Vie de l'entreprise

Désamiantage : les EPI peu efficaces pour le retrait de plâtres amiantés ?

Mots clés : Bâtiment et santé - Produits et matériaux - Risque sanitaire

Un rapport confidentiel de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), révélé par le magazine « Santé & Travail », pointe les défaillances des appareils de protection respiratoire à abduction d’air lors d’interventions de retrait de plâtres amiantés.

C’est un rapport confidentiel de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), révélé par nos confrères de « Santé et Travail », qui le dit : les désamianteurs opérant des opérations de retraits de plâtres amiantés (appelés « progypsol ») ne sont pas assez bien protégés par leurs appareils de protection respiratoire à abduction d’air.

La conclusion de ce rapport est sans appel : « Les empoussièrements extérieurs mesurés [dans ce cas d’opérations de désamiantage] sont élevés et supérieurs à la limite réglementaire de 25 000 fibres par litre d’air dans 50 % des cas, malgré le processus d’arrosage du matériau en continu pendant toute la phase de retrait. Les prélèvements à l’intérieur des masques respiratoires indiquent également des valeurs élevées, pour certaines supérieures à 100 fibres par litre. Une recherche des causes a été entreprise sans qu’une explication simple en ressorte (pas de défaut des règles de sécurité, de protection collective). La spécificité du matériau à retirer est certainement en cause. »

 

Un danger « grave et imminent » pour les salariés concernés

 

L’INRS a indiqué au « Moniteur » qu’il s’agissait là d’un rapport « intermédiaire » qui avait été communiqué à la Direction générale du travail, mais ne fait aucun commentaire supplémentaire. Le rapport final devrait être remis en décembre prochain au ministère du Travail – c’est à partir de ce rapport sur l’efficacité des appareils de protection respiratoire que seront définis les trois nouveaux seuils d’empoussièrement à l’amiante. Reste à savoir si ce déficit en protection des salariés ne concerne que ce type d’opération sur des plâtres (un fait déjà problématique au vu de la nocivité de l’amiante), ou se retrouvera sur d’autres types d’opérations de désamiantage.

L’association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) a également pris connaissance de ce rapport confidentiel de l’INRS, et demande « des mesures d’urgence » face à un « danger grave et imminent pour les salariés qui retirent certaines variétés de plâtres amiantés qu’il n’est pas possible d’humidifier ‘à coeur' ». L’Andeva appelle également les pouvoirs publics à rendre publiques ces informations. « Il n’est pas possible d’accepter que des salariés soient exposés à des empoussièrements dépassant la valeur limite d’exposition », observe l’association.

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