Paysage

Dane Mc Dowell à la recherche des fleurs de Marcel Proust

Mots clés : Information - communication - événementiel

Avec la présentation de son « herbier de Marcel Proust » publié le 18 octobre chez Flammarion, la journaliste et enseignante franco-américaine Dane Mc Dowell a fait salle comble, le 14 novembre à la librairie Jardins en Art, lieu de rencontre parisien entre jardiniers et écrivains.

Ses sourires espiègles démentent le strict costume noir sur chemise blanche : concentré dans un petit bout de femme, le contraste du chaud et du froid, du trac et de l’expansivité, a électrisé les amoureux des fleurs et de la littérature, invités par Jérôme Marcadé, directeur de la librairie et galerie « Jardins en Art », pour réchauffer, illuminer et parfumer un début de soirée glacé de novembre dans le quartier latin. Le défi semblait déraisonnable : comment résumer les 3000 pages  de la « Recherche du temps perdu » en quatre familles botaniques et en trois quart d’heures, questions réponses comprises ?

 

Faire catléya

 

De l’aubépine de l’innocence à l’herbe drue de la création qui finit par libérer le narrateur de sa souffrance, Dane Mc Dowell restitue, en une soixantaine de plantes et 240 pages, l’architecture de l’œuvre que certains ne connaissent qu’à travers l’expression « faire catléya »…  L’orchidée qui orne Odette de Crécy symbolise l’amour charnel en même temps que la désillusion de l’amant, Swan, face à cette femme qui « n’est pas son genre ». La restitution métaphorique remet au goût du jour les herbiers de la littérature qui se sont épanouis entre la Renaissance et le siècle des Lumières, comme le souligne dans sa préface l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon.

 

De la madeleine au bouquet

 

Pour présenter sa  démarche, Dane Mc Dowell ose un parallèle entre la madeleine qui a déclenché « La Recherche » et le bouquet qui a décidé de la sienne : « Un bouquet énorme, très proustien, avec des dahlias, des chrysanthèmes, des roses rouges, offert voici une quinzaine d’années à Ghislaine Bavoillot, directrice de collections chez Flammarion ». Bouleversée par ces fleurs, la journaliste d’origine normande, ancienne professeur de littérature comparée de l’université de Norman (Oklahoma), se replonge dans « La Recherche », jusqu’à partager sa relecture botanique en y associant les dessins de Djohr, l’illustratrice de Flammarion qui a travaillé sous le regard critique des experts du muséum national  d’histoire naturelle.

 

Du végétal au minéral

 

L’ex rédactrice en chef de Résidences Décoration poursuit ainsi une trajectoire qui la rapproche de l’univers végétal, quelques mois après son double hommage à Jean Mus : elle a consacré ses « jardins secrets de Méditerranée » à l’œuvre du paysagiste emblématique de la Côte-d’Azur, qui est venu saluer son hagiographe ce 14 novembre à Jardins en art. La Réédition de ce premier livre, chez Flammarion, a coïncidé, au printemps dernier, avec la publication par Ulmer de « Jean Mus, jardins méditerranéens contemporains ». L’auteure, qui a côtoyé le paysagiste à Saint-Paul de Vence où elle réside régulièrement, prévoit d’approfondir ses investigations dans un prochain ouvrage en cours de négociation avec Ulmer : de Jean Mus à l’architecte et designer Jean-Michel Wilmotte, Dane Mc Dowell ambitionne de croiser et d’entrelacer le végétal et le minéral.

 

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