Réalisations

Dans le Nord, un abri de pierre pour le musée du verre

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles - Musées - galerie - Produits et matériaux

A Sars-Poteries, le MusVerre dessiné par l’architecte Raphaël Voinchet ouvre ses collections au public le 1er octobre.

On n’est pas franchement convaincu par son nom bizarroïde – MusVerre – et assez peu euphonique. On tique un peu sur le chiffre de 50 000 visiteurs escomptés chaque année pour ce musée implanté dans une bourgade de 1 500 âmes. On est en revanche davantage séduit par son architecture particulièrement raffinée, signée du toulousain Raphaël Voinchet (W-Architectures). Le site ? Un terrain de 2 hectares dans un paysage à la morphologie façonnée par l’homme, marquée par la présence de l’eau et de haies bocagères. « Comment s’y installer pour présenter une collection d’objets dont la matière même, le verre, entretient un rapport aussi singulier avec la lumière, interroge l’architecte. L’écueil premier à éviter était de proposer un bâtiment… tout en verre ! » Ce sera donc un édifice morcelé, « précis et pur », subtile alliance de béton et d’un peu de métal en structure, dont l’ensemble répond aux exigences parasismiques réglementaires. Le tout emballé dans 850 tonnes de pierre bleue du Hainaut, extraite à 30 km de là, formant une vêture massive sur les 2 500 m2 de développé de façade, et qui se retourne en toiture.

 

Symbiose avec le paysage

 

L’ensemble du musée s’installe donc dans la pente de la parcelle, en s’appuyant sur les directions héritées des alignements bocagers, sur 7 m de dénivelé entre route départementale et centre-bourg, en passant par un Atelier du verre (existant). Adossé à la limite arborée qui ferme le terrain à l’ouest, le bâtiment s’ouvre progressivement à l’est. Il prend la forme de cinq grands corps de bâtiment, cinq « digitations » selon les mots de l’architecte, reliées entre elles par une artère intérieure principale. Jouant avec le relief, le bâtiment présente une volumétrie fragmentée qui semble naître des pliures du terrain et ne s’autorise pas à dépasser les plus gros volumes bâtis du village. Lesdites digitations se déplient dans le paysage en ménageant des vues entre elles, manière de connecter bâtiment et territoire en une symbiose particulièrement réussie. Un caractère fragmenté qui traduit également la logique fonctionnelle et l’organisation interne du programme. L’entrée principale, depuis la route, est précédée d’un parvis minéral qui pourra accueillir des œuvres. Cette entrée définit le niveau général supérieur depuis lequel on accède à l’accueil, aux services pour le public puis aux espaces d’exposition et, enfin, aux ateliers pédagogiques et à l’administration. Une salle accessible depuis le parvis peut fonctionner de manière autonome. Au cœur du bâtiment prend place la grande salle d’exposition en double hauteur. Au niveau inférieur se tiennent les réserves. Une scénographie d’une grande sobriété préside à la mise en valeur d’une collection d’objets semi-industriels (verres, brocs, bocaux, flaconnages, etc.), issue des verreries de Sars-Poteries (2 000 pièces) ; de créations contemporaines en provenance du monde entier (750 œuvres) et des singuliers… « bousillés » : 800 pièces réalisées entre 1801 et 1937 par les artisans du lieu, pendant leur temps de pause. Des objets sans vocation commerciale aucune, « chefs-d’œuvre » modestes du quotidien, témoignages précieux du savoir-faire, de l’inventivité et de la technicité des verriers du temps jadis…

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Conseil général du Nord.

Maîtrise d’œuvre : W-Architectures (Raphaël Voinchet, mandataire) ; BET : Terrell (structure, fluides), AVR (VRD), Kaplan Projets (paysagiste), Nobatek (HQE), Métapraxis (muséographie), Wonderfulight (éclairage), Namixis (SSI), SCO (OPC), Qualiconsult (SPS).

Principales entreprises : EJL Nord (terrassement, VRD, espaces verts), Tommasini (fondations, gros œuvre, charpente métallique, étanchéité), Ch. Lefebvre (isolation, façade pierre, dallage), Eiffage Energie (éclairage).

Surface utile : 3 417 m².

Coût d’opération : 14,9 millions d’euros TTC.

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