Transport et infrastructures

Crue centennale : comment le métro ne prendra pas l’eau

Sequana 2016, l’exercice de simulation à grande échelle d’une crue équivalente à la grande crue de 1910 est l’occasion pour la RATP de tester en temps réel et en grandeur nature son plan de protection contre le risque inondation (PPRI). Avec notamment l’édification autour de 5 sites parisiens, de protections destinées à protéger le réseau contre d’éventuelles infiltrations d’eau depuis la voie publique.

En 1910, année de la dernière grande crue centennale de la Seine, le réseau souterrain du Métropolitain, aujourd’hui géré par la RATP, était composé de 63 km de tunnels en exploitation et 20 km de tunnels en construction. 19 km de tunnels en exploitation et 7,5 km de tunnels en construction avaient été inondés. Le temps de remise en état du réseau avait été de 3 à 4 mois.

Aujourd’hui, la RATP estime que sans aucun dispositif de protection, si l’eau venait à pénétrer dans le réseau actuel de 322 km, 140 km de tunnels seraient potentiellement inondés.

Et les coûts engendrés seraient bien plus importants. «  »En 1910, les dégâts financiers ont été relativement limités, c’était en équivalent d’aujourd’hui, quelques dizaines de millions d’euros », explique Eric Dyevre, directeur de l’infrastructure de la ratp. « Aujourd’hui, si on ne faisait rien, on serait à peu près à 3 milliards d’euros. »

C’est pourquoi la RATP a décidé de profiter de l’exercice EU Sequana 2016, un exercice de gestion de crise de grande ampleur simulant une crue majeure en Ile-de-France pour tester en temps réel et en grandeur nature son plan de protection contre le risque inondation (PPRI). Un PPRI qu’elle a consigné dans un document règlementaire, officiellement reconnu et validé par le préfet de Région en janvier 2015.

 

Focus

L’exercice EU SEQUANA 2016

Jusqu’au 18 mars 2016, la préfecture de police organise un exercice de simulation de crue, baptisé EU Sequana 2016, en lien et avec le soutien de l’Union européenne dans sa préparation et son financement. Cet exercice simulera la montée des eaux de la Marne et de la Seine et leur débordement, entraînant des inondations.
L’objectif premier d’EU Sequana 2016 est de tester la coordination des acteurs de la gestion de crise. La chaîne de la prise de décision sera également testée dans son ensemble et des moyens seront déployés sur le terrain.
Tous les niveaux de prise de décision seront sollicités (dont l’Union européenne via son Mécanisme Européen de Protection Civile). Au total, près de 90 partenaires participent à l’exercice (collectivités, opérateurs majeurs, entreprises privée, services de secours…).

 

 

Le dispositif de protection de la RATP prévoit l’obturation d’une partie du réseau souterrain. Plus de 400 points d’entrée d’eau potentiels par la voirie ont été identifiés et font l’objet de mesures de protection temporaires (protections maçonnées ou de type batardeaux aluminium).

Les matériaux et matériels nécessaires à l’édification des ouvrages sont livrés phase par phase par 31 camions semi-remorques sur 7 zones de stockage temporaire en coordination avec les services de la Ville de Paris, les commissariats d’arrondissement et la Préfecture de Police. Ils sont ensuite rechargés sur des camions plateaux avec bras de grue pour être livrés sur les zones d’ouvrage.

Ce sont plus de 800 agents de maintenance de la RATP qui sont mobilisés pour édifier ces ouvrages de protection. La qualité et la rapidité du cloisonnement constituent des facteurs essentiels de réussite.

De plus, dans le cadre de Sequana 2016, la RATP a mis en place une salle de crise délocalisée rassemblant l’ensemble des acteurs internes concernés par le risque inondation (exploitation, maintenance…).

Enfin, depuis le 9 mars, la RATP a installé pour 5 jours sur 5 sites (stations de métro Invalides (lignes 8 et 13), Pont Marie et Sully Morland (Ligne 7), Bercy (Ligne 6 et 14) et à la Maison de la RATP) des édifications de protections (murs en parpaings, batardeaux aluminium, aquabarrières…) destinés à protéger le réseau contre d’éventuelles infiltrations d’eau depuis la voie publique.

jusqu’au 16 mars, la RATP organise une exposition « histoire d’eaux » sur la crue de la Seine en gare d’Auber (RER A) qui permettra aux franciliens de découvrir tous les aspects d’une crue centennale et de ses conséquences.

 

 

En savoir plus

Les conséquences d'une crue centennale en Ile-de-France

La région-capitale est fortement exposée au risque d’inondation majeure. Selon l’institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) Ile-de-France, si un tel événement survenait, 500 km2 de territoire se retrouveraient sous les eaux, et seraient impactés 435 000 logements, 830 000 personnes, 100 000 établissements et 750 000 emplois. Le montant d’un tel risque à Paris et dans sa région pourrait ainsi s’élever à 30 milliards d’euros et grèverait profondément le PIB de la France. (source : OCDE, 2014).

Lire notre article :

Simulation : si les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne étaient inondés…

 

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