Projets

Des centrales électriques habitables

Mots clés :

Architecte

-

Bâtiments d’habitation

-

Établissements industriels, agricoles, ICPE

Habiter près des centres de production d’énergie, c’est l’idée d’un jeune architecte iranien, Kawan Golmohammadi. Son projet Cypher CO2ling Plant propose de construire des logements dans des centrales électriques.

« – Tu rentres chez toi ? – Oui, dans ma centrale électrique ». Cet étonnant scénario pourrait bien devenir réalité. C’est en tout cas ce que propose le projet Cypher CO2ling Plant, imaginé par l’architecte iranien Kawan Golmohammadi. Ce conférencier à l’université du Kurdistan propose de repenser notre relation aux infrastructures qui produisent de l’énergie, et de réutiliser la chaleur produite par les centrales électriques pour le chauffage urbain.


Une tour de refroidissement aménagée

 

Cypher CO2ling Plant se compose de deux parties. Une partie centrale avec des habitations construites sur la structure extérieure de la tour de refroidissement, comprenant un complexe de 50 étages de 3 mètres de hauteur pour les espaces individuels, et de 6 et 11 mètres de hauteur pour les espaces verts. Chaque étage de la tour est divisé en trois zones comprenant un espace résidentiel, un espace commercial (avec des magasins, restaurants, hôtels, etc.) et une zone d’espaces verts (avec parcs et jardins). Sur le haut de la tour, un toit fait office de base de loisirs.

La seconde partie se compose quant à elle de l’usine de production de la centrale. Celle-ci, habituellement en surface, est enterrée sous une colline « boisée » recouverte de cheminées dont le sommet est enveloppé de plantes vertes, notamment pour filtrer le gaz carbonique émis par l’usine de production de chaleur. À côté de cette forêt artificielle viendront s’implanter des terres agricoles (vergers fruitiers, fermes), et des attractions touristiques (centres d’hydrothérapie par exemple).

 

Récupération d’énergie

 

« Aujourd’hui, les centrales électriques génèrent certes de l’énergie, mais les pertes thermiques sont très importantes. D’un côté, nous rejetons cette chaleur, et de l’autre nous brulons encore du combustible dans nos maisons pour nous chauffer. C’est deux fois trop de pertes énergétiques réalisées » argumente Kawan Golmohammadi. Afin de limiter ces pertes, le projet Cypher CO2ling Plant propose de réutiliser la chaleur émise par l’usine de production en l’utilisant pour chauffer les logements l’hiver au lieu de la laisser s’échapper via les tours de refroidissement. En été la chaleur supplémentaire est convertie en électricité par des micro-générateurs et l’eau chaude est réutilisée pour le complexe d’hydrothérapie ainsi que pour l’alimentation en eau chaude des logements.

Tous les types de centrales électriques thermiques pourraient accueillir demain ce type d’aménagement, c’est-à-dire « les centrales à charbon, au gaz naturel, au pétrole, mais aussi fonctionnant avec de la biomasse ou du biofioul » explique l’architecte. Quant aux zones géographiques les plus indiquées pour le projet, celui-ci pense à des pays comme « le Canada, la Russie, le Nord des Etats-Unis ou le Nord de l’Europe », qui seraient les plus intéressés par la technique de réutilisation de la chaleur.

 

Penser à l’avenir

 

En ce qui concerne le design du projet, son concepteur assure qu’il a été motivé par l’aspect jusqu’à présent inesthétique des centrales électriques, qui gagneraient à être embellies pour créer un espace de vie agréable à vivre. Les obstacles paysagers n’inquiètent pas Kawan Golmohammadi. « Il y a moins de bruit et de pollution qu’en ville, c’est bénéfique pour les gens qui y vivront » explique le jeune architecte. En outre, afin de limiter les contraintes spatiales et géographiques, il est prévu de placer bureaux et logements à proximité les uns des autres, afin de limiter les déplacements et la pollution atmosphérique. « C’est autant d’argent et de temps gagnés pour les usagers ».

Enfin, en ce qui concerne les obstacles techniques (problèmes de sécurité des centrales notamment), Kawan Golmohammadi se veut rassurant. « J »ai reçu quelques commentaires à propos du danger d’être à proximité d’équipements haute tension, et sur les risques d’explosion dus au réservoir de carburant. Ces objections sont correctes bien sûr, mais elles peuvent être résolues » justifie t-il.

Kawan Golmohammadi n’a pour le moment pas estimé le montant de son projet, ni démarché d’éventuels partenaires. « Je vis en Iran », justifie t-il. « Dans mon pays, ces projets ne sont pas pris en compte pour de nombreuses raisons, par exemple le manque d’attention aux questions environnementales de la part des décideurs ». Kawan a décidé de partir pour concrétiser son projet à l’international. Arrivera t-il au bout de son idée ? Seul l’avenir le dira.

 

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