Environnement

Des pistes pour mieux valoriser les déchets du second œuvre

Mots clés : Gestion des déchets - Maîtrise d'ouvrage - Second oeuvre

Le projet Démoclès lancé en novembre 2014 pour améliorer le recyclage des déchets du second œuvre pointe le rôle clé du maître d’ouvrage et la nécessité de bien conditionner et tracer les déchets.

Après 18 mois de collecte et d’analyse de données sur des chantiers de démolition et de réhabilitation, le projet Démoclès a rendu le 29 septembre ses premiers enseignements. Lancé fin 2014 à l’initiative de Récylum, l’éco-organisme en charge de la collecte et du recyclage des équipements électriques et électroniques professionnels, le projet a réuni une quarantaine d’organismes, entreprises et administrations pour améliorer le recyclage des déchets du second œuvre. Alors que la loi sur la transition énergétique vise un objectif de 70 % de valorisation matière des déchets du bâtiment à partir de 2020, les 30 millions de tonnes de déchets du bâtiment produits chaque année ne sont aujourd’hui valorisés qu’à 50 % et le tiers d’entre eux issus du second œuvre à moins de 35 %. « Pourtant, ces 10 millions de tonnes de déchets générés par an disposent, pour la majorité, de filières de valorisation, observe Hervé Grimaud, directeur général de Récylum, qui est persuadé que l’on pourrait recycler jusqu’à 80 % de ces déchets. « Mais les acteurs du bâtiment doivent faire face à des contraintes opérationnelles très fortes », poursuit-il.

 

Clarifier la responsabilité de chaque intervenant

 

 La démarche collaborative  et opérationnelle Démoclès avait donc pour but de faire progresser en France le recyclage des éléments de second œuvre issus des chantiers de démolition/réhabilitation. Récylum a réussi à intégrer l’ensemble de la chaîne des acteurs, de la maîtrise d’ouvrage jusqu’aux industriels utilisant la matière recyclée. A partir de chantiers test et de trois groupes de travail technique, le projet a permis d’identifier les difficultés opérationnelles et économiques liées à la dépose sélective.

Dans sa liste des constats, Hervé Grimaud insiste sur la faible mobilisation des maîtres d’ouvrage. Pourtant, ils sont responsables de leurs déchets et il leur revient d’exprimer, dès le lancement du projet de démolition et de réhabilitation, leurs attentes sur les façons de les éliminer. Il convient aussi de clarifier les responsabilités de tous les acteurs, sans tout faire porter par l’entreprise de démolition ou de curage. Il revient ainsi au maître d’œuvre d’établir et de fournir avec l’appel d’offres un inventaire quantitatif et qualitatif des déchets, ainsi qu’un cahier des charges de leur valorisation, puis suivre la gestion des déchets et exiger leur traçabilité.

 

Ne pas mélanger les déchets dans une benne

 

L’entreprise de curage doit être spécialisée dans cette activité, disposer des moyens et des compétences nécessaires, et préciser dans son offre les conditions de dépose des équipements de second œuvre et de conditionnement des déchets. Car mélanger dans une même benne les déchets pourtant issus d’une dépose sélective réduit considérablement leur taux de recyclage, tout en entraînant des coûts supplémentaires de manutention. Alors que la mise à disposition de contenants séparés et adaptés à chaque famille de déchets, au plus près des zones de démontage, est la garantie d’un meilleur taux de valorisation. C’est la logistique de collecte qui doit être réorganisée.

Quant au gestionnaire de déchets, il doit proposer une logistique d’évacuation adéquate et être transparent en publiant la liste des déchets recyclables et à quelles conditions techniques.

 

Démoclès 2

 

« On peut mieux valoriser les déchets à périmètre économique constant », conclut le rapport final du projet Démoclès publié par l’Ademe et Récyclum. Il faut pour cela former les acteurs co-responsables de la gestion des déchets et optimiser l’exploitation des outils de suivis mis à leur disposition, comme le diagnostic déchets, le registre des déchets, le schéma d’organisation et de gestion des déchet (Soged), souvent peu connus ou mal utilisés.

Une deuxième phase du projet Démoclès devrait être consacrée à l’élaboration d’outils tels que des clauses types à intégrer dans les appels d’offres, des sessions de formation, etc.

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