Energie

Demain, le sol des gares transformera nos pas en énergie

Mots clés :

Dallage

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Electricité

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

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Transport ferroviaire

L’entreprise britannique Pavegen a développé un revêtement qui produit de l’électricité sous la pression de nos pas. Ces dalles équipent le parvis de la gare de Saint-Omer et, depuis le 15 février, un immeuble parisien de la SNCF.

A sa création en 2009, Pavegen s’était fait remarquer en équipant une discothèque d’un tel revêtement producteur d’énergie. En se trémoussant, l’énergie des pas des night clubbers qui s’enfonçaient dans les dalles se transformait en électricité qui venait alimenter des écrans lumineux et faisait tourner une boule à facettes.

Six ans plus tard, la start-up londonienne a fait du chemin et quitté les dancefloors. Comptant trente salariés, elle installe aujourd’hui de nouveaux bureaux à Los Angeles et pourrait bientôt faire de Barack Obama un producteur d’énergie car elle ambitionne d’installer ces pavés devant  la maison blanche. 

Mais Pavegen ne compte pas s’arrêter au Président américain. « You are the power », le slogan de Pavegen résume l’ambition de la PME : faire de chacun de nous une source d’énergie grâce aux dizaines de millions de pas que nous réalisons au cours de notre existence. 

La dalle développée par Pavegen utilise, notamment, l’effet électromagnétique (comme une dynamo de vélo). Chaque dalle produit entre 1 et 4 Joules d’énergie par pas, soit de quoi de faire fonctionner quelques secondes une lampe équipée de leds.

Si la technologie développée par Pavegen ne risque pas de devenir un levier de notre transition énergétique, elle pourrait être un moyen de rendre autonome énergétiquement les espaces de nos villes les plus fréquentés.

 

Du dance-floor à la gare

 

Depuis le 15 février dernier, les salariés parisiens de la SNCF sont devenus des producteurs d’électricité. Pavegen a installé six dalles productrices d’électricité au milieu d’un couloir des bureaux recherche et innovation de la SNCF. L’installation est petite mais le symbole est grand. En débarquant au cœur de l’entreprise ferroviaire publique française, Pavegen est désormais au plus près d’un formidable marché : nos gares. 

Participant à l’édition 2015 des prix EDF Pulse, il ne s’agit pas pour Pavegen de sa première incursion sur notre territoire. En partenariat avec GDF Suez, Pavegen avait installé, en mars 2014, 14 dalles Pavagen sur le parvis de la gare de Saint-Omer. Ils sont piétinés quotidiennement par 5000 piétons qui fournissent ainsi l’énergie nécessaire pour alimenter les lampes à LEDs qui éclairent leurs passages et les ports USB leur permettant de recharger leurs appareils électroniques.

Mais les gares ne sont pas les seuls lieux à se couvrir de dalles génératrices d’électricité. Pavegen a déjà installé une cinquantaine de dalles productrices d’énergie dans l’aéroport londonien d’ Heathrow et dans les couloirs de plusieurs écoles britanniques. Dans un autre registre, Pavegen a même couvert un terrain de football avec 200 de ses dalles au cœur de la favela de Morro da Mineira à Rio de Janeiro. Ainsi, la nuit tombée, les joueurs alimentent eux-mêmes les six spots qui les éclairent.

L’agence d’architecture américaine Gensler, qui propose de transformer d’anciennes lignes du métro londonien en axe de déplacements pour piétons et vélos, s’est associée à Pavegen, afin d’utiliser leur innovation pour  trouver les kWh nécessaires à l’éclairage de ces souterrains. Encore à l’état de concept, la proposition a reçu le London Planning Awards par le maire de la ville, Boris Johnson, connu pour être un aficionado du vélo.

 

Vert mais cher

 

Pavegen souhaite rendre son revêtement plus vert que vert. La surface supérieure est constituée de pneu recyclé et Pavegen assure que 80% de matériaux constituant la base de sa dalle sont issus du recyclage, notamment le béton. 

Mais la dalle de Pavegen a beau être un bijou écologique, elle ne pourra recouvrir tous  les parvis de nos gares et de nos couloirs de métro, que lorsque son prix baissera : le prix des dalles se compte en milliers d’euros par m2.

Le PDG et fondateur de Pavagen, Laurence Kemball-Cook reconnaît que la route sera longue avant de faire de son produit une solution compétitive économiquement. Dans une récente interview au quotidien britannique The Guardian, il expliquait, ainsi, que « l’industrie photovoltaïque a mis soixante ans pour arriver à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Avec notre technologie, nous n’en sommes qu’aux vingt premières années d’existence ». Agé de seulement vingt-neuf ans, l’ambitieux entrepreneur devrait pouvoir voir de son vivant cette nouvelle source d’énergie arriver à maturité.

 

 

 

 

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