Aménagement

EcoQuartiers : objectif 500 en 2018

Mots clés : Gouvernement - Urbanisme - aménagement urbain

Alors que la « promotion 2016 » des aménagements urbains durables a été dévoilée le 8 décembre, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse a présenté les nouvelles modalités d’attribution du label national. Désormais clarifiée, la procédure permettra de distinguer davantage de quartiers.

C’est probablement la dernière fois que « Le Moniteur » publie le nom des aménagements urbains auréolés par le label EcoQuartier. Car si cette année, douze opérations, menées aussi bien dans des grandes métropoles qu’en zone rurale (voir ci-dessous), ont été jugées exemplaires et viennent allonger une liste qui comptait déjà 39 secteurs, en 2018, la France devrait compter pas moins de 500 EcoQuartiers.

Voilà du moins la volonté affichée par Emmanuelle Cosse, alors qu’elle annonçait, le 8 décembre, le palmarès 2016. Mais au-delà de l’objectif chiffré, aussi spectaculaire soit-il, la ministre du Logement et de l’Habitat durable a l’ambition de faire évoluer cette démarche nationale. Lancé depuis maintenant sept ans, le processus de labellisation permet une évaluation officielle de projets durables, seuls autorisés ensuite à porter le nom doté d’un E et d’un Q majuscules. Mais des améliorations étaient devenues indispensables, pour répondre notamment aux critiques et aux interrogations. Ainsi, certains déploraient une démarche lourde et complexe à mener tandis que d’autres regrettaient que le label revienne essentiellement à des quartiers neufs, réservés à une élite alors que la ville se doit d’évoluer de manière plus homogène et égalitaire.

 

Effet COP 21

 

« Le nouvel élan, que j’ai souhaité amorcer au printemps dernier, était aussi rendu nécessaire par l’Accord de Paris, issu de la COP 21, a rappelé Emmanuelle Cosse. J’avais donc chargé Alain Jund, le vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg, de mener un travail impossible : faire en un temps très court des propositions précises qui puissent être mises en œuvre dès les prochaines labellisations. »

A partir du rapport livré en novembre par cet élu écologiste, le ministère a identifié des marges de progression à commencer par une meilleure prise en compte de la diversité des territoires. L’exemplarité et l’innovation ne doivent ainsi pas être l’apanage des opérations de constructions neuves, mais se retrouver dans le renouvellement de l’existant ou la revitalisation des petites communes rurales. « Il ne faut pas non plus labelliser que des quartiers de logements, la démarche doit aussi toucher des zones d’activités », a par exemple remarqué la ministre.

 

Promesses tenues

 

Prendre en compte des opérations plus diverses permettra donc d’augmenter le nombre d’EcoQuartiers… mais « l’objectif 500 » sera aussi atteint grâce à la nouvelle définition du label. Plus large, celle-ci permettra de faire grimper rapidement – et sans aucun doute un peu artificiellement – le nombre de promus. Mais elle aura le mérite incontestable d’être plus claire. En effet, jusqu’alors, seuls des aménagements achevés ou sur le point de l’être pouvaient être dûment estampillés EcoQuartier. Les futurs quartiers, encore à l’état de plans ou en cours de construction, n’avaient, eux, que le droit de dire qu’ils étaient « signataires d’une charte » ou « engagés dans la démarche ». C’était jargonneux à souhait, parfaitement incompréhensible.

Désormais, la procédure permettra d’accompagner les quartiers dans toute la durée de leur mise en œuvre avec la mise en place de catégories : EcoQuartier étape 1 pour les projets ; EcoQuartier étape 2 pour les chantiers et EcoQuartier étape 3 pour les aménagements livrés. Surtout, le ministère a décidé de se pencher sur les réalisations bel et bien achevées et sur la réalité de leurs performances. Le label EcoQuartier étape 4 ne sera donc attribué qu’aux secteurs dont le fonctionnement aura été évalué et dont la qualité aura été avérée. « Il faut en effet être en capacité de dire qu’un EcoQuartier l’est toujours trois ans après sa labellisation », a jugé Emmanuelle Cosse.

Son administration, en souhaitant favoriser le développement urbain durable et augmenter le nombre des quartiers officiellement reconnus comme vertueux, semble donc aussi se réserver le droit de bannir les projets qui n’auront pas tenu leurs promesses. Et il s’efforce de répondre là à une autre critique récurrente, celle d’un label-gadget de communication apprécié des élus mais sans bénéfices réels. A l’heure où un tout premier EcoQuartier a été récompensé à l’étranger, au Japon (voir ci-dessous), la démarche française ne pourra qu’y gagner en crédibilité.

 

 

Focus

Le palmarès 2016 des EcoQuartiers

 

Les douze quartiers labellisés en 2016 sont des opérations correspondant aux anciens critères d’attribution. Selon la nouvelle grille d’évaluation, ils entrent donc dans la catégorie « EcoQuartier étape 3 : quartier livré ».

 

Le quartier de l’Eglise, à Arelaune-en-Seine (Seine-Maritime) :

Aménagement exemplaire d’un bourg rural grâce à l’acquisition et à l’aménagement d’un ancien presbytère et de son jardin de 9 000 m².

 

La ZAC Clause-Bois Badeau à Brétigny-sur-Orge (Essonne) :

L’aménagement a permis de renforcer le tissu urbain autour de la gare RER et profite de riches espaces publics et naturels, dont un parc de 7 ha.

 

Requalification du centre-ville, à Changé (Mayenne) :

Constructions de nouveaux immeubles de logements dans un site très dégradé avec un important travail sur le dynamisme commercial.

 

Le Palassou, à Dun (Ariège) :

Opération d’extension maîtrisée d’un bourg rural souffrant d’un fort exode et ce afin de créer du logement pour des foyers modestes et des jeunes agriculteurs.

 

Les Bords de Seine, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) :

La transformation d’un site d’un site industriel a permis d’impliquer les habitants tout au long du processus. Une large place a été laissée au végétal.

 

Le secteur Clichy-Batignolles, à Paris :

La première tranche de la reconversion de quelque 50 ha d’installations ferroviaires a notamment permis de tester des dispositifs que la capitale pourra généraliser par ailleurs.

 

Quartier Arago, Pessac (Gironde) :

Une opération de renouvellement urbain qui a permis une réhabilitation du bâti et, ce faisant, une nette amélioration du cadre de vie ainsi qu’une forte baisse des émissions de gaz à effet de serre.

 

Maragon Floralies, à Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne) :

Reconstruction d’une copropriété dégradée de 290 logements avec la mise en place d’un montage innovant : une société civile immobilière d’accession progressive à la propriété (Sciapp).

 

Les Docks de Ris, à Ris-Orangis (Essonne) :

Reconversion d’une friche de 18 ha qui a permis de valoriser un patrimoine industriel tout en développant un quartier mixte et dense, aux formes urbaines et architecturales intéressantes.

 

La ZAC du Hameau à Saint-Jean-de-Braye (Loiret) :

Une opération d’extension en continuité immédiate du centre-ville, ambitieuse en termes de densité et de mixité. Les habitants ont été largement associés à la conception.

 

Les Docks de Saint-Ouen, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) :

La requalification de friches industrielle a permis de développer du logement autour d’un grand parc. Des fonctions souvent rejetées hors de la ville ont été maintenues en place (traitement des déchets, etc.)

 

L’Éco-Village des Noés, à Val-de-Reuil (Eure) :

Extension maîtrisée de l’ancienne Ville nouvelle normande avec une forte exigence environnementale (bâtiments passifs, chaufferie bois, gestion des crues et des pluies…)

 

Focus

Morino-City, premier EcoQuartier hors des frontières

Concertation locale, gestion raisonnée des ressources, soutien à l’économie locale et circulaire… L’opération d’aménagement de Morino City respecte l’ensemble des critères du label EcoQuartier, tels que les définit le ministère du Logement. A ceci près qu’il se trouve au Japon. En effet ce quartier qui comprend 1 500 logements, un centre commercial coopératif et un hôpital, a été développé dans la ville de Funabashi, à 20 km de Tokyo. Ses responsables ont cependant souhaité de le soumettre au processus d’évaluation made in France. Le 8 décembre, Morino City a donc été le tout premier EcoQuartier labellisé à l’international. Pour la ministre Emmanuelle Cosse, cet exemple démontre « la reconnaissance d’un savoir-faire français mais aussi l’universalité de ce référentiel. »

 

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