Entreprises de BTP

De nouveaux fonds pour les grands travaux d’infrastructures

Les doutes sur le financement des infrastructures sont partiellement levés. Ce ne sont plus 1 milliard, mais 4 milliards d’euros qui seront investis par l’Etat dans les grands travaux d’infrastructures a promis le Premier ministre. Les entreprises de travaux publics sont satisfaites.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a confirmé jeudi lors de sa conférence de presse de rentrée « le lancement des grands projets arrêtés en CIADT (Comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire).

« Cet engagement reconnaît que les infrastructures ont un effet d’entraînement sur la croissance du pays et améliorent le bien-être des Français », a estimé le président de la la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), Patrick Bernasconi, cité dans un communiqué.
Dominique de Villepin a annoncé jeudi qu’il affecterait 4 milliards d’euros en 2006 (au lieu de 1 milliard initialement prévu) issus de la privatisation des sociétés d’autoroutes à l’AFITF pour répondre aux inquiétudes sur les ressources de cette agence, dont le budget devait initialement être alimenté par les dividendes des autoroutes.
La réalisation des 35 grands projets d’infrastructures annoncés en décembre 2003 équivaut à la création de 35.000 emplois d’ici 2012, selon la FNTP.

La FNTP a toutefois demandé « audience » au Premier ministre pour de plus amples informations. Les 4 milliards d’euros « seront-ils affectés en totalité à l’AFITF en 2006? », s’interroge-t-elle. « La prise en charge du financement des contrats de plan Etat-Régions, annoncée en juin, est-elle confirmée? » ou encore « quid de grands projets, tels le canal Seine Nord Europe ou la liaison ferroviaire Lyon-Turin? ».

Sur ce dernier chantier, le ministre des Transports Dominique Perben a souligné jeudi que la France était « attachée » au projet de ligne de chemin de fer à grande vitesse Lyon-Turin, ajoutant que « déjà 500 millions d’euros ont été engagés ».
« Les travaux préliminaires sont engagés et nous avons saisi la commission de Bruxelles sur le financement des travaux qui sont envisagés », a précisé le ministre.
Il était interrogé alors que le Premier ministre venait d’afficher sa volonté de réduire certains investissements pour permettre à la France de repasser en 2005 sous la barre des 3% de déficit public.

En revanche, le Premier ministre a confirmé le lancement du TGV Rhin-Rhône. Cette annonce a rassuré le président de l’association Trans Europe TGV Rhin-Rhône-Méditerranée, Jean-Marie Bockel qui souhaite que le gouvernement la « traduise dans les faits ».
« Nous attendons donc que le Premier ministre présente au comité de pilotage du 3 octobre prochain la convention de financement de la première tranche de la branche Est, afin que la mise en chantier de celle-ci puisse intervenir suivant le calendrier annoncé », a indiqué M. Bockel dans un communiqué.

Le sénateur-maire socialiste de Mulhouse a rappelé au gouvernement que « la balle est désormais clairement dans son camp ». « Les régions Alsace, Bourgogne et Franche-Comté se sont positionnées depuis longtemps, la préparation du lancement des travaux se déroule au rythme prévu, la Suisse a confirmé sa participation au financement », a-t-il souligné.
Vendredi dernier, il s’était étonné que l’Etat français soit le « seul financeur » à « n’avoir toujours pas fait connaître sa participation » à ce projet.

Rappelons que le coût des travaux de construction de la nouvelle ligne est estimé à 2,053 milliards d’euros aux conditions économiques de janvier 2004, soit 2,428 mds EUR en euros courants (avec hypothèse d’actualisation de 4%).

Jean-Philippe Defawe

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