Transport et infrastructures

Edeis remet sur rails le petit train de La Mure

Mots clés : Conception

A l’arrêt depuis 2010 à la suite d’un éboulement, le train de la Mure, en Isère, sera de nouveau en service en 2020. Le département a choisi l’ingénieriste pour assurer les travaux puis l’exploitation, pour une durée de trente ans. Montant du chantier : 26 millions d’euros, dont 20 millions ces trois prochaines années.

 

Le 26 octobre 2010, un éboulement coupait la circulation du petit train de la Mure, voie ferrée dédiée au tourisme de 30 km, dans les Alpes. Depuis, il est resté à l’arrêt. Mais la renaissance est proche : un exploitant a été désigné par le conseil départemental de l’Isère, il sera remis sur les rails en 2020, après deux ans et demi de travaux. Une mission confiée à l’ingénieriste Edeis, qui gèrera le site pendant 30 ans.

La ligne a été scindée en deux parties de 15 km. Edeis se chargera de la partie haute, entre La Mure et le belvédère de Monteynard qui surplombe le lac du même nom. L’enjeu pour l’exploitant : remettre en service un haut lieu touristique de la région dont l’infrastructure est « à bout de souffle », pour en faire un outil « moderne et attractif », selon les termes d’Eric Gratton, directeur général délégué, en charge des transports, chez Edeis.

 

Entre rénovation et constructions neuves

 

Les travaux sont conséquents : reprise de la ligne ferroviaire électrique – chantier d’autant plus compliqué que « des câbles sur les lignes électriques ont été volés », raconte Eric Gratton -, réaménagement de la gare de la Mure et du site de maintenance, rénovation des trains tout en conservant leur cachet et leur couleur rouge emblématique…

Au-delà de l’existant, Edeis compte créer de nouveaux espaces, afin de valoriser le patrimoine naturel et historique – le territoire est marqué par l’exploitation minière. Au niveau du lac de barrage de Monteynard, Edeis construira un point d’étape afin que les visiteurs puissent apprécier le panorama. Au programme : une nouvelle gare, un promontoire réaménagé, une via ferrata et un restaurant de 150 couverts.

« L’objectif n’est pas seulement de proposer un trajet aux voyageurs, mais de créer un point d’attraction où ils peuvent prendre le temps de se promener et de profiter du site », insiste Eric Gratton. Dans l’idéal, les travaux devraient débuter avant la fin de l’année. Le temps d’obtenir les autorisations administratives et réglementaires nécessaires.

 

20 millions d’euros d’investissements d’ici à 2020

 

Pour ce projet, Edeis dispose d’une enveloppe de 20 millions d’euros, dont 75% de financement du département (15,7 millions d’euros). La région Auvergne-Rhône-Alpes participe à hauteur de 2 millions tout comme la communauté de communes de la Matheysine. L’Etat financera 160 000 euros. Par ailleurs, Edeis a déjà budgété 6 millions d’euros après 2020, notamment pour des travaux ponctuels sur la voie ferrée.

Sur ce dossier, Edeis assure la conception et la construction. L’ingénieriste fera appel à des sous-traitants. « Les travaux techniques, avec l’électrification des voies, seront sans doute confiés à des majors qui dispose d’une compétence ferroviaire. Les travaux de VRD, d’assainissement et de bâtiment  seront destinés à des entreprises locales, si elles en ont la capacité, ce que je crois », selon Eric Gratton.

 

Créer un réseau de sites touristiques

 

Avec la modernisation du site, le gestionnaire espère accueillir 120 000 visiteurs par an, soit 50 000 de plus qu’auparavant. Il compte pour cela sur une « bonne commercialisation », un fonctionnement amélioré, et une bonne intégration dans la politique touristique locale et départementale. Avec un billet à une vingtaine d’euros, le chiffre d’affaires devrait s’élever à 2 millions d’euros.

Surtout, ce projet s’inscrit dans la stratégie globale de l’entreprise. « Nous démontrons que nous sommes capable de concevoir, construire et exploiter une infrastructure», assure Eric Gratton, reprenant l’idée de « projets clés en main » que souhaite développer Edeis. Par ailleurs, ce train l’installe un peu plus sur le marché des sites touristiques, « assez peu concurrentiel ». Exploitant déjà le train à crémaillère du Puy de Dôme depuis 2010, Edeis entend créer un réseau de sites touristiques et de loisirs, ferroviaires ou non. Sa prochaine cible : les ports de plaisance.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X