Chantiers

De bons tuyaux pour faire baisser le coût des travaux

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Conception - Efficacité énergétique - Etat et collectivités locales - Matériel - Equipement de chantier - Monde du Travail - Réglementation thermique et énergétique

Une petite commune du Lot-et-Garonne a réussi à combiner deux dispositifs publics pour rénover énergétiquement un logement communal, à un coût en cohérence avec son budget, tout en formant des demandeurs d’emploi du secteur.

André Bonneilh aimerait faire de sa commune, Trentels (Lot-et-Garonne), un écovillage. Alors la performance énergétique des bâtiments communaux, et notamment celle de son presbytère, inhabité depuis deux ans, est un volet important. Problème : le coût de tels travaux. Pourtant, depuis près deux mois, les ouvriers s’affairent sur un chantier qui prend forme: installation de cloisons, pose de l’isolant, remplacement des portes, etc.

Grâce à des dispositifs régionaux qui portent sur la formation professionnelle et sur la rénovation énergétique du bâti, Trentels a pu financer les travaux du bâtiment de 180 m2 et dont la consommation énergétique avoisinait les 262,7 kWh/m2.an, soit 3423 euros par an.

 

13 500 euros d’aide pour l’éco-réhabilitation

 

«Depuis un an, Reno’Aqt permet aux communes de moins de 3 000 habitants de faire des travaux de rénovation énergétique sur leurs logements communaux (conventionnés ou vacants depuis moins de trois ans, NDLR)», explique Fabrice Rocher, responsable habitat urbanisme chez Soliha, la structure chargée de coordonner le dispositif.

Via Reno’Aqt, la région et l’Europe prennent en charge 40% des travaux d’éco-réhabilitation (dans la limite de 15 000 euros). La Caisse des dépôts accorde par ailleurs des prêts à taux bonifiés pour les communes. Cette aide a permis à Trentels d’isoler le presbytère avec de la ouate de cellulose (R supérieure à 7) soufflée dans les combles, de la laine de verre (R supérieure à 3,7), de remplacer la porte d’entrée et le garage, d’installer une VMC hygro B, un chauffe-eau solaire individuel, des robinets thermostatiques et d’ajouter un programmateur à la chaudière fioul. Le logement passera d’une classe énergie E à une classe énergie B et pourra, de nouveau, être loué.

«Nous prévoyons 75% de gain énergétique», précise Fabrice Rocher. Des travaux qui s’élèvent à 33 000 euros HT et pour lesquels la ville perçoit 13 507 euros de subvention. Via Reno’Aqt, Soliha fait également un diagnostic sur toutes les économies d’énergie réalisables dans la commune (gaz, éclairage, etc.), accompagne les mairies durant le chantier. Et peut aussi prendre en charge la maîtrise d’œuvre.

 

Treize stagiaires sur le chantier

 

Comme cette opération se prêtait parfaitement à la formation, le presbytère est devenu un chantier-école financé par le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Un autre moyen pour la commune de faire des économies. Les Compagnons Bâtisseurs, association qui organise des chantiers-formations sur la région, a placé à Trentels treize stagiaires, dont cinq jeunes moins de 26 ans, cinq bénéficiaires du RSA et trois personnes bénéficiant d’une procédure de «reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé» (RQTH) sur la partie éco-réhabilitation.

Tous inscrits dans une formation qualifiante, ils obtiendront d’ici quelques mois des titres professionnels de niveau V, agent d’entretien du bâtiment ou plaquiste, ainsi que les habilitations pour l’échafaudage et l’électricité. «Si 80 ou 90% des stagiaires obtiennent leur qualification (peintre, plaquiste, maçon, maçon bâti ancien et agent d’entretien du bâtiment), le retour à l’emploi reste faible, mais 50% d’entre eux retrouvent une dynamique, via un emploi ou une reprise d’études», explique Sophie Boudier, directrice des Compagnons Bâtisseurs. «Le chantier-école demande plus de temps, reconnaît-elle, c’est plus facile de le faire dans des petits villages.»

 

Focus

Soliha en quelques mots

Soliha (Solidaires pour l’habitat, ex-mouvements Pact et Habitat & Développement) est une association qui lutte contre l’habitat indigne et aide les propriétaires modestes à débloquer des aides pour leurs travaux. Soliha peut se charger de l’assistance à maîtrise d’ouvrage et faire du suivi social. Il est l’interlocuteur des communes pour Reno’Aqt et recense plus de 170 dossiers de rénovation de logements communaux en cours sur le territoire aquitain (pour un parc évalué à 50 000 unités), dont une vingtaine de chantiers démarrés.

Contact: Nelly Raduriot 06 30 59 47 03 ou n.raduriot@soliha.fr.

 

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