Entreprises de BTP

« Drapo en berne » par Cyrille Emery

Grâce à une application imprudemment dénommée « Drapo », des entreprises du BTP, parmi les plus connues, ont pu se partager de juteux marchés de travaux pendant plusieurs années. La décision du Conseil de la concurrence du 21 mars 2006, qui stigmatise ces ententes anticoncurrentielles, intervient, malheureusement, très longtemps après les faits, qui remontent sans doute à la fin des années 80.

La lourdeur de la condamnation, 48,5 millions d’euros, sera d’un maigre réconfort pour les maîtres d’ouvrages qui furent les victimes de ces agissements, et notamment pour la SNCF ou la RATP. S’agissant d’une sanction, la somme ira droit dans les caisses du Trésor public qui, on le sait, en a bien besoin par les temps qui courent…

Mais la condamnation a une valeur symbolique qu’il ne faut pas sous-estimer, même si elle encore susceptible d’être frappée de recours devant la Cour d’appel de Paris.

Les majors impliqués dans ces ententes anticoncurrentielles pourront, certes, faire valoir que la plupart des cadres qui y ont été impliqués sont aujourd’hui partis en retraite ou vers d’autres cieux. Pourtant, il n’y a vraiment pas de quoi mettre ce « Drapo » en étendard.

Il serait regrettable que les pratiques de quelques uns ne nuisent à l’image flatteuse que le BTP peine à donner de lui-même. Quand on recherche 100 000 collaborateurs pour combler des emplois non pourvus, il vaut mieux se montrer sous son meilleur jour.

Cyrille Emery est rédacteur en chef adjoint du Moniteur, en charge de la rubrique Réglementation.

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