Logement

Effets en cascade de la baisse des APL en Nouvelle-Aquitaine

Mots clés : Etat et collectivités locales - Financement du logement - Finances publiques - Logement social

L’Association régionale des organismes sociaux pour l’habitat en Aquitaine (Arosha) et l’Union régionale des HLM en Nouvelle-Aquitaine ont organisé aujourd’hui une table-ronde avec les élus, la Fédération française du bâtiment et les associations pour échanger sur les conséquences économiques et sociales du projet de loi de Finances 2018, examiné depuis hier par l’Assemblée nationale.

«L’heure est assez grave». La baisse annoncée cet été des APL de 60 euros pour le 1er janvier 2018, et par conséquent du loyer dans le logement social, ne passe pas et les compensations annoncées (gel du livret A, augmentation de la durée des prêts, surloyers, etc.) n’y changent rien. Muriel Boulmier, présidente de l’Arosha depuis juin et de l’Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine depuis septembre s’est montrée hier, à l’occasion d’une conférence de presse, déterminée à défendre le logement social. Mais également tout le reste de la chaîne. «Les impacts n’ont pas été évalués et personne ne s’en sortira sans être mouillé», prévient-elle. En Nouvelle-Aquitaine, cette mesure correspond à 110 millions d’euros de pertes par an et pourrait remettre en cause la construction de 7 500 logements et menacer directement ou indirectement 20 000 emplois. Cette baisse des APL bloquera chaque année l’équivalent d’un milliard d’euros investis dans la construction neuve de logements sociaux (travaux, études, transactions foncières, etc.)

 

La chute du premier de cordée n’est pas sans conséquence

 

«Ce sont les PME locales et toute la filière économique qui va souffrir», estime-t-elle. Analyse confirmée par une entreprise d’équipements électriques à Niort (Deux-Sèvres), qui se félicite de ne pas avoir trop grossi, car aujourd’hui elle redoute déjà les conséquences du projet de loi de Finances 2018 sur son activité, alors que le secteur du bâtiment commençait à profiter de la reprise. L’impact social est également évoqué: «Il a fallu 20 ans pour imposer la mixité sociale via l’Anru, la loi SRU, les 30% de logements sociaux dans à Bordeaux Métropole… Si nous devons respecter la loi SRU, tous les territoires ruraux vont être exclus de la production de logements sociaux… Les bailleurs sociaux développent des actions de proximité dans ces territoires», déplore la présidente. Création d’une ressourcerie à Cenon (Gironde), formation dans la filière bois à Bordeaux à Lormont, Floirac et Langon, auto-réhabilitation à Bordeaux Métropole sont, par exemple, autant d’actions menées par des entreprises sociales de l’habitat. Et le parc privé ne serait épargné par les répliques de ce séisme: «Le logement social acquiert un tiers des logements des opérations privées en Vefa, cela déclenche le développement d’un programme !» Illustration de la théorie du premier de cordée, chère au président de la République.

 

Dialogue stérile avec le gouvernement

 

L’Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine entend bien mener une action «déterminée, soutenue et respectueuse», souligne Muriel Boulmier qui, pour l’instant, a peu d’impact. Le préfet de région est favorable à une audience, mais le rendez-vous reste à caler; l’union a rencontré les députés En Marche; la mobilisation est identique au niveau national. «Le président a dit qu’il avait entendu, mais qu’il ne changerait rien. On ne peut pas couper tous les ponts de dialogue avec le territoire…», s’inquiète-t-elle. Les bailleurs sociaux comptent sur la mobilisation des collectivités, dont certaines ont manifesté leur soutien, et notamment celle d’Alain Juppé, qui avait d’ailleurs écrit au Premier ministre pour lui faire part de son inquiétude. Le sujet devrait de nouveau être abordé vendredi, lors de la venue d’Edouard Philippe à Bordeaux pour la visite du chantier de l’îlot Santé Navale.

 

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