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EDF s’engage à reprendre en main ses investissements

Dans le cadre de l’annonce de sa prochaine entrée en Bourse, EDF s’est engagé lundi à une reprise des investissements pour sa production d’électricité et son réseau de transport, avec un programme imposant de 40 milliards d’euros d’ici 2010.

Plus de la moitié de ce plan sera consacré à améliorer les infrastructures en France, dans un contexte où la certitude de vivre avec un pétrole durablement cher a fait de l’indépendance énergétique du pays une des priorités du gouvernement.
Les experts font valoir depuis longtemps l’insuffisance des capacités de production d’électricité en France au regard de l’augmentation prévisible de la demande d’électricité dans les dix années à venir.

Ce plan d’investissement représente une augmentation de près d’un tiers par rapport à la période 2001-2005, a souligné le PDG d’EDF Pierre Gadonneix, à la tête du groupe depuis septembre 2004. L’ancien président François Roussely avait freiné les investissements après des initiatives malheureuses, notamment à l’étranger.
EDF souhaitait initialement investir 26 milliards d’euros d’ici 2008 mais le Premier ministre Dominique de Villepin, qui avait conditionné son feu vert à l’ouverture du capital à l’engagement d’investir « massivement », a eu le dernier mot.

Après une période de 10 ans sans investissements en installations nouvelles en France, les engagements pris d’ici 2010 vont permettre d’installer plus de 5.000 mégawatts (MW) sur le territoire, soit l’équivalent de 5 réacteurs nucléaires existants, a affirmé M. Gadonneix.
Sur ce montant, quelque 3.100 MW de puissance de pointe supplémentaire seront installés dans les trois prochaines années.

Le réseau de transport d’électricité (RTE), filiale d’EDF, estimait récemment qu’entre 2008 et 2010 des moyens supplémentaires de production de 1.200 à 1.700 mégawatts (MW) par an seraient « nécessaires ».
Sont notamment prévues la remise en service d’unités au fioul à Porcheville (Yvelines), Cordemais (Loire-Atlantique) et Aramon (Gard), et la construction de turbines à combustion, dont une partie pourrait être implantée en Bretagne.

Pour améliorer le rendement de son parc de production, le groupe compte aussi doter ses centrales nucléaires et hydrauliques de nouveaux équipements, en attendant la mise en service à l’horizon 2012 du réacteur de troisième génération, l’EPR.
EDF va aussi accroître sa présence en France dans le solaire, l’éolien et la géothermie.

Quant au réseau de transport, au moins 100 millions d’euros par an seront consacrés à sa sécurisation. Les interconnexions entre la France et ses voisins seront renforcées et l’accent sera mis sur la sécurisation des infrastructures des régions, notamment en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et en Alsace.
A ce titre, la déclaration d’utilité publique de la ligne à très haute tension de Boutre/Broc Carros, dans le parc du Verdon (région PACA), sera « signée très prochainement », a indiqué M. de Villepin.
D’autres projets de sécurisation des infrastructures sont également prévus dans le contrat de service public d’EDF: Chaffard-Grande Ile, dans la zone de Chambéry (Rhône-Alpes), à l’horizon 2008 et Marlenheim-Vigy, dans la zone de Strasbourg, d’ici 2008.
Béatrice LE BOHEC (AFP)

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