Bulletin Européen du Moniteur

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