Réalisations

Crise : le Rocher revient sur terre

La principauté de Monaco a décidé d’arrêter la consultation en cours sur son méga-projet d’extension en mer dont le coût était estimé entre 5 et 10 milliards d’euros. Raisons invoquées : la crise économique, mais aussi un manque de garantie sur la protection de l’environnement.

Le projet visait à construire un cap artificiel qui devait permettre à Monaco de gagner une dizaine d’hectares sur la mer. Les travaux devaient débuter début 2011.
« Dans les conditions actuelles, il ne serait pas responsable de lancer un projet de cette envergure », a affirmé le prince Albert, au cours d’un entretien avec l’AFP.
« La crise internationale nous oblige à demander plus de garanties de financement, plus de sécurité. Je veux par ailleurs m’assurer que les conséquences au niveau de l’environnement soient les plus minimes possibles », a déclaré Albert II, estimant que les garanties n’étaient pas actuellement réunies pour prendre une décision « responsable ».

Selon le Prince, « les projets présentés ne répondaient pas tout à fait à nos espérances, pas tout à fait à notre cahier des charges ». L’impératif écologique avait été intégré dans les projets des architectes – notamment en excluant ou en limitant de façon draconienne les remblais pour préserver la circulation des courants marins – mais pas de façon suffisamment convaincante.

Le prince Albert a souhaité qu’une nouvelle étude d’impact environnemental, beaucoup plus approfondie, soit menée avec « les meilleurs experts » du monde et il s’est réservé « la possibilité de lancer un nouveau projet, sous une autre forme et d’une autre taille » à une date encore indéterminée, en fonction des résultats de cette étude.

Une consultation mondiale
Lancées il y a un peu plus de deux ans, ces études avaient mobilisé les plus grands architectes du monde. Les deux finalistes qui devaient initialement être départagés d’ici février, étaient l’Américain Daniel Libeskind, intégré au groupement « Monte-Carlo Development Company » (qui compte l’italien Saipem et le français Bouygues au titre de constructeurs et le Monégasque Michel Pastor parmi ses actionnaires) et Daniel Libeskind, intégré au groupement « Monte-Carlo Sea Land » (qui associe également l’architecte Arata Isozaki, et les constructeurs néerlandais Van Oord-Dragados et belge Besix). Lors d’une conférence de presse, le chef du gouvernement monégasque Jean-Paul Proust a indiqué que le règlement du concours ne prévoyait pas d’indemnités pour les compétiteurs.

Pas de danger pour l’économie monégasque
Se voulant rassurant, Albert II a insisté sur le fait que l’arrêt de ce projet ne mettait pas en danger l’économie de la principauté où un tiers du budget est consacré au développement des infrastructures et des équipements. Parmi les chantiers en cours ou qui vont démarrer, il a mentionné le nouvel hôpital de Monaco, des chantiers dans les quartiers de l’Annonciade et de la Condamine, ainsi que le nouveau Yacht Club, dont Norman Foster est l’un des concepteurs.

Jean-Philippe Defawe (avec AFP)

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