Réalisations

Duel pour un hôtel

La famille de l’émir du Qatar, envisage des travaux d’ampleur dans l’hôtel Lambert, hôtel particulier de l’Ile-Saint-Louis, classé monument historique. La Mairie et la commission du Vieux Paris s’opposent au ministère de la Culture.

C’est un hôtel particulier édifié au XVIIe siècle à la proue de l’île Saint-Louis, dessiné par Le Vau, décoré par Le Brun : un joyau inestimable, peut-être le plus beau de la capitale. L’hôtel Lambert est aujourd’hui au coeur d’une nouvelle bataille des anciens et des modernes. En lice : les défenseur du patrimoine d’un côté; l’Etat, le ministère de la Culture et le prince du Qatar de l’autre. En jeu : la rénovation de l’hôtel.
Propriété depuis 2007 de la famille de l’émir du Qatar qui l’a racheté pour 80 millions d’euros en juillet 2007 au baron Guy de Rothschild, l’hôtel Lambert doit en effet subir une rénovation fracassante. Sont notamment prévus : quatre ascenseurs, des dizaines de chambres avec salles de bains, des menuiseries neuves, la création d’un parking sous le jardin et la cour, etc. Autant dire une quasi-reconstruction qui effraie et scandalise les défenseur du patrimoine patrimoine parisien.

Règles non-respectées
Faisant écho au « voeu unanime de protestation » de la commission du Vieux Paris dont il « partage l’indignation », Bertrand Delanoë a donc écrit, mardi 23 décembre, à Christine Albanel, ministre de la culture. Précisant, « qu’il s’agit d’une véritable menace sur un joyau du patrimoine parisien, le seul hôtel particulier de la fin du règne de Louis XIII qui nous soit parvenu pratiquement intact », le maire de Paris « souhaite » dans sa lettre que le projet de rénovation de l’hôtel Lambert puisse « être reconsidéré en prenant le temps d’un examen approfondi, et en mettant en place les conditions d’une instruction indépendante, centrée sur le seul enjeu… (celui) de la question patrimoniale ». Réponse sans embages de la ministre qui a dénoncé « les arrière-pensées politiques de Bertrand Delanoë, qui laissent une impression pénible et déplaisante ». « L’Etat a pris toutes ses responsabilités pour surveiller les conditions de restauration », a -t-elle ajouté.
La riposte de Bertrand Delanoë est tombée la veille de Noël sous le forme d’un communiqué lapidaire dans lequel le maire de Paris se défend bien sûr de tout « sous-entendu » ou « arrière-pensée » et constate que : « les règles d’urbanisme applicables à ce site ne sont pas respectées ; le ministère de la Culture chargé de se prononcer sur la protection de ce patrimoine a choisi une procédure d’instruction dérogatoire puisque la commission supérieure des Monuments historiques, compétente sur tous les édifices classés, n’a pas été consultée à ce stade. »
La polémique continue donc. Le projet lui est bloqué.

Adrien Pouthier

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