Transport et infrastructures

Des palmes en BFUP pour couvrir la gare TGV de Montpellier

Mots clés : Béton - Gares, aéroports - Matériel - Equipement de chantier - Toiture - Transport ferroviaire

La toiture de la nouvelle gare TGV de la Mogère, à Montpellier, est constituée de 115 palmes en BFUP (béton fibré à ultra-hautes performances) d’un poids unitaire de 20 à 23 tonnes. La pose, réalisée à l’aide d’une grue géante, doit être réalisée de nuit à cause de la proximité de l’aéroport.

Chaque soir, depuis le 13 décembre, un gigantesque insecte déploie lentement ses élytres d’acier dans le ciel montpelliérain. Cette grue de 1 200 tonnes et de 100 mètres de flèche, dont il existe deux exemplaires en Europe, a été louée par l’entreprise Fondeville pour poser la toiture de la gare TGV de la Mogère. L’engin soulève une à une les pièces de 20 à 23 tonnes qui composent la couverture et les dépose délicatement sur la charpente d’acier conçue à cet effet. Ces palmes de BFUP (béton fibré à ultra-hautes performances), plissées et galbées, percées de petites ouvertures vitrées, ont une portée de 18 mètres pour 2,40 mètres de large et 4 à 6 cm d’épaisseur seulement. Posées sur quatre appuis (dont deux appuis fixes et deux appuis glissants), elles adhèrent à la charpente par leur propre poids. La toiture de la gare en comportera 115, réparties en cinq travées de 23 unités. Cet assemblage sera prolongé par des casquettes en BFUP de sept mètres de portée. Des coques en BFUP habilleront en outre la structure métallique en sous-face.

 

 

Prouesse technique au service de l’architecture

 

«Je vis ce moment avec une grande émotion, témoigne Marc Mimram, l’architecte de la nouvelle gare. C’est la première fois que l’on pose ainsi concomitamment une structure et une couverture, que l’on assure la mise hors d’eau à partir de la structure. C’est une vraie prouesse technique au service de l’architecture. Ces palmes ont une triple fonction. Elles jouent un rôle structurel, grâce à leur pli central qui apporte de l’inertie, à l’image de la nervure d’une feuille. Elles forment une surface continue, avec leur double courbure qui varie au gré des efforts et de la forme globale. Elles créent en outre une couverture intelligente dans sa relation avec le climat. Par sa forme globale, la coque provoquera une accélération du vent qui contribuera à la ventilation de la gare. Avec ses percements, calculés en fonction de la course du soleil et de la distribution des efforts dans les palmes, elle filtrera la lumière.»

 

La grue et l’avion

 

Le chantier étant placé sous le cône de circulation de l’aéroport de Montpellier, les opérations de pose ne peuvent débuter qu’après le passage du dernier avion, vers 22h30 ou 23h, parfois plus tard. Et lorsqu’un avion privé s’annonce, comme ce fut le cas à deux reprises la première nuit, l’entreprise de levage doit replier temporairement la grue. Au rythme de trois palmes à l’heure, Fondeville prévoit ainsi de placer une dizaine de palmes par nuit et se donne dix à douze jours pour réaliser l’ensemble de la toiture. La nouvelle gare de Montpellier La Mogère, vivement contestée par les écologistes et par diverses associations, qui la jugent inutile et mal placée car non connectée au réseau TER, sera alors en voie d’achèvement. Le contrat de partenariat signé avec SNCF Réseau prévoit une livraison de l’ouvrage le 13 décembre 2017. L’entreprise Fondeville espère terminer les travaux dès juin 2017.

 

Fiche technique

Pour la gare

Maître d’ouvrage: SAS Gare de la Mogère (Icade, CDC, DIF, Engie Cofely, Fondeville).

Conception: Marc Mimram Architecte et Ingénierie, Egis, Atelier Nebout.

Réalisation: François Fondeville, Engie Ineo, Engie Axima, Gagne CM.

Coût total conception-réalisation: 60 millions d’euros HT (hors frais promoteur et société de projet).

Durée de la phase de réalisation: 34 mois.

 

Pour la toiture

Conception: Marc Mimram Architecte et Ingénierie.

Réalisation: François Fondeville.

BET EXE des palmes: Lamoureux & Ricciotti Ingénierie.

Fabrication palmes: Méditerranée Préfabrication

Fabrication habillage et casquettes: Delta Préfabrication.

 

Focus

Les dix priorités ferroviaires de la région Occitanie

Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a présenté mercredi 14 décembre les conclusions des «Etats généraux du rail et de l’intermodalité», vaste consultation menée du 21 avril au 9 juillet 2016, via 37 réunions publiques. Cette réflexion visait à permettre à la région de définir sa politique ferroviaire pour les 15 années à venir. Elle devait contribuer aussi à nourrir la négociation menée avec la SNCF pour le renouvellement de la convention TER, qui s’appliquera à partir du 1er juillet 2017. La collectivité en a dégagé «10 chantiers prioritaires». Parmi ceux-ci: l’amélioration du service TER (la région investit notamment 180 millions d’euros dans l’achat de 18 rames Regio2N livrables à partir de 2017); l’harmonisation des tarifs et la création à terme d’un titre unique (la région prévoit la création d’un Gart régional – groupement des autorités responsables de transports); le maintien ou la réouverture de lignes de lignes ferroviaires fermées ou en difficulté (six lignes prioritaires ont été identifiées); l’amélioration des liaisons intercités (avec deux allers-retours supplémentaires entre Toulouse, Montpellier et Nîmes à partir de fin 2017); la multiplication des pôles d’échanges multimodaux (44 PEM actuellement en projet, pour un investissement de 75 millions d’euros); la relance du fret ferroviaire et «l’arrimage de la région à la grande vitesse». La collectivité soutient le projet GPSO (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax-Espagne) et demande l’inscription de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan comme projet d’intérêt général, avec une première phase Montpellier-Béziers dont l’enquête publique est espérée en 2018. Concernant les gares nouvelles, le compte rendu de la concertation fait apparaître «une opinion clairement défavorable à la gare Montpellier La Mogère qui, à sa mise en service, ne sera pas en correspondance directe avec les TER et sera accessible essentiellement en voiture, ou par un trajet long en tramway si celui-ci est réalisé.»

 

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