Transport et infrastructures

Déraillement : la mise en service de la LGV Est-Européenne probablement reportée

Mots clés : Ouvrage d'art - Transport ferroviaire - Transport fluvial

Le déraillement du TGV qui effectuait des essais sur la nouvelle LGV entre Paris et Strasbourg – la LGV Est-Européenne –  samedi 14 novembre a provoqué l’interruption complète des tests sur la ligne. Les causes qui ont conduit la motrice à percuter un pont avant d’emporter le reste de la rame dans un canal en contrebas restent inexpliquées.

C’est le premier déraillement mortel d’un TGV depuis sa mise en service en France en 1981. Samedi 14 novembre, vers 15h, un train qui effectuait des essais sur la nouvelle LGV entre Paris et Strasbourg – la LGV Est-Européenne – a déraillé à hauteur de la commune d’Eckwersheim (Bas-Rhin), à une vingtaine de kilomètres au nord de Strasbourg, avant de chuter dans le canal de la Marne au Rhin, causant la mort d’au moins 11 personnes. Quarante-deux blessés, parmi lesquels quatre enfants, et des disparus sont à déplorer. Un bilan encore provisoire ce lundi. Les victimes faisaient partie d’une équipe d’une cinquantaine d’ingénieurs et de techniciens de la SNCF.

Selon le parquet de Strasbourg, « la locomotive a d’abord déraillé », pour des raisons inconnues, puis elle a « percuté l’arrière du pont avant de basculer dans le vide et, ensuite, l’ensemble des wagons à l’arrière s’est complètement disloqué et a basculé dans le vide. » Un porte-parole de la SNCF a confirmé ce premier scénario, précisant que, dans le choc de l’accident, le train s’était séparé en deux. « Le TGV a quitté la voie au niveau du pont et a percuté des rambardes de protection. Une partie des voitures est tombée dans le canal et l’autre dans un champ », a-t-il indiqué. Le TGV abordait une zone de jonction avec le réseau classique légèrement en courbe.

 

Les causes de l’accident restent « inconnues »

 

Selon les autorités, les causes de l’accident restent pour l’heure « inconnues ». Ségolène Royal et Alain Vidalies, respectivement ministre de l’Ecologie et secrétaire d’Etat chargé des Transports, ont annoncé avoir saisi le bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) qui a lancé des investigations techniques. Une enquête de justice est également en cours et la SNCF, de son côté, a lancé une enquête interne. Selon les premiers éléments avancés, la rame d’essai (équipée d’une panoplie d’équipements de mesures) aurait roulé à près de 350 km/h au moment de l’accident. Une information démentie par le conducteur lui-même – sorti très légèrement blessé de l’accident – qui évoque la vitesse de « 176 km/h ». Seul l’examen des boîtes noires permettra de vérifier ce point.

Depuis octobre, la SNCF réalisait la quatrième et dernière phase de tests – phase dite d’« essais dynamiques » ou « de montée en vitesse » –, avant l’obtention, à la fin du premier trimestre 2016, de l’autorisation d’exploitation commerciale par l’Etablissement public de sécurité ferroviaire (EPSF). Destinés à tester le comportement de la ligne sous sollicitations dynamiques, ces essais se déroulent par paliers successifs de 10 km/h depuis 160 km/h jusqu’à la vitesse de certification qui est égale à la vitesse commerciale envisagée (320 km/h) majorée de 10 %, soit 352 km/h, et ce au cours de 90 allers-retours.

 

Les activités de tests complètement interrompues

 

Selon Jacques Rapoport, président délégué du directoire de la SNCF et président de SNCF Réseau, « il est raisonnable de penser » que la mise en service de la ligne, initialement prévue le 3 avril 2016, soit « reportée ». « Nous avons décidé d’interrompre complètement » les activités de tests sur le tronçon où s’est déroulé l’accident, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse tenue dimanche soir au siège de l’entreprise à Paris.

La seconde phase de la LGV Est-Européenne correspond à la construction d’une ligne nouvelle de 106 km entre les communes de Baudrecourt (Vosges) et de Vendenheim (Bas-Rhin). A sa mise en service, cette dernière permettra de relier Paris à Strasbourg en 1h48, contre 2h20 actuellement.

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