Environnement

Découvrez AS Protek, le robot qui désamiante Hénin-Beaumont [reportage]

Mots clés : Bâtiment et santé - Hygiène et sécurité du travail - Innovations

La résidence Maréchal-Leclerc à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), en plein chantier, est à la pointe de l’innovation en matière d’amiante. Ce mercredi 22 novembre, Le Moniteur a rencontré AS Protek, un tout nouveau robot mis au point par Kärcher. Il pourrait révolutionner le marché du désamiantage.

Ça décape à Henin-Beaumont. Construite dans les années 80, la résidence Maréchal-Leclerc, de 117 logements répartis en huit bâtiments, nécessitait une réhabilitation lourde (5 millions d’euros sur la période 2016-2018) avec réhabilitation thermique, aménagement des espaces extérieurs et désamiantage de tous les bâtiments.

 

Élimination complète de l’amiante

 

La totalité du chantier a été confiée à l’entreprise de second œuvre Cabre, une PME de 300 personnes basée à Courrières (Pas-de-Calais) et spécialisée dans l’isolation thermique extérieure et la peinture. Habituée à gérer de gros chantiers, elle a à son actif le Louvre-Lens, le siège de région à Lille ou encore la rénovation du stade Bollaert, à Lens.

 

Un robot à 1 million d’euros

 

Pour le désamiantage, Cabre est l’une des deux seules entreprises de France métropolitaine à posséder le tout nouveau robot AS Protek distribué par une filiale de Kärcher. Il faut dire que le coût de la machine est un peu dissuasif: ce décapeur révolutionnaire vaut entre 500 000 et 1 million d’euros. Il est expérimenté pour la première fois sur le chantier de la résidence Maréchal-Leclerc.

 

Galettes humides

 

Le robot AS Protek utilise l’ultra haute pression avec aspiration à la source pour décaper les surfaces amiantées. L’eau, projetée décape l’amiante. Les boues de décapage aspirées à la source sont alors transformées en galettes humides de petite taille.

L’appareil est composé de deux chaînes: une chaîne de dépose et une de traitement. La première, installée sur les lieux à traiter, dispose d’une tête robotisée supportée par un cadre et reliée à un groupe à ultra-haute pression: 2 500 à 3 000 bars avec un débit d’eau de 18 litres par minute. Grâce à un système d’aspiration à la source, les émanations sont minimes (5 fibres par litre d’air).

L’eau et l’amiante sont alors pompés jusqu’à la deuxième chaîne installée à l’extérieur du bâtiment. La boue résiduelle est envoyée vers une presse qui sépare l’eau et l’amiante. Filtrée et purifiée, l’eau est envoyée dans le tout-à-l’égout. Quant à l’amiante, elle est compactée et transformée en galets destinés à être stockés dans des déchetteries spécialisées.

 

Elimination complète de l’amiante

 

« Nous avons opté pour une élimination complète de l’amiante dans l’ensemble de la résidence », explique Frederic Talik, directeur général adjoint de Sia Habitat, troisième ESH des Hauts-de-France, qui gère la résidence. « Y compris à l’intérieur des logements. Le recouvrement présentait des risques pour la santé des salariés chargés de la maintenance du bâtiment et les locataires amenés à percer des trous dans les murs. L’opération concerne tous les enduits intérieurs ainsi que les composants extérieurs: balcons, toitures et supports extérieurs des logements et parties communes. »

 

Atmosphère plus saine

 

«Le robot réduit considérablement la pénibilité du métier grâce à l’aspiration à la source, précise Frédérik Joly, responsable amiante chez Cabre. L’atmosphère de travail est plus saine et ne nécessite plus de confinement, ce qui représente également un gain de temps. La manutention est également limitée: fini les sacs de poussière d’amiante que les ouvriers doivent charrier entre les étages. Ici, la matière est acheminée directement vers la centrale de traitement. Son compactage minimise la problématique des déchets. »

 

Deux-en-un

 

AS Protek fait également du «deux en un » pour le traitement des sols: il décape en une seule opération la dalle et le ragréage, contrairement à la méthode traditionnelle qui nécessite le décapage de la dalle avant désamiantage. Malgré l’aide du robot, l’opération demeure un travail pénible et très réglementé. Les opérateurs, après une formation spécialisée, suivie d’une habilitation, ne peuvent travailler que 6 heures dans une journée, par tranches de deux heures entrecoupées de pauses d’une demi-heure avec douche intégrale.

 

Un chantier de 8 000 heures

 

Sur l’opération d’Hénin-Beaumont, cinq opérateurs se relaient pour utiliser le robot. Il leur faut en moyenne quatre à cinq jours pour désamianter un logement. La totalité du chantier, qui sera achevé fin 2018, représentera un total de 8 000 heures. Le marché potentiel est immense. On estime en effet que trois logements sur quatre en France contiennent de l’amiante.

 

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