Immobilier

« Dans l’avenir, il n’y aura plus d’immeubles tertiaires sans une réflexion préalable spécifique sur la végétalisation »

Mots clés : Démarche environnementale - Innovations

Alors que se tient à Nantes jusqu’au 13 septembre le Congrès mondial de la végétalisation du bâtiment (World  Green Infrastructure Congress), LeMoniteur.fr a interrogé Stéphane Carpier, Directeur technique Développement durable et innovation de Gecina. La foncière a fait depuis quelques années de la végétalisation un élément incontournable de ses projets immobiliers.

Qui est le premier prescripteur de végétalisation sur les projets de Gecina ?

 

Stéphane Carpier : Gecina s’est lancée dans la végétalisation depuis quelques années déjà. Et tous les cas de figure existent.

A Boulogne-Billancourt par exemple,  l’aménageur, la  SAEM Val de Seine Aménagement avait expressément requis des toitures végétalisées. On a  donc réalisé les premières toitures pour les immeubles Khapa (Foster+Partners, Ateliers 234)  et l’Angle (Jean-Paul Viguier) (2008-2009). L’aménageur voulait pour ces bâtiments une sorte de « cinquième façade ». Sur ces toitures, nous avons opté pour une végétalisation « extensive ».
Pour l’immeuble Anthos (Naud et Poux), le  végétal est entré dans la conception du bâtiment : la toiture se retourne en façade (mur pignon) et devient un mur végétalisé. La demande de l’aménageur est devenue une idée architecturale. Dans ce cas précis, Gecina a accompagné le projet, à l’époque le plus grand mur végétalisé d’Europe pour un immeuble de bureaux.

 

 

Mais il existe des cas où Gecina s’était vu confier la maîtrise d’ouvrage en direct : pour l’immeuble  Origami avenue de Friedland à Paris (Manuelle Gautrand), par exemple,  nous avons demandé une végétalisation pour la certification HQE.

De manière générale, la végétalisation est devenue un élément que l’on demande aux concepteurs d’intégrer sur tous les espaces libres. Et nous optons pour une végétalisation « intensive ».  D’ailleurs, un « Programme performantiel » pour les bâtiments de bureaux vient juste d’être terminé. Que ce soit en investissement, en  maîtrise d’ouvrage directe ou comme promoteur en VEFA, la végétalisation est pour Gecina un préalable que nous étudions systématiquement.

 

Pourquoi  cette solution ?

 

S.C : Aujourd’hui la technique de végétalisation est bien maîtrisée et les apports en termes d’amortissement des variations climatiques et de pérennité de la toiture sont indéniables. C’est une bonne solution constructive.
Ensuite, Gecina se soucie de biodiversité. Et la végétalisation est un élément vecteur de biodiversité. En tant qu’éco-acteur de la ville il nous semble important de participer. Dans cette optique, le rapport coût bénéfice nous paraît être une bonne solution.
Enfin, indéniablement, la végétalisation séduit. Même si l’on ne peut pas dire qu’un immeuble végétalisé se loue plus facilement, sa particularité représente selon nous pour ses occupants ce que nous appelons une « valeur immatérielle ».  Par exemple, des études anglo-saxonne ont fait une corrélation entre la productivité et le cadre de travail et notamment la vue sur les espaces extérieurs. Certaines études de R&D montrent ainsi un gain de quelques pourcents avec de la végétalisation.

Dans les prochaines années, on va d’ailleurs chercher à rendre le végétal encore plus « actif » en créant des jardins partagés en toiture ou des espaces de jardinage. Et plus largement,  je pense qu’il n’y aura plus dans l’avenir de construction d’immeubles tertiaires sans une réflexion préalable spécifique sur les éléments de végétalisation.

 

Qui est responsable ensuite de la partie végétalisation du bâtiment ?

 

S.C : Nous travaillons à la conception avec des écologues et des paysagistes. Après la gestion est de la responsabilité de tous : les responsables techniques de Gecina gèrent l’entreprise responsable de la végétalisation, les occupants s’assurent du bon état de la terrasse. Même dans le cas d’un immeuble de logements comme la Résidence Saint-Charles dans le 15e arrondissement de Paris, tout le monde est responsabilisé. Dans cet immeuble équipé d’un jardin intérieur (que nous allons d’ailleurs soumettre au label éco-jardin) , la végétalisation est devenue le sujet du gardien.

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