Culture

Culture : les Folies de Tschumi vont s’emparer du territoire

Mots clés : Architecte - Manifestations culturelles

Largement inspirée des pavillons que l’architecte avait conçus pour le parc de la Villette, à Paris, une première Micro-Folie a été inaugurée à Sevran le 12 janvier. Un dispositif léger destiné à être dupliqué pour accueillir des structures culturelles de proximité.

Ce n’est assurément pas le plus gros chantier de ce début d’année, mais la Micro-Folie inaugurée le 12 janvier à Sevran (Seine-Saint-Denis) est peut-être une réponse aussi efficace que légère à la question de la décentralisation de la culture et de l’accès démocratique aux grands chefs-d’œuvre. Cette structure assez simple a en effet été imaginée par le président de l’établissement public de la Villette, à Paris, Didier Fusillier, dans le but non pas d’attirer le public dans les musées mais de rapprocher les musées du public. Son idée, soutenue par le ministère de la Culture, a dès lors consisté à imaginer une ambassade des grands établissements nationaux qui puisse s’implanter un peu partout sur le territoire et surtout dans des lieux dénués d’institutions, comme peut l’être une ville comme Sevran.

 

Pavillons rouges

 

Pour cela, Didier Fusillier s’est inspiré d’un élément emblématique de l’établissement qu’il préside : les Folies de la Villette. Ces fameux pavillons rouges avaient été conçus par l’architecte Bernard Tschumi, lauréat du concours lancé 1983 pour la création du grand parc parisien, et abritent des fonctions diverses. « Dès le départ, Bernard Tschumi avait d’ailleurs imaginé que les Folies puissent essaimer dans Paris », note Didier Fusillier qui raconte comment il est allé à la rencontre de l’architecte franco-suisse dans ses bureaux de New York pour discuter des conditions du nouveau projet. « D’emblée, Bernard Tschumi a estimé que les Micro-Folies ne devaient ni se déplacer ni permettre de stocker », raconte encore le président de la Villette. A alors émergé l’idée non pas d’un bâtiment mais d’équipements légers qui puissent être glissés dans des édifices existants, tels que centres d’art ou usines désaffectées. A Sevran, comme la commune ne disposait toutefois pas d’un tel bâtiment, la Villette a mis à sa disposition une grande tente qu’elle possédait et qu’elle pourrait lui céder ultérieurement.

 

 

Sous ce vaste abri, l’agence d’architectures h2o a installé trois modules qu’elle a conçus pour servir de support aux éléments du programme. Un espace ceint par un simple rideau argenté accueille ainsi le Musée numérique. Là, les images numérisées des collections de huit établissements (*) défilent sur un grand écran et les publics peuvent interagir via des tablettes pour en savoir davantage sur les œuvres. Le lieu est également doté d’une scène et d’un grill technique qui permettent l’organisation de spectacles. Un fab lab équipé d’imprimantes 3D et autres machines trouve, lui, sa place dans une sorte de serre, constituée d’une structure en bois et de panneaux de polycarbonate ondulé. Enfin, la Micro-Folie étant aussi destinée à susciter la rencontre et l’échange, elle est aménagée avec un mobilier en métal élémentaire servant à la fois à organiser la zone d’accueil à l’extérieur et le café associatif à l’intérieur. Et quand bien même Bernard Tschumi n’avait pas imposé le recours à sa couleur fétiche, le rouge, le module d’entrée qui sert aussi de signalétique pour le lieu affiche cette teinte reconnaissable entre toutes.

 

« Pas cher ! »

 

Ces Micro-Folies rutilantes sont maintenant vouées à se multiplier. Lors de l’inauguration, la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, précisait que ce « projet souple, absolument réplicable, sera proposé à d’autres collectivités ». L’équipement n’a pas été imaginé comme l’apanage des quartiers défavorisés comme peuvent l’être les Beaudottes, à Sevran, mais pourra être installé aussi bien dans les métropoles qu’en zone rurale et les prochaines Micro-Folies pourraient voir le jour rapidement à Avignon (Vaucluse) et Denain (Nord). Didier Fusillier rêve en tout cas d’un « grand réseau national et peut-être international ». Enfin, il ajoute, en matière d’argument massue, « tout cela ne coûte pas cher ! » Les trois prototypes réalisés pour la première Micro-Folie ont coûté 300 000 €. Grâce aux modes d’emploi élaborés lors de ce test par h2o (agence lauréate des Ajap 2007-2008), les prochaines installations pourraient même être plus abordables encore.

 

(*) Les établissements partenaires de la Micro-Folie sont le Château de Versailles, le Centre Pompidou, le Louvre, le musée national Picasso, le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, la Philharmonie de Paris, la RMN-Grand Palais et Universcience.

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