Performance énergétique

Dans le parc bas carbone de La Rochelle, le bâtiment du futur se dévoile

Mots clés : Air

Qualité de l’air exceptionnelle, nouveaux matériaux, équipements novateurs: la maison du futur est déjà en test à Lagord, près de La Rochelle (Charente-Maritime), sur une ancienne halle militaire de 6.000 m2 reconvertie en plateforme « bas carbone » dédiée à la construction.

Elle ressemble à n’importe quelle bâtisse moderne à étage, de 60 m2 au sol. Pourtant, elle est unique en son genre en Europe, soulignent ses concepteurs. Du sous-sol au toit, la qualité de l’air y est mesurée dans toutes les configurations possibles, avec différents gaz injectés dans la dalle pour mesurer l’impact de cette pollution dans l’air ambiant. Plusieurs types de ventilation, de chauffages et de produits de construction (revêtement de murs par exemple) y sont également évalués, tout comme les produits d’entretien. Même les fuites d’air et leurs conséquences, fréquentes dans les constructions anciennes, sont jaugées.

« Avec des maisons de plus en plus isolées, la qualité de l’air intérieur devient un enjeu aussi important que les économies d’énergie », explique Christophe Philipponneau, directeur du centre technologique de recherche Tipee (Technological and innovative platform for environnemental efficiency), installé dans le parc « bas carbone » de Lagord, pionnier en Europe.

 

Partenariat chercheurs-industriels

 

Cette « maison-test » sert aussi à éprouver les nouveaux matériaux de construction ou équipements domestiques, comme des fenêtres inclinables, divers types d’ailerons de climatiseur ou des protections solaires.
« Parfois l’innovation est imaginée par nos chercheurs et développée par un doctorant en partenariat avec un industriel, parfois c’est l’inverse. Tipee a été créée pour être cette interface, nécessaire à la rénovation urbaine de demain », poursuit Christophe Philipponneau.

Regroupant un pôle d’ingénierie et de recherche ainsi qu’un centre de formation pour les professionnels du bâtiment, Tipee, née à l’Université de La Rochelle, a contribué à seize innovations technologiques utilisées pour la première fois au Lab In’tech, halle militaire reconvertie en plateforme d’innovation.

 

Boucle d’énergie et hydrogène

 

La galerie du Lab In’tech est ainsi couverte d’un vitrage isolant qui se teinte en fonction de la luminosité pour réguler la chaleur à l’intérieur. Le toit est aussi habillé d’une membrane blanche qui réfléchit la lumière, réduisant à elle seule de 18% les besoins en climatisation, indique le directeur de Tipee.

Dans le même esprit, les plafonds ont été équipés d’un revêtement dont la blancheur et le pouvoir de réflexion permettent de réduire de 11% l’éclairage global du bâtiment. Enfin, les murs extérieurs sont isolés par un bardage à « double peau » et équipés de fenêtres triple vitrage qui réchauffent l’air intérieur.

Autant d’innovations qui démontrent « la capacité de construire autrement », selon Christophe Philipponneau. Le Lab In’tech a notamment prouvé qu’il est possible d’atteindre une performance énergétique de 25 kw/h d’équivalent pétrole (1 KWhEP équivalant à 2,58 kw/h) par mètre carré et par an dans des opérations de rénovation, soit deux fois moins que le seuil requis pour un bâtiment basse consommation (BBC).

 

Zone de démonstration du bâtiment de demain

 

La recherche et le développement ne constituent qu’une partie de l’activité du Lab In’tech. Tipee a aussi vocation à former les professionnels du bâtiment à ces nouveautés, l’école d’ingénieurs Cesi y formant les futurs techniciens tandis que la pépinière d’entreprises accueille des jeunes pousses spécialisées dans l’éco-construction.

Né d’un contrat de redynamisation de site de défense, le parc « bas carbone » Atlantech vise à terme à devenir une zone de démonstration sur les bâtiments de demain: « Cet ensemble va créer une boucle d’énergie. Nous serons tous consommateurs et producteurs d’une énergie qui sera soit utilisée par un bâtiment, soit par son voisin. Les entreprises vides le week-end fourniront de l’énergie pour les logements (prévus fin 2018). En semaine, ce sera l’inverse. Et l’excédent d’électricité sera transformé en hydrogène pour l’automobile », résume Christophe Philipponneau.

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