Qualité/Sécurité

Désamiantage des routes : Ginger CEBTP informe les collectivités locales sur leurs responsabilités

Mots clés : Bâtiment et santé - Etat et collectivités locales - Maîtrise d'ouvrage - Réseau routier

Identification des formes d’amiantes, caractérisation du risque, détail des mesures de sécurité… Camille Méjean, chargée d’études chez Ginger CEBTP fait, à destination des maîtres d’ouvrages (services de voirie des collectivités locales, société autoroutières…) un point sur une question cruciale.

Une circulaire ministérielle publiée le 15 mai 2013 a rendu obligatoire les tests permettant d’établir la présence éventuelle d’amiante dans les chaussées et donc d’équiper les travailleurs routiers en conséquence. Charge aux maîtres d’ouvrage des chantiers (sociétés autoroutières et collectivités locales en charge des travaux routiers) d’assurer la sécurité sanitaire de leurs équipes et de définir des stratégies de prévention efficaces.

Avec une première étape : faire effectuer par un professionnel compétent la caractérisation des enrobés routiers concernés par le chantier.

 

Plusieurs formes d’amiante

 

« Cette caractérisation doit porter sur « l’amiante » et les hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP, des polluants dont la teneur ne doit pas excéder certains seuils réglementaires », explique Camille Méjean, chargée d’études chez Ginger CEBTP, qui rappelle au passage que le terme générique « amiante » regroupe en réalité une dizaine de forme de ce matériau « dont six sont interdits, les autres n’étant pas mentionnés dans la réglementation ». « Dans les enrobés on recherche originellement de l’amiante chrysotile dit « industriel » mais il arrive que l’on trouve aussi en trace de l’amiante « naturel », réglementé, comme de l’actinolite asbestiforme, ou des fragments de clivage, non réglementés pour le moment », poursuit Camille Méjean. A ce titre, l’ANSES recommande d’ailleurs à l’Etat de ne plus parler d’amiante mais de « particules minérales allongées » ou PMA.

La caractérisation de l’ensemble du réseau consistera donc en des tests qui prennent la forme de carottages effectués sur chaque portion de route à une profondeur variable selon le type de travaux envisagé. Ces échantillons sont ensuite analysés, à la recherche de fibres d’amiante.

Le maître d’ouvrage devra ensuite choisir l’exécutant des travaux en s’assurque celui-ci dispose des habilitations adéquates pour le type de travaux prévu : « habilitation aux travaux de sous-section 4 pour les plus superficiels et de sous-section 3 pour les plus conséquents (rabotage, démolition, etc.) », détaille Camille Méjean. « Le maître d’ouvrage peut exiger du prestataire les attestations de formation du personnel, et les descriptions des modes opératoires (instructions) validés par la médecine du travail. »

 

Suivi des mesures de sécurité

 

Pendant les travaux, la collectivité ou de la société en charge de la maîtrise d’ouvrage devra bien entendu s’assurer que toutes les mesures de sécurité seront prises par le prestataire. « Il est notamment nécessaire de vérifier que les équipements de protection individuels sont adaptés au niveau de risque, les normes sur ce point ont été durcies il y a peu et imposer leur observation est une tâche primordiale du maître d’ouvrage ». Sur le chantier, des relevés d’empoussièrement,  faire effectuer par une entreprise spécialisée pourront également être mis en place pour s’assurer que les ouvriers ne sont pas exposés à des taux trop élevés d’amiante dans l’air. De manière générale le maître d’ouvrage devra s’assurer que toutes les conditions de sécurité sont réunies pour le chantier et que les équipements de protection adéquats, individuels et collectifs, sont prévus. « Le maître d’ouvrage doit se tenir au fait de l’évolution de la réglementation et de la recherche afin de pouvoir anticiper les bonnes pratiques à adopter et planifier intelligemment les campagnes de caractérisation des enrobés et les chantiers », indique Camille Méjean. Qui conclut : « Autant de mesures qui permettront ultérieurement de réduire les coûts et de limiter les risques sanitaires ».

 

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  • - Le
    Si cet article se veut exhaustif quant à la protection des travailleurs, il me semble faire abstraction d’un aspect fondamental pour la réalisation de travaux extérieurs, en particulier routiers : le protection de l’environnement, donc des riverains.
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