Energie

Ecoquartier : un réseau de chaleur renouvelable qui diminue la TVA et augmente le Cmax

Les 1200 logements du nouveau quartier de Balma, en périphérie de Toulouse, seront chauffés par un réseau de chaleur alimenté par une chaudière bois combinée à un champ de capteur solaire. Comme le prévoient les textes de loi dit Grenelle 1 et 2, la consommation d’énergie primaire maximale autorisée des immeubles du quartier pourra ainsi être rehaussée et la TVA sur l’énergie distribuée abaissée.

Les promoteurs participant au projet du futur écoquartier de Balma (en périphérie de Toulouse) avaient prévu de livrer des bâtiments THPE (consommation énergétique inférieure de 30% aux préconisations de la RT 2005), et de les équiper de chaudières gaz et de panneaux solaires thermiques en toiture. Finalement, les bâtiments devraient respecter par anticipation la future RT 2012 et c’est une chaudière bois et un parc solaire thermique qui fourniront, via un réseau de chaleur, les calories nécessaires.
En alimentant le réseau de chaleur local à partir d’un mix énergétique constitué de bois , solaire thermique et d’ un appoint en gaz, le kWh consommé par les occupants n’aura pas généré plus de 50g de CO2. Cette chaleur urbaine d’origine renouvelable permettra aux immeubles de bénéficier d’une pondération du seuil des 45kWhep/m²/an prévu dans la RT 2012 pour la région. « Cette augmentation de la consommation maximale autorisée dans la RT 2012 a permis de déstresser les promoteurs vis-à-vis de l’engagement de livrer des bâtiments qui respecteront, par avance, la future réglementation thermique » annonce Patrick Nigon en charge de l’opération pour Cofely, société qui assurera pendant 25 ans la maintenance des installations et la distribution de l’énergie dans le quartier. En fournissant une chaleur urbaine dont plus de 50% est d’origine renouvelable, la filiale de GDF-Suez pourra également proposer à ses clients une TVA à 5,5 sur l’énergie fournie et donc des charges dont le coût devrait être de 15% inférieur à la solution initiale (chaudière gaz condensation + solaire thermique). Mais si Patrick Nigon dit avoir choisi de compléter la chaudière bois avec «un parc solaire thermique » ce n’est pas pour des arrangements fiscaux. « Sans une centralisation de la production solaire, permettant de venir alimenter, en plus de la chaudière à granulés, le réseau de chaleur, ce dernier ne fonctionnerait qu’en hiver et son installation ne serait donc pas rentable » précise Patrick Nigon.
Le système thermique fourni par la jeune société Sophia Antipolis Énergie Développement (Saed) est composé de plus de 5000 tubes vitrés sous vides installés sur des châssis à même le sol, d’un calotube et de boucles hydrauliques. Le calotube, technologie brevetée et pierre angulaire du dispositif transfère la chaleur des tubes vers un fluide caloporteur dont la température monte à 130°C et est envoyée dans une réserve de 8m3 utilisée pour lisser les appels de puissance. Le stockage de l’eau chaude produite est décentralisé dans des sous-stations installées dans les immeubles.

2000 m² de capteurs thermiques et 1500 tonnes de bois par an

« La biomasse est une technologie dont le rendement s’écroule quand la puissance diminue. Elle est donc très complémentaire avec notre système basé sur une utilisation à grande échelle du thermique à la mi-saison, et en été la chaleur sera uniquement d’origine solaire » déclare Christian Lenôtre, directeur général délégué de Saed, « En hiver, quand l’ensoleillement n’est pas suffisant, le dispositif préchauffera l’eau qui finira d’être chauffée par la combustion du bois ». D’après Cofely, 1700 tonnes de bois devraient être brulées annuellement. Soit environ 1500 kg de bois par logement. « On garantit aux sylviculteurs de la région un prix d’achat fixe sur les 10 prochaines années. Ce qui permet également de garantir un prix fixe à l’utilisateur » précise Patrick Nigon.
Au final, 85 % de la chaleur nécessaire aux 1200 logements du futur quartier (chauffage + eau chaude sanitaire) seraient fournis par la combustion du bois et le rayonnement du soleil, et par un appoint en gaz, pour les 15% restant.
Les capteurs thermiques seront implantés à partir de mai sur une surface de 2000 m². Ce dispositif exige un foncier important et semble donc plus approprié au projet de nouveau quartier en zone peu densifiée. Néanmoins, Patrick Nigon travaille déjà à l’implantation de ce système sur un autre projet en périphérie de Montpellier, où l’espace disponible est nettement plus réduit. « Pour les 1300 logements de Julignac, nous allons installer les capteurs solaires au dessus des places d’un parking déjà existant et adjacent et dont nous récupèrerons la servitude » indique Patrick Nigon qui reconnait que le coût sera donc plus élevé, et qu’il faudra surveiller et contrôler la dégradation des équipements. En attendant, Saed travaille à l’installation d’un champs de capteurs solaires pour le compte d’une laiteire afin de lui fournir la chaleur nécessaire à la pasteurisation du lait.

 

Focus

RESEAU DE CHALEUR ET MODULATION DE LA CONSOMMATION

Au titre de la RT 2012, le raccordement à un réseau de chaleur vertueux sur le plan des émissions de CO2 permet de bénéficier des pondérations suivantes sur la consommation d’énergie primaire maximale autorisée pour le bâtiment (Cepmax) :

+ 30% pour les réseaux dont le contenu CO2 est inférieur ou égal à 50g/kWh;
+ 20% pour les réseaux dont le contenu CO2 est supérieur à 50g/kWh et inférieur ou égal à 100g/kWh;
+ 10% pour les réseaux dont le contenu CO2 est supérieur à 100g/kWh et inférieur ou égal à 150 g/kWh.

 

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