Aménagement

Disneyland, moteur du développement de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée

Plus de 40.000 emplois générés chaque année, une explosion démographique sur le secteur du Val-d’Europe, des infrastructures multiples: l’implantation de Disneyland Resort Paris à Marne-la-Vallée il y a quinze ans a largement contribué au développement de la ville nouvelle.

Créée en 1970, Marne-la-Vallée englobe 23 communes de Seine-et-Marne et trois de la petite couronne, regroupées en quatre secteurs, dont le plus à l’est, le Val-d’Europe, a vu l’ouverture du premier parc Disney le 12 avril 1992. D’après une étude commandée par la Délégation interministérielle au projet Euro Disneyland, et publiée en février dernier, 12.600 personnes étaient employées en 2005 par Disneyland Resort Paris. Sur la période 1992-2006, « son activité a généré chaque année 40.000 à 50.000 emplois permanents directs, indirects et induits ». Première destination touristique européenne, Euro Disney assure ainsi 20% de l’emploi privé sur la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. L’étude relève en outre que Disneyland a versé depuis 1992 aux collectivités locales 485,6 millions d’euros de taxes diverses.

En quinze ans, les investissements du complexe Disney se sont élevés à 6 milliards d’euros contre 650 millions pour les financements publics. La valeur ajoutée générée par la société s’élève sur cette période à 32,7 milliards (en euros 2006), principalement au profit de l’Ile-de-France et de la Seine-et-Marne. En outre l’implantation du parc Disney à Marne-la-Vallée a permis à la ville de bénéficier de nouvelles infrastructures de transport: prolongation du RER A, amélioration de la desserte par l’autoroute A4, création d’une gare TGV, qui avec l’ouverture du TGV Est, devrait devenir la plus grande gare de correspondance TGV du territoire français. Parallèlement, la ville a connu un essor démographique sans précédent. En 15 ans, la population du Val-d’Europe a bondi de 5.000 à 21.000 habitants.

Le rôle de Disneyland dans le développement du Val-d’Europe a été formalisé par une convention signée en 1987 entre l’Etat, la région Ile-de-France, le département de Seine-et-Marne et la société. Cette convention a conféré à Disneyland un rôle de « développeur » urbain, chargé de l’aménagement immobilier de 1.945 des 3.200 hectares du Val-d’Europe. Certains habitants parlent aujourd’hui de « ville-Disney », et dénoncent l’architecture « carton-pâte » (néo-hausmanienne ou néo-classique) qui s’est imposée dans les cinq communes du Syndicat d’agglomération nouvelle (SAN) du Val-d’Europe. Président du SAN et maire de Magny-le-Hongre, Jean-Paul Balcou (UMP) affirme que le SAN, « devenu un gros navire de 110 fonctionnaires », tient « toute sa place » dans les négociations avec Disneyland sur les questions d’urbanisme.

Denis Gayaudon, maire de Serris (UDF), estime que l’arrivée du complexe Disney a été « le moteur économique qui a décidé l’Etat à investir » sur le Val-d’Europe et que le « partenariat public-privé a bien fonctionné ». « Disney a ses propres intérêts, mais c’est aux collectivités locales d’être présentes et de défendre l’intérêt général », affirme-t-il.
Stéphanie LEROUGE (AFP)

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