Paysage

Deux écrins verts dans des réhabilitations lourdes

Mots clés : Entreprise du BTP

Deux opérations privées de bureaux, candidates aux Victoires du paysage 2016, illustrent le savoir-faire d’Envert : l’entreprise de 40 salariés, créée en 2010 à Villejuif (Val-de-Marne) s’est spécialisée dans les réhabilitations lourdes. « Nous plantons des jardins BTP pour la cinquième façade », se plaît à répéter son créateur Grégory Beynet. Marc Littot (agence Raphia) a conçu ces deux espaces de bien-être au travail, avec les agences d’architecture Valode & Pistre et Studios Architecture.

Avant d’entrer dans leurs bureaux de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) dont la mise en service interviendra d’ici à la fin de l’année, les salariés de l’expert-comptable Grant Thornton descendront par un chemin entouré de fougères, d’arbres et d’arbustes disposés  en escalier bordé de contremarches en acier passivé et verni.

Les pentes parfaitement maîtrisées, dans le sens de la marche comme vers les baies, préviennent tout empiètement du jardin vers les vitrages les plus bas de l’ensemble de deux immeuble de bureaux de trois et cinq étages, réhabilités par l’agence Valode & Pistre pour le promoteur Art et technique du progrès.

 

Insoupçonnable depuis la  rue

 

Un an après la livraison de cet espace vert insoupçonnable depuis les rues étroites du centre de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), l’impression de sérénité contraste avec l’épopée décrite par Grégory Beynet, gérant d’Envert : « Pour corser la complexité inhérente à la co-activité, le manque d’espace s’est ajouté au retard de cinq mois accusé par le façadier », témoigne le chef d’entreprise qui est intervenu comme sous-traitant de Vinci. Pour passer ce type d’obstacle, la jeune entreprise mise exclusivement sur son matériel propre, dans les deux sens du terme : Gregory Beynet ne ménage pas les moyens accordés à la maintenance et au nettoyage de ses engins.

 

Gérer le retard du façadier

 

Les plateformes bi-mât, nécessaires à la pose des façades, ont longtemps empiété sur l’espace prévu pour les plantations, poussant dans ses retranchements le fournisseur de l’entreprise de travaux paysagers : « Dans ce cas de figure, nous  conditionnons les mottes grillagées dans deux toiles de coco séparées par un film en fibre de maïs, pour créer un isolant hors-sol, sous un arrosage en goutte à goutte », précise Bruno Schneider, représentant français des pépinières Bruns, fournisseur des arbustes taillés, choisis un par un 9 mois avant la date d’implantation prévue.

 

Maîtrise du substrat

 

La tenue du sol, dont les pentes dépassent parfois 20 %, repose sur la maîtrise des substrats, une des marques de fabrique d’Envert : sous la paillette d’ardoise, la terre repose sur un remblai allégé en polystyrène. L’entreprise dispose d’une pelle de 8,5 t et d’un godet cribleur pour réaliser elle-même les mélanges de terre correspondant aux lieux et aux essences : « La terre végétale de décapage présente toujours soit trop d’argile, soit trop de limon. Quand nous ne disposons pas d’espace suffisant sur le chantier, notre zone tampon de Saclay nous permet de réaliser les mélanges sur mesure », explique l’entrepreneur, fier d’avoir tenu le délai de cinq mois pour 500 000 euros de travaux.

 

Mobilier sur mesure

 

A un km des bureaux de Grant Thornton à Levallois-Perret, commune voisine de Neuilly, la réhabilitation d’un immeuble de Commerz Real France (groupe Commerzbank), confiée à Studios Architecture,  a donné lieu à une prouesse encore plus impressionnante : plus de 650 000 euros de travaux en trois mois à partir de février 2016, répartis entre les aménagements sur rue et le patio intérieur. Sur les 1200 m2 du sol en pierres de comblanchien disposées en quinconce dans cette cour, les courbures des jardins centraux et des bancs sur mesure en bambou répondent à la forme elliptique de l’immeuble. Au-dessus du nouveau restaurant d’entreprises, l’impossibilité de charger le sol avec plus de 250 kg/m2 a encore une fois imposé des micro-pelles. Le cintrage des bordures en acier passif verni, un matériau décidément cher à Marc Littot, souligne l’audace géométrique de la conception.

Forte de ces deux opérations emblématiques sélectionnées pour le concours biennal des Victoires du paysage 2016, Envert poursuit une croissance ininterrompue depuis sa naissance : dopé par la toiture végétale de la Cité de la musique de l’île Séguin, le chiffre d’affaires devrait atteindre 6,5 millions d’euros en 2017, au lieu de 5 en 2016. En 2018, un nouveau siège social confortera l’image de la jeune entreprise.

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