Entreprises de BTP

Développement durable : les artisans passent à l’offensive

Mots clés : Artisanat - Démarche environnementale - Développement durable - Energie renouvelable - Innovations

A l’occasion de l’assemblée générale qui se tient les 5 et 6 avril au Palais des congrès à Paris, le président de la Capeb Jean Lardin pousse les artisans à se lancer dans le développement durable pour éviter de voir le marché leur échapper.

Pourquoi avoir choisi le thème du développement durable pour votre assemblée générale?
Les artisans du bâtiment font du développement durable comme monsieur Jourdain, sans le savoir. Le côté traditionnel de notre travail, comme l’utilisation d’enduits à la chaux ou de bois du pays, est aujourd’hui plébiscité. Nous travaillons à sauvegarder des techniques et des matériaux traditionnels tout en intégrant des techniques modernes et innovantes ce qui permet de satisfaire aux standards de la vie moderne tout en gardant son cachet au bâtiment.

Allez-vous demander aux artisans de passer à la vitesse supérieure ?
Vous avez raison, ce que je viens de dire ne suffit pas. Il nous faut changer d’échelle ! Après moult hésitations, un arsenal énorme de mesures se met en place. Si nous n’en comprenons pas le sens, nous allons le subir plutôt que de l’utiliser à notre avantage. Je proposerai aux artisans de s’emparer à bras le corps de l’idée même du développement durable et d’entrer dans une stratégie de l’offre.

Les aides fiscales pour les énergies renouvelables sont-elles bien ciblées ?
Le crédit d’impôt n’est pas suffisant et doit être réorienté. Dès que le thermique solaire en a bénéficié, nous avons constaté une remontée de l’équipement des ménages… mais surtout celle des prix des matériels. En réalité, ce sont les industriels qui en profitent essentiellement. La loi de Finances 2007 a ouvert la porte aux pompes à chaleur air-air. Je crains de revivre le même phénomène. Si l’Etat veut subventionner l’industrie, c’est son choix. Mais s’il veut encourager la pénétration de technologies nouvelles, il faudra s’y prendre autrement.

Le consommateur est-il prêt à payer pour le développement durable ?
Les Français font leurs calculs et sont désormais de plus en plus nombreux à payer plus cher une installation pour amortir le surcoût en cinq ou six ans puis faire des économies. Mais qu’en est-il des travaux avec des retours d’investissement supérieurs et qui, pour autant, bénéficient à la planète? Dès que la logique du rendement global du bâtiment sera intégrée, nous aurons des arbitrages favorables. Nous sommes actuellement au démarrage d’un nouveau cycle avec des premières demandes.

Comment toucher les particuliers ?
L’Etat a, bien sûr, l’habitude de travailler avec de grands relais mais pour toucher les particuliers, il faut s’appuyer sur les 350 000 entreprises du bâtiment. Ce sont les réels prescripteurs, capables de répondre à un enjeu considérable. Pour tenir les objectifs du facteur 4, pas moins de 20 millions de logements sont à rénover d’ici 2050 : Imaginez, plus de 450 000 par an.

Propos recueillis par Françoise Vaysse et Maxime Bitter

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans « Le Moniteur » du 6 avril.

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