Mobilité

Dix propositions pour ériger le vélo en priorité nationale

Mots clés :

Collectivités locales

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

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Réforme de l'Etat

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Sport

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Vélo

Faire du vélo un outil concret et efficace au service du pouvoir d’achat et des politiques publiques: tel est le sens des mesures proposées par le Club des villes et territoires cyclables auquel adhèrent aujourd’hui plus de 1100 collectivités territoriales.

Alors que le gouvernement dévoilera le 26 janvier son Plan Vélo, le Club des villes et territoires cyclables a tenu à rappeler cette semaine à Paris les dix propositions (voir premier encadré) qu’il souhaite voir inscrites dans les politiques nationales en faveur du vélo.

Ignorant le contenu de ce plan national -le Club n’a été associé qu’aux réunions préparatoires, pas à son élaboration-, son président Jean-Marie Darmian (maire de Créon et président du Conseil général de Gironde) rappelle que ce transport alternatif a toujours été oublié par les gouvernements successifs : « Les aménagements et politiques pour son développement sont le fait quasi exclusif des collectivités locales», assure-t-il.

A l’appui de ce constat, l’enquête nationale des politiques en faveur des cyclistes et des piétons (voir second encadré) dans les villes françaises réalisée en 2010 et 2011. « Primes à l’achat de vélo électrique, services à la location, aménagements de voiries adaptées au vélo : toutes ces mesures sont mises en place par les collectivités », insiste Jean-Marie Darmian, et ni les lois Grenelle, ni le Plan de relance ou le Grand emprunt n’ont inscrit des lignes de crédit pour promouvoir ce moyen de transport économique. « Nous avons adressé des courriers au grand cycliste qu’est Monsieur Sarkozy, mais n’avons jamais eu de réponse », déplore-t-il.

De son côté, Alain Jund, vice-président du Club et maire-adjoint de Strasbourg, rappelle que les politiques publiques en matière de déplacement ont toujours été orientées vers la voiture et qu’on en est toujours au stade de l’incantation pour ce qui est du vélo. « Il est urgent de passer aux actes. Il y a un défi social et environnemental : ce mode de déplacement est le plus accessible à tous. »

Pourtant les arguments en faveur de la petite reine ne manquent pas. Un chiffre : « Une demie heure de vélo quotidienne, c’est 1000 euros par an économisés pour la Sécurité sociale », rappelle Jean-Marie Darmian. « A l’heure où l’obésité est devenue un problème de société, et où l’on se soucie surtout de l’équilibre des repas dans les cantines scolaires, on devrait aussi favoriser les initiatives de type pédibus et vélobus. Là encore, aucun texte ne légitime ces actions entreprises pas certaines collectivités », souligne-t-il. Autre constat, 50% des déplacements en automobile font moins de deux kilomètres. Et, en zone périurbaine, on sait que ce sont les déplacements domiciles travail qui pèsent le plus dans le budget des ménages.

Parmi les dix mesures concrètes, l’affectation de 10% de la construction des routes au déplacement alternatif. « J’observe que l’on se soucie beaucoup de la traversée du gibier lors des constructions de LGV, mais jamais des traversées cyclistes», ajoute encore Jean-Marie Darmian. Autre mesure préconisée, la relance du Code de la rue (donner la priorité aux personnes les plus fragiles), que les maires expérimentent déjà dans certaines villes, le développement du stationnement et le lancement de deux campagnes, l’une sur la citoyenneté, l’autre sur la santé.

« Nous serons très attentifs aux mesures proposées dans ce plan national et à leur financement. Car ce sont les régions, les départements, les intercommunalités et les villes qui le mettront en œuvre», conclut-il.

Focus

10 propositions pour « le vélo pour tous, un vélo pour chacun »

1. L’affectation de 10% du budget des routes nationales et autoroutes pour l’aménagement d’itinéraires vélo.

2. Le jalonnement rapide des grands itinéraires de véloroutes et voies vertes.

3. La relance de la démarche « Code de la rue ».

4. La mise en œuvre d’un plan ambitieux de développement du stationnement.

5. Le déploiement du marquage des vélos à l’échelle du territoire pour lutter contre le vol (système

Bicycode géré par la FUB – Fédération française des usagers de la bicyclette).

6. « Le vélo quotidien, c’est bon pour la santé » : une campagne de communication annuelle sur le thème.

7. Un déploiement à l’échelle nationale des actions d’apprentissage du vélo (partenariat associations et collectivités locales). Des financements pour développer les vélo-écoles.

8. Un programme pour le développement du vélo auprès des salariés, avec, notamment, des exonérations fiscales pour les entreprises qui mettent des vélos à la disposition des salariés (prêt gratuit ou avec option d’achat, centrale d’achat…).

9. Une indemnité kilométrique vélo. La participation de l’employeur aux frais de déplacement.

domicile/travail exonérée de charges et non imposable pour le salarié (sur le modèle belge : 0,21

euro/km, cumulable sous condition avec l’indemnité transport public).

10. « Le vélo citoyen » : une grande campagne de communication pour valoriser toutes les pratiques du vélo.

Focus

Enquête nationale sur les politiques en faveur des cyclistes et des piétons dans les villes françaises : les huit points forts

5 euros/an/habitant : le budget moyen vélo des collectivités locales.

Selon les tailles des collectivités concernées, ce taux fluctue entre 2 et 7 euros. Quelques-unes se situent autour de 10 euros : les agglomérations de Cergy-Pontoise, Strasbourg, Grenoble, Rouen et

Toulouse, ainsi que les villes d’Angers, Thionville et Versailles sont à 10 euros et plus, allant même jusqu’à 14 euros pour le budget le plus haut déclaré : Grand Toulouse et Ville d’Angers.

– 15% : la part moyenne de voirie aménagée pour les cyclistes.

Mais elle peut atteindre 95% à Lorient, 35% sur l’ensemble de la Communauté urbaine de

Strasbourg.

– + 67% : c’est la progression des linéaires de voiries aménagées entre 2007 et 2010.

– La zone 30, dans le Code de la route depuis 1990, connaît un véritable essor depuis 2008.

 

– + 413% :c’est la progression des linéaires de double sens cyclables.

 

– Le nouveau top 10 des linéaires de double-sens cyclables en 2010 (par rapport à 2007) avec en tête Paris, le Grand Toulouse, Lille Métropole, devant les Communautés urbaines de Strasbourg, de la Rochelle, de Grenoble, les villes de Clamart et Perpignan, le Grand Nancy et la Communauté d’agglomération de Montbéliard.

 

– Stationnement : le nombre de places par habitant s’accroît avec la taille de la commune, et l’offre proposée, en volume, est avant tout constituée d’arceaux. Les efforts des collectivités sont notables, mais la marge de progression reste importante pour assurer le stationnement des vélos en tous points de la chaîne de déplacement, levier majeur des politiques vélo.

– Offres de services vélo : plus de la moitié des collectivités répondantes ont au moins un service de location ou un vélo en libre-service.

Synthèse des résultats consultable sur www.villes-cyclables.org

Enquête réalisée en 2011, sur la base de questionnaires adressés aux villes et groupements de communes adhérentes du Club des villes et territoires cyclables. L’échantillon analysé porte sur les répondants de 150 communes ou groupements métropolitains.

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