Chantiers

Des nano-éponges pour réparer les ouvrages en béton

Mots clés : Béton - Conception - Matériel - Equipement de chantier

Des étudiants de l’école d’ingénieurs de Polytech-Marseille ont « découvert » les propriétés physico-chimiques et mécaniques d’éponges présentes naturellement dans le milieu marin à l’échelle nanométrique. Ces nano-éponges pourraient permettre de réparer les ouvrages en béton.

L’avenir du secteur de la construction sera-t-il scellé dans l’alliance de la biologie avec la technologie ? C’est ce que suggèrent les résultats d’un concours organisé par le Syndicat National du Béton Prêt-à-l’Emploi (SNBPE) et Cimbéton auprès d’étudiants de l’école d’ingénieurs Polytech de Marseille (Bouches-du-Rhône). Le thème de l’édition 2016-2017 ? « Les biotechnologies au service de la maintenance des constructions en béton ».

A l’issue de plusieurs mois de recherches – essentiellement documentaires –, les étudiants en quatrième année, et futurs diplômés, ont « découvert » les propriétés physico-chimiques et mécaniques des nano-éponges calcaires (des éponges présentes dans le milieu marin à l’échelle nanométrique). « Sous l’effet de multiples facteurs, les ouvrages en béton peuvent présenter des réseaux de fissures, plus ou moins importantes, qui, à terme, les fragilisent. Les élèves de Polytech-Marseille, futurs ingénieurs en génie civil, ont avancé l’idée que les nano-éponges calcaires pouvaient combler ces fissures et ainsi renforcer les structures en béton », indique Nicolas Luttringer, délégué régional Sud-Est pour le SNBPE.

 

De la mer au béton

 

Disponibles sur les cinq continents, les nano-éponges sont d’abord prélevées directement dans leurs milieux naturels. Une fois récoltées, elles peuvent être mises en culture soit dans un milieu marin reconstitué, soit en laboratoire. « Même déshydratées, elles restent vivantes. Elles seront « réactivées » une fois mises en conditions », précise Nicolas Luttringer. Insérées lors du malaxage du béton – sur chantier comme en usine de préfabrication –, les nano-éponges sont ainsi intégrées le plus en amont possible du processus de fabrication. « « Inactives » dans le béton frais, elles « s’activeront » au contact de l’eau et de certaines bactéries dans le matériau durci. C’est à ce moment-là qu’elles créeront des « squelettes » calcaires qui s’aggloméreront entre eux et combleront ainsi les fissures présentes dans le béton », explique le représentant du SNBPE.

Adaptées à tout type d’ouvrage – a fortiori maritime –, les nano-éponges peuvent aussi être employées lors d’interventions ponctuelles (par injections). Point faible de ces éponges nanométriques ? Leur durée d’action. « De deux à trois semaines », fait savoir Nicolas Luttringer. « Nous sommes en pleine prospective. Des travaux en laboratoire permettront de perfectionner le processus », poursuit-il. Avant de conclure : « La réparation des ouvrages en béton à l’aide de biotechnologies, comme les nano-éponges, pourrait intéresser les industriels du béton comme les bureaux d’études spécialisés dans la maintenance. » A bon entendeur…

 

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