Transport et infrastructures

Déblais du Grand Paris Express : il est temps de prévoir l’aménagement paysager

Mots clés : Politique des transports - Transport collectif urbain

Dans le cadre de Batimat, l’Atelier International du Grand Paris et l’association 6ème continent ont ouvert le débat sur la meilleure manière de réutiliser les millions de tonnes de déblais que généreront les différents chantiers du futur métro du Grand Paris.

43 millions de tonnes de déblais et déchets. L’équivalent de 7 pyramides de Khéops. La gestion des terres excavées dans le cadre de la construction des lignes et des gares du futur Grand Paris Express d’ici à 2026 s’annonce pharaonique.

Que faire de cette matière ? En 2012, la moitié des 27 Mt de déchets avait servi  à remblayer des carrières. 8 Mt avaient été stockées dans les fameuses buttes de Seine-et-Marne, département qui accueille 80% des déchets de l’Ile-de-France. Rééditer la « performance » sera impossible. D’autant que le plan de prévention et de gestion des déchets issus de chantiers du bâtiment et de travaux publics (Predec) voté en juin dernier impose d’une part un moratoire sur les stockages en Seine-et-Marne – aucun projet d’extension ou de création de lieu de stockage ne peut désormais être autorisé pendant une durée de trois ans, et ils ne devront pas dépasser 4 millions de tonnes par la suite ; et d’autre part, impose aux départements de la petite couronne d’envoyer leurs déchets dans un département de grande couronne dont ils sont limitrophes.

La terre va donc rester à proximité de son lieu d’extraction. Et l’idée est de la réemployer. De faire de l’aménagement paysager : terrassement, parcs, jardins, bases de loisirs… « Mais il faut avant toute chose que les lieux qui accueilleront ces déblais aient ces projets de paysage au préalable », explique le paysagiste Gilles Vexlard, invité par l’Atelier International du Grand Paris mercredi 4 novembre dans le cadre de Batimat à une conférence-débat sur le sujet. « Sinon, on se retrouve avec les buttes de Seine-et-Marne. Il faut donc cesser de considérer simplement la gestion des déchets après coup mais prévoir que les bâtiments qui se construisent, construisent en même temps du paysage. Ces projets devront éviter des ruptures territoriales. J’attends les 20-30 projets qui vont sortir simultanément à mesure que les tunnels se creusent. Que l’on mette de paire le dessous et le dessus. »

 

Où l’abondance de bien peut nuire…

 

Le problème est qu’il n’est pas si évident d’anticiper les projets, compte tenu notamment de la nature des terres excavées. « On ne connaît pas exactement la nature géologique de tous les terrains que vont traverser les tunneliers », concède Frédéric Willemin, directeur ingénierie environnementale de la Société du Grand Paris. « Et si nous souhaitons valoriser au maximum ces déchets, il faut savoir que si on analyse la terre du sous-sol d’Ile-de-France, on devrait pouvoir trouver à peu près tous les éléments de la table de Mendeleïev ! Ce qui complique encore les choses ! » La SGP a malgré tout d’ores et déjà été approchée. « A Chelles, le puits d’attaque d’un de nos tunneliers se situe à proximité d’anciennes carrières de gypse assez instable. La ville de Chelles nous a sollicités pour utiliser les déblais afin de combler ces carrières pour aménager un parc en surface. Je dis : « Allons-y ! »  Après il faudra mobiliser toute une chaine d’acteurs. »

Acteurs du transport, du retraitement, et même de l’échange de terres (voir focus) vont devoir se coordonner très vite. En 2019, 2020 et 2021 le chantier du Grand Paris Express produira annuellement à lui seul plus de 6 millions de tonnes de déchets.

 

Focus

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