Transport et infrastructures

Dans les entrailles d’Elaine, le tunnelier du métro de Rennes

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Ouvrage d'art - Transport collectif urbain

Après trois semaines de maintenance le temps de traverser la station Mabilais, le tunnelier de Dodin Campenon Bernard a recommencé de creuser en direction de la station Colombier, troisième des neuf stations que le tunnel profond doit relier sur 8,65 km d’ici fin 2017, début 2018. Visite du tunnelier en images.

Cette pause de trois semaines dans le creusement a été l’occasion pour les équipes de Dodin Campenon Bernard d’inspecter le tunnelier de fond en comble. Pour le maître d’ouvrage, la Semtcar, cette période de maintenance est une rare occasion de faire visiter ce chantier exceptionnel à quelques privilégiés dont nous faisons partie.

Le rendez-vous est donné le 23 octobre dernier sur la base-vie de la Courrouze, dans la soirée, lorsque cette vaste zone de 3,5 hectares où sont stockés les voussoirs tourne au ralenti. Un badge d’accès personnel et provisoire nous permet de descendre dans le puits d’introduction, à 20 mètres sous terre. C’est ici qu’Elaine a été assemblé et qu’il a commencé à creuser en janvier 2015. Depuis, il a parcouru 1 700 mètres dans des conditions difficiles, dues notamment à la nature du sous-sol et la découverte d’antimoine qui auront fait perdre environ 5 mois de retard sur les prévisions.

Nous rejoignons l’arrière du tunnelier en TSP, un train sur pneu dont une version sert à transporter les équipes et une autre les voussoirs et autres matériels de chantier. D’un diamètre de 9,44 mètres, ce tunnelier fabriqué en Allemagne chez Herrenknecht s’étale sur plus de 100 mètres de long. «Nous l’avons rallongé d’une vingtaine de mètres en cours de chantier en ajoutant un concasseur car les déblais étaient trop gros» explique notre guide, Joël Richard, géologue et responsable du soutènement.

Dans la cabine de pilotage, Cédric Lubin, un des cinq pilotes qui se relayent 24h/24, veille sur une dizaine d’écrans et doit contrôler quelque 250 paramètres, dont bien sûr le tracé préalablement défini «au centimètre près», l’évacuation des déblais sur le tapis roulant et la commande des voussoirs qui formeront le tunnel sur lesquels des vérins s’appuient pour faire avancer le tunnelier. Le rythme de croisière d’Elaine est de 2m/heure mais peut varier sensiblement en fonction du terrain. «Si quelque chose ne va pas, on le sait immédiatement» explique le technicien de 39 ans qui a creusé son premier tunnel à la Réunion d’où il est originaire. «C’est l’un des chantiers les plus difficiles que nous avons pu faire car le sous-sol est très variable» affirme le pilote qui a pourtant creusé plusieurs dizaines de kilomètres de tunnel à Toulouse, Saverne, Budapest ou Lyon où il est passé sous le Rhône.

La visite se termine quasiment à quatre pattes, derrière la roue de coupe où des ouvriers doivent parfois intervenir plusieurs heures dans des conditions qui pourraient s’apparenter à de la plongée sous-marine sans eau. «Après chaque intervention, les gars doivent impérativement passer plus d’une heure dans un caisson de décompression» explique Joël Richard. «Ces conditions de travail particulières créent un véritable esprit de solidarité, un peu comme dans un sous-marin» conclut-il.

 

Reportage vidéo de Rennes Métropole au cœur du tunnelier de la ligne B

 

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