Urbanisme et aménagement

Dans les Alpes-Maritimes, l’Etat et les collectivités coupent les vivres à l’agence d’urbanisme

Mots clés : Etat et collectivités locales

C’est un événement rare dans le monde des agences d’urbanisme: l’Etat et les collectivités territoriales des Alpes-Maritimes ont décidé de ne plus financer l’Adaam 06. Sa cessation d’activité vient d’être prononcée.

Restrictions budgétaires, désengagement de l’Etat, réforme territoriale qui entraînent des bouleversements dans le rôle et l’organisation de l’ingénierie parapublique… Sur la Côte d’Azur, l’Etat et les collectivités ont décidé de stopper le financement de «l’Agence de déplacements et d’aménagement des Alpes-Maritimes» (Adaam), une agence d’urbanisme créée en 2004 et qui avait pris la suite de l’agence des déplacements, première structure d’ingénierie territoriale à voir le jour sur ce territoire. Une assemblée générale des partenaires a acté fin mai la cessation d’activité et sa dissolution sera effective à l’automne. «Nous sommes une petite agence sur un grand territoire, la seule à intervenir à un niveau départemental. Sans partenaire historique et central, nous nous sommes trouvés confrontés à un manque de moyens et à la mise en retrait de chacun des membres. Nous ne pouvions plus assurer nos missions dans de bonnes conditions. La décision a été prise à l’unanimité» commente la directrice de l’Adaam, Christine Cesari Geiger.

 

Un budget compris entre 1 et 1,2 million d’euros

 

«C’est un événement rare dans le réseau de la Fnau (Fédération nationale des agences d’urbanisme). Nous le regrettons car chaque territoire a besoin d’une ingénierie transversale et d’une structure d’observation, d’étude et d’accompagnement. Il y aura des reclassements des personnels dans le réseau» souligne Brigitte Bariol-Mathais, déléguée générale de la Fnau. Moins de dix de personnes assuraient, avant la cessation d’activité, le fonctionnement de l’agence des Alpes-Maritimes qui a compté jusqu’à 12/13 personnes avec un budget annuel de 1 à 1,2 million d’euros.

Regroupant l’Etat, le département, la métropole, des communautés d’agglomérations, des villes, les chambres consulaires, l’université, on peut s’étonner qu’ensemble ces partenaires n’aient pu assurer dans le temps le financement de cet outil local, capable d’intervenir sur de multiples problématiques et sur un territoire géographique vaste. «A la Métropole Nice Côte d’Azur, nous possédons notre propre agence d’urbanisme au sein de la direction de l’aménagement et nous pouvons mobiliser nos services de manière transversale. Pour nous, l’Adaam intervenait à la marge» souligne-t-on à la Métropole Nice Côte d’Azur. L’Adaam était notamment partenaire d’un important programme de coopération entre le conseil régional Paca et les agences d’urbanisme (cinq au total) pour produire des études d’intérêt régional et travailler en réseau. Cette cessation d’activité va obliger les autres agences de la région à récupérer les missions qui lui avaient été confiées. A l’Agam, à Marseille, on s’apprête notamment à accueillir un salarié de l’Adaam pour poursuivre le travail engagé.

 

Focus

«Faute de moyens, nous devons arrêter», questions à Louis Nègre, président de l’Adaam

Le sénateur maire de Cagnes-sur-Mer, président du Gart (Groupement des autorités responsable de transport), préside également l’Adaam 74427442744274427442074747474746. Il évoque les difficultés rencontrées.

Cette cessation d’activité était-elle inévitable ?

Louis Nègre: Nous manquions de financements et de moyens pour l’Adaam. Ils n’étaient pas à la hauteur des ambitions d’une agence départementale. Dans ces conditions, un constat s’impose: plutôt que de créer des déficits et des déséquilibres, il vaut mieux interrompre l’activité.

 

Tous les grands territoires urbains ont une agence d’urbanisme. N’est-ce pas une régression pour les Alpes-Maritimes ?

L. N.: Les Alpes-Maritimes sont un territoire d’exception, avec des atouts fantastiques. Mais son développement a souffert du manque d’intercommunalité et de vision d’ensemble. Il est effectivement dommageable de ne plus pouvoir observer les grands enjeux d’aménagement du territoire à la bonne échelle. Mais encore une fois, nous sommes confrontés à la réduction de nos moyens budgétaires.

Propos recueillis par Rémy Mario

 

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