Industrie/Négoce

Des pneus entiers pour chauffer une cimenterie

Mots clés : Industriels du BTP - Produits et matériaux

A Martres-Tolosane, au sud de Toulouse, Lafarge Holcim a inauguré cet été le premier système d’injection de pneus entiers qui représente 15% de l’apport thermique du four. Le groupe a investi 2,1 millions d’euros dans l’installation.

Depuis cet été, la cimenterie de Lafarge à Martres-Tolosane, dans le sud de la Haute-Garonne, fonctionne à plein régime avec un nouveau processus de cuisson du ciment. Le groupe Lafarge-Holcim a en effet investi dans un système d’injection des pneus qui lui permet de réduire la part du coke de pétrole de 75% à 60% dans le four.

« Jusqu’à présent, nous cuisions le mélange de calcaire et argile concassé à 1 450 degrés avec un combustible composé à 75% de coke de pétrole. Avec l’objectif de baisser la part de ce combustible fossile, nous ajoutons des pneus usés entiers qui représentent 15 % de l’apport thermique du four », raconte Christophe Bignolas, directeur de la cimenterie Lafarge à Martres Tolosane. « Grâce à ce nouvel atelier, et en comptant les combustibles alternatifs déjà utilisés, tels que les résidus de plastique (déchets solides broyés), des semences déclassées, des résidus de bois, des boues urbaines séchées…, le taux de substitution du four aux énergies fossiles atteint désormais 40% », poursuit-il.

 

Pneus entiers

 

Utilisée pour la première fois en France, la technologie d’injection de pneus entiers usés est déjà connue en Amérique du Nord par Lafarge-Holcim. Pour son usine de Martres-Tolosane, le groupe a mis au point un système spécifique avec Walter ATS, un spécialiste dans le dosage et le convoyage de combustibles alternatifs en cimenterie.

Les pneus entiers sont transportés par un convoyeur à bande jusqu’au four dans lequel ils sont directement introduits au travers d’un sas à double clapet dans un foyer pouvant atteindre jusqu’à 1 200°C. La très haute température et le temps de combustion garantissent la calcination complète du pneu, sans danger et sans déchet ultime.

 

Valorisation

 

Le choix d’injecter des pneus entiers dans le four n’est pas le fruit du hasard : se passer de la phase préalable de déchiquetage permet de gagner du temps en termes de transport et de réduire les émissions de CO2. « Les pneus sont en effet habituellement acheminés dans un premier temps dans des entreprises spécialisées pour être déchiquetés, puis réacheminés dans les cimenteries pour être valorisés. Ce qui ajoute des temps de transport », explique Christophe Bignolas.

Outre la réduction de la part de combustible fossile, le nouveau dispositif présente l’avantage de valoriser des pneus usagés collectés localement : au total, 4 000 pneus sont traités chaque jour.

« Par ailleurs, il permet une valorisation à la fois énergétique et de la matière. En effet, la fraction combustible, composée d’hydrocarbures polymérisés, constitue un apport énergétique pour le procédé cimentier. Quant à la fraction minérale, essentiellement composée de la trame acier des pneus, elle constitue un apport de matière qui se substitue aux matériaux de carrière », détaille Christophe Bignolas.

 

Aide de l’Ademe

 

La préccupation environnementale a certes été déterminante et a valu à Lafarge une aide de l’Ademe de 400 000 euros pour une installation qui a coûté 2,1 millions d’euros. Mais l’argument économique a aussi joué. Rien ne sera dit sur le montant des économies générées. Mais la diminution de la part du coke de pétrole utilisé comme combustible implique une baisse conséquente des frais liés à son transport et donc une réduction de la facture énergétique de la cimenterie, sachant que le combustible représente un quart des dépenses de la cimenterie de Martres-Tolosane.

Lafarge-Holcim va y poursuivre ses efforts de modernisation et de réduction de la facture énergétique. Il prévoit d’y investir 52 millions d’euros d’ici à fin 2017.

Focus

Créée en 1956, la cimenterie Lafarge de Martres-Tolosane est la deuxième en activité en région Occitanie avec un chiffre d’affaires de 6O millions d’euros par an. Elle s’appuie sur une carrière située à proximité qui lui fournit 1 million de tonnes de calcaire et d’argile par an. L’autre, située à Port-la-Nouvelle (Aude), est également exploitée par Lafarge-Holcim. Les deux cimenteries produisent chacune autour de 6OO OOO tonnes de ciment par an.

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