Performance énergétique

Efficacité énergétique des bâtiments tertiaires : mesure, état des lieux et plan d’actions, les 3 conditions de réussite

Mots clés :

Démarche environnementale

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Efficacité énergétique

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Lieux de travail

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Réglementation technique

Eclairage pour l’Administration en vue de l’écriture de l’éventuel décret dont on se demande s’il sortira un jour, le deuxième rapport de suivi de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires, présenté lundi 1er juin par le Plan Bâtiment Durable, montre un certain nombre de constantes dans les démarches de réduction des consommations.

Le Plan Bâtiment Durable a présenté, le 1er juin, un second rapport de retours d’expérience et pratiques des signataires de la charte pour l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires. Il en a profité pour accueillir 5 nouveaux signataires, au nombre de 95 aujourd’hui. Preuve que le mouvement est bel et bien en marche.
Après un premier rapport publié en septembre dernier qui se concentrait sur les ambitions des organismes et entreprises signataires de la charte, ce deuxième rapport élaboré par le CSTB et financé par la Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages (DHUP), met l’accent sur les pratiques mises en oeuvre. L’objectif est clair : donner l’exemple et l’envie au plus grand nombre des acteurs du tertiaire, à travers des actions expérimentées.
Scindé en deux parties, d’une part une analyse statistique quantitative sur les pratiques d’efficacité énergétique, de l’autre des fiches pratiques d’actions reproductibles, ce rapport fait ressortir un certain nombre de constantes dans les stratégies de réduction des consommations : diagnostic et cartographie du parc ; dispositif de suivi des consommations ; plan d’actions et organisation pour favoriser la pérennité des actions dans le temps.

 

Un projet d’entreprise

 

Le premier point de consensus est que l’efficacité énergétique dans les bâtiments doit être portée comme un véritable projet d’entreprise. Elle implique un portage par la direction, la création d’une structure interne responsable qui dispose de ressources et s’assure d’un suivi et de reportings réguliers sur les actions entreprises.
Pour que le projet atteigne ses objectifs, trois conditions doivent être requises :
– mesurer les consommations d’énergie avec un suivi annuel ou mensuel, sur la base des factures ou en temps réel sur la base d’un système de mesure automatique et centralisé ;
– faire un état des lieux des bâtiments et des potentiels d’économie accessibles qui peut se traduire par une cartographie basée sur l’analyse des consommations, par un audit sommaire sur un échantillon représentatif du parc ou encore par un audit approfondi de l’ensemble du parc ;
– adopter un plan de progrès partagé.
Pour les propriétaires d’un grand parc tertiaire, le diagnostic énergétique doit trouver sa place dans un diagnostic patrimonial plus large. Les grands utilisateurs, grandes entreprises ou administrations, mettent en avant que l’arbitrage et l’optimisation de leur parc immobilier comptent parmi les leviers principaux pour diminuer les consommations d’énergie.

 

Trois leviers à mobiliser

 

A l’échelle du site ou de l’immeuble, le rapport souligne l’intérêt pour les signataires de la charte de mobiliser trois leviers de l’efficacité énergétique : la sensibilisation des occupants, l’optimisation de l’exploitation et de l’entretien et les travaux d’amélioration de la performance énergétique. Les frontières entre ces trois leviers sont perméables. Par exemple, le réglage des températures de consigne va souvent de pair avec la sensibilisation des occupants et ne peut se faire que s’il ne nuit pas à leur confort ; le changement de système d’éclairage pour une technologie plus efficace comme le LED peut être rangé dans les actions de maintenance ou relever de travaux. Si la responsabilité des travaux renvoie plutôt aux propriétaires de l’immeuble, celle de l’exploitation au gestionnaire et celle de la sensibilisation au locataire, ce partage peut être très variable d’un immeuble à l’autre, en fonction des contrats et des initiatives des acteurs. Il s’avère donc indispensable d’instaurer un dialogue constructif entre les parties prenantes de l’immeuble (propriétaire, gestionnaire, exploitant, locataire(s)) pour actionner ces trois leviers de l’efficacité énergétique et jouer sur les consommations énergétiques globales des bâtiments (parties communes et privatives). L’annexe environnementale, obligatoire depuis janvier 2012 pour les baux nouveaux et depuis juillet 2013 pour tous les baux commerciaux en cours concernant des surfaces de bureaux et commerces de plus de 2 000  m2, est d’ailleurs un outil de dialogue important.

 

Des actions concrètes reproductibles

 

La deuxième partie du rapport présente une vingtaine d’actions concrètes, mises en oeuvre par les signataires de la charte. A travers les fiches exposées, il ressort que les réductions de consommation d’énergie ne nécessitent pas systématiquement des investissements lourds à temps de retour long. Toutefois s’il n’est pas possible de tirer d’enseignement sur une hiérarchisation des actions en termes de coût-efficacité, certaines conclusions sont unanimes chez les signataires.
Les actions de sensibilisation des occupants et d’optimisation de l’exploitation nécessitent en général un investissement limité mais récurrent et ont des temps de retour relativement courts (inférieurs à 2 ou 5 ans). Les actions sur l’exploitation ont connu un fort développement au cours des dernières années grâce au progrès réalisés en matière de comptage, de contrôle et de pilotage des automatismes ; elles conduisent à optimiser les équipements en place en mettant en parallèle la performance de ces équipements avec le besoin réel des occupants et nécessitent un véritable investissement en termes de gestion, de compétences, de suivi pour pérenniser la performance. Enfin, les travaux plus lourds portant sur l’enveloppe ou les équipements ne sont envisagés que dans un cycle de rénovation standard du patrimoine immobilier. Pour les immeubles de bureau en région parisienne, la périodicité des restructurations lourdes est estimée entre 20 et 30 ans, lorsque l’immeuble doit être mis en conformité avec les exigences légales et réglementaires et aux standards du marché.

 5 nouveaux signataires

 

En clôture de l’évènement, Philippe Pelletier, le président du Plan Bâtiment Durable, a recueilli la signature de cinq nouveaux organismes : Exterimmo, la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Équipement et de l’Aménagement d’Ile-de-France (1ère administration à s’engager), SNCF Immobilier, l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand et l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Ils rejoignent les derniers acteurs à s’être engagés : en mai dernier, la région Centre-Val de Loire, deuxième région à se lancer dans cette mobilisation volontaire et en 2015, le Centre Hospitalier Alès-Cévennes, l’Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, et le Museum National d’Histoire Naturelle. « Cette charte est tout sauf un feu de paille et démontre une grande richesse collective », a indiqué en conclusion Philippe Pelletier, très heureux de voir le parc public et parapublic investir la charte. Et de rajouter que « ce type d’engagement volontaire est d’une grande modernité ».

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