Aménagement

Des lits « froids » et un papillon obligent l’Alpe d’Huez à revoir son urbanisme

Mots clés : Aménagement de la montagne - Etat et collectivités locales - Sport - Urbanisme - aménagement urbain

Le maire de la station de l’Isère va devoir revoir son plan local d’urbanisme, annulé par la justice pour avoir insuffisamment pris en compte les « lits froids » de la station de ski et un papillon menacé par des projets immobiliers.

La Frapna Isère, qui lutte contre le « bétonnage irraisonné de la montagne », avait déposé deux recours devant le tribunal administratif de Grenoble: l’un contre le PLU de l’Alpe d’Huez et l’autre contre un permis d’aménager une zone naturelle abritant un des derniers habitats de l’Apollon, espèce protégée de papillon. »C’est une espèce parapluie: si elle disparaît, d’autres risquent de disparaître. Elle est un indicateur de la très bonne santé d’un milieu naturel », a expliqué à l’AFP Thomas Guiblain de la Frapna, référent sur les dossiers Montagne.

Le 19 octobre, le TA a doublement donné raison à l’association, en annulant donc le permis d’aménager de la zone dite Les Passeaux, charmant alpage en « discontinuité » de l’urbanisation déjà existante du village d’Huez et de la station, mais aussi le PLU approuvé en 2015 avec quelques irrégularités, principalement à cause de la question des « lits froids ». Ces lits inoccupés, qui sont un problème récurrent des stations de ski, on en compte 23 000 à l’Alpe d’Huez sur les 33 000 de la station. Ils appartiennent à des propriétaires qui avaient investi au temps de la défiscalisation, qui ont fini d’amortir, et ne louent plus ou presque, réservant leur bien à un usage familial.

 

4000 lits commerciaux envolés

 

« C’est la première fois, au niveau national, qu’un juge reconnaît l’importance des lits froids – inoccupés – dans un document d’urbanisme! C’est notre plus grosse victoire » dans ce dossier, s’est félicité Thomas Guiblain.

Pour Jean-Yves Noyrey, maire LR de l’Alpe d’Huez, c’est la déception. L’annulation totale du PLU prive la commune de 1600 habitants de « deux secteurs, en plein milieu de la station » où étaient prévus deux projets immobiliers pour 4.000 nouveaux lits commerciaux au total qui devaient « répondre à la demande pour 15 à 20 prochaines années », a-t-il expliqué à l’AFP. « Ces projets sont morts, vous ne faites pas attendre quatre ans un promoteur et un tour operator avec qui vous aviez négocié des baux » qui justement devaient éviter les lits froids, a-t-il déploré. Pour lui, la commune « n’a pas été comprise, des lits nouveaux allaient amener une dynamique nouvelle » et la zone des Passeaux devait permettre à des jeunes du pays de construire leur maison au lieu de s’installer à Bourg d’Oisan. En attendant, regrette-t-il, « certains construisent beaucoup en Savoie et Haute-Savoie pendant qu’on rame » en Oisan.

 

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X