Entreprises de BTP

Crise financière : « Un message est passé dans les banques » selon le médiateur du crédit

Lundi 1er décembre, Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a réuni 7 patrons de PME autour de René Ricol, le médiateur du crédit, afin de faire le point sur leur situation financière en cette période de crise du crédit.
René Ricol a tenu à souligner dans un premier temps que « le message est passé auprès des banques ».

« Ces dernières se remettent à faire leur métier, des comités de crédit se reconstituent, a-t-il souligné. Aujourd’hui, un refus de crédit par une agence bancaire est devenu un acte lourd, qui remonte automatiquement à la hiérarchie ». Le médiateur indique avoir reçu à ce jour 1.540 dossiers, sans pouvoir donner de chiffre précis sur les résultats obtenus auprès des banques, sur ces cas. Il a en outre souligné que, s’il était difficile aujourd’hui de pointer l’attitude de tel ou tel groupe bancaire, en revanche cette appréciation sera sans doute rendue publique dès lors qu’il disposera de davantage de dossiers.

Mise en concurrence
Côté entrepreneurs, si certains notent effectivement un mieux, il est surtout à chercher du côté d’Oseo, ou de la mise en concurrence des banques entre elles, qui permet parfois d’accélérer les choses. Brigitte Macherez, à la tête de la Soissonneuse des bois, Pme de 7 personnes spécialisée dans la fourniture de bois à la demande, avoue travailler « au jour le jour ». « Du fait de la baisse de notre activité, nous nous retrouvons avec 180.000 euros de stocks, qu’il faut financer. Nous avons une hausse de notre besoin de trésorerie, avec des découverts qui coûtent de plus en plus cher. » Aujourd’hui, pour faire face à baisse d’activité, Brigitte Macherez dit faire « attention à tout : papier, crayon… Nous passons aussi plus de temps à négocier avec nos fournisseurs ; nous nous tournons même vers des fournisseurs étrangers pour l’achat de matières premières. »

Des coupes dans les encours
Pour Hugues Thiriez, qui dirige une entreprise de miroiterie de 55 personnes à Villeneuve d’Asq, le problème majeur vient des assureurs-crédits : « Nous avons subi des coupes sombres dans les encours de l’ordre de 25%. En outre, la tarification annoncée sur 2009 est démentielle, en augmentation de près de 80% par rapport à l’année précédente ! »
Pascal Claverie, P-DG de l’entreprise Altea, qui fabrique notamment des filets de protection pour le bâtiment, envisage, lui, de souscrire une assurance-crédit pour se protéger contre les risques d’impayés de ses clients, dont la notation Coface ne cesse de se contracter. « Mon alternative est la suivante, indique-t-il : soit je fais du chiffre d’affaires avec mes clients qui ne sont plus couverts par l’assurance-crédit, et je prends le risque de me retrouver avec des impayés ; soit j’arrête de travailler avec ces clients «à risque», dont la côte est dégradée, et je perds environ 20% de mon chiffre d’affaires. »

Sur cette problématique, René Ricol a indiqué réfléchir aujourd’hui à la mise en place d’une méthodologie transparente sur l’établissement de ces notations. « Ces gens-là peuvent créer une double catastrophe, a-t-il souligné : d’abord en arrêtant l’encours crédit ; ensuite, en sortant une notation. Il faut qu’ils s’expliquent. »
Pendant ce temps, les entrepreneurs continuent de faire le dos rond, de limiter « tout ce qui n’est pas nécessaire au fonctionnement de l’entreprise, pour privilégier l’emploi », explique l’un d’eux. A savoir les déplacements, les frais de restauration, les gros investissements…
De nouvelles annonces devraient être faites dès jeudi prochain par Nicolas Sarkozy.

Axelle Saada

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