Energie

Delphine Batho au chevet du photovoltaïque

Mots clés : Démarche environnementale - Energie renouvelable - Gouvernement

Delphine Batho, ministre de de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a choisi lundi 7 janvier, le site de l’industriel spécialiste du multi-cristallin, MPO, au Mans, afin de présenter son plan d’aide d’urgence à une filière durement touchée par les atermoiements des pouvoirs publics, le solaire photovoltaïque. Au total, le gouvernement vise le développement d’au moins 1 000 mégawatts de projets solaires en France en 2013.

Le secteur a en effet enregistré un sérieux recul en termes d’emplois (1) – préoccupation première des Français dans la crise actuelle – sur les deux dernières années, notamment à cause du moratoire décrété sur les installations photovoltaïques.

D’abord, un soutien aux technologies innovantes françaises (concentration, trackers) et pour les technologies matures sur ombrières et toitures, dans le cadre d’appel d’offres pour les grandes installations (+ de 250 kWc). Au total 400 MW en 2013, avec un calendrier serré : CRE saisie en janvier, remise des offres en septembre et mise en service en 2016. Un appel d’offres qui « sera suivi d’un autre dans le cours de l’année 2013 », a insisté la ministre, et des procédures qui prendront également en compte des critères carbone.

Ensuite, pour les installations de taille moyenne (100 à 250 kWc), une évolution des critères d’appel d’offres intégrant la contribution des projets à protection du climat (contrainte CO2 prise en compte incitant à l’utilisation de panneaux européens).

Pour les petites installations, le gouvernement s’engage via un doublement des objectifs Grenelle (soit atteindre 400 MWc) et par une bonification de 5 % pour l’intégré au bâti, et jusqu’à 10 % (5+5, avec deux critères liés à la partie cellule et à la partie panneaux) en fonction du lieu de fabrication des différentes composants. En clair, un bonus aux panneaux européens.

Les futures cellules de MPO permettront ainsi 5 % de bonus en plus. Une baisse enfin du tarif d’achat (de 20 %) pour le fameux tarif T5 (non intégré au bâti), qui pourra cependant bénéficier du bonus si le PV est européen.

 

2 mds d’euros d’investissements

 

L’ensemble de ces mesures devrait générer des investissements de plus de 2 milliards d’euros et permettre la création ou le maintien d’environ 10 000 emplois. Leur coût annuel pour la collectivité est estimé entre 90 et 170 millions d’euros, soit environ 1€ à 2€ par an en moyenne par ménage.

Comme l’a souligné Jean-Louis Bal, président du SER, en marge de la visite du site de MPO, même s’il s’agit d’un « premier signe positif pour la filière PV depuis 3 ans, on est loin du grand plan solaire français que nous attendons ». Les mesures seront en effet prises pour 2013, puis le débat sur l’énergie fixera le cadre. M. Bal juge cependant que s’il y a un vrai débat, il serait judicieux de ne pas attendre la loi de programmation de l’automne, pour lancer des premières mesures, notamment un vaste appel d’offres. Et de rappeler que cela a déjà été fait lors de la mise en place du fonds chaleur dans le cadre du Grenelle. Ce à quoi delphine Batho a répondu indirectement lors de la conférence de presse suivant la visite du site de la future usine de cellules, signalant qu’ « il n’y aura pas de vide », ajoutant que « le cap est clair : le gouvernement est engagé dans le développement des énergies renouvelables ».

1 Selon l’ADEME la filière photovoltaïque représentait 32 500 emplois en 2010, contre environ 18 000 en 2012.

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  • - Le

    J'utilise un PC fabriqué en Chine

    Faut t’il revenir au Minitel ou au MO5 ? Il faut de la dynamique pour développer les filières Françaises et non du bridage. Ces technologies (comme celles de l’éolien off shore) ont déjà été développées à l’étranger. Certes on peut privilégier des acteurs Français, mais sont ils performants ? L’important est de mettre en œuvre le maximum d’installations, pour produire de l’énergie à moindre coût. Il y a tellement de sites à désamianter, de friches industrielles, ou militaires, …
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  • - Le

    Dynamique ou bridage ?

    Pourquoi vouloir décréter ce qui est ou pas, une évolution technologique ? Ces technologies (comme celles de l’éolien off shore) ont déjà été développées à l’étranger. Certes on peut privilégier des acteurs Français, mais sont ils performants ? Pour certains ils le sont, mais sont t’ils « représentatifs » ? C’est un pari risqué et il existe peut être des façons plus efficientes de privilégier le développement de l’ensemble des filières Françaises. Car pour rattraper le retard technologique, il faut de la dynamique. Le fond du problème est ailleurs : c’est celui de l’implantation massive de systèmes de production répartis et là le message reste négatif. Notamment avec la baisse du T5, qui résonne comme une forme de déni de l’efficience photovoltaïque. Pour les centrales au sol, une simple restriction aux sites industriels, ou à réhabiliter aurait suffi. Peu importe l’origine des modules, car il y tellement de toitures à désamianter et d’énergie à produire…
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