Paysage

Coup d’accélérateur sur les plans paysage

Mots clés : Aménagement paysager - Communication - marketing - Démarche environnementale - Gouvernement

Avec les 27 lauréats du troisième appel à projets, présentés le 11 juillet au séminaire annuel du « Club plan paysage », cette instance créée en 2013 compte désormais 77 membres. Chef du bureau du paysage et de la publicité qui le coordonne au ministère de la Transition écologique et solidaire, Juliette Faivre annonce une accélération de sa montée en puissance : jusqu’ici biennaux, les appels à projets se succéderont désormais à un rythme annuel.

« Les grandes agglomérations arrivent dans les plans paysage ; j’y vois un signe de reconnaissance pour cet outil ». Membre du Conseil général de l’environnement et du développement durable et ancien conseiller chargé du paysage auprès de Ségolène Royal, Jean-Pierre Thibault commente en ces termes la nouvelle promotion des lauréats de l’appel à projets. Présentes pour la première fois ce 11 juillet au séminaire annuel du club qui réunit ces collectivités, les agglomérations de Bordeaux, Dunkerque, Grenoble et Metz illustrent son commentaire.

 

Poids lourd métropolitain

 

Ces poids lourds urbains renforcent une couverture géographique représentative des territoires métropolitains et d’Outre-mer. Le ministère souligne également la diversité des structures qui portent les plans, depuis les communes isolées jusqu’aux syndicats mixtes de schémas de cohérence territoriale en passant par des parcs nationaux et régionaux. Le renforcement de ces derniers, avec six lauréats sur 27, marque une autre tendance forte du troisième appel à projets.

Entre parcs régionaux et métropoles, la région grenobloise synthétise les deux points forts qui se dégagent du renouvellement du club : « Entre le cœur dense et l’étalement urbain périphérique, nous avons une nouvelle cohabitation à inventer », souligne Sophie Galland, recrutée par Grenoble Alpes Métropole pour décliner le paysage dans les orientations d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) de cette collectivité. Accompagnée par un groupement de paysagistes (avec Verdance, Sites et Paysages, Claire Bonneton, Atelier Takt et Agnès Guigne), sa mission s’inscrit dans un calendrier serré : née en 2015, la métropole de 49 communes, au lieu de 28 pour l’ancienne agglomération, espère approuver son PLUI en 2019.

 

Maîtriser la périurbanisation

 

Le Club plans paysage lui donne l’occasion de jeter les bases d’une coordination avec son homologue du parc naturel régional de la Chartreuse : la nouvelle charte en gestation fédèrera 77 communes, au lieu de 60, dont 11 appartiennent également à la métropole grenobloise. « La maîtrise de la périurbanisation nous a conduits à porter le plan paysage : l’un de nos zooms thématiques se focalisera sur la relation parc/agglo », souligne Laure Belmont, responsable de la mission biodiversité, aménagement et paysage au parc naturel régional de la Chartreuse.

 

Renforcer les sites protégés

 

Maître mot du club, la mutualisation trouve une autre application dans la révision en cours des 7000 sites protégés par  l’Etat au titre de la loi de 1930. Plusieurs d’entre eux figurent parmi les porteurs des plans lauréats du dernier appel à projets. « Le travail du parc naturel régional du Golfe du Morbihan sur les boisements nous aidera à redessiner sur le long terme le périmètre classé », se réjouit Coralie Moulin, qui gère ce dossier à la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Bretagne. « Le plan vise à anticiper les changements apportés aux boisements par le changement climatique et l’érosion du littoral », précise Morgane Dallic, responsable du pôle Patrimoine et valorisation du territoire du parc.

 

Le pari du consensus

 

Le besoin de mutualisation ne s’arrête pas aux enjeux climatiques, comme en témoigne Thierry Bernard, vice-président chargé du PLUI dans la communauté de communes de Brenne Val-de-Creuse, identifié comme territoire pilote dans le plan paysage du parc naturel régional de la Brenne : « Bien des agriculteurs ressentent le plan comme une nouvelle contrainte et s’empressent de détruire les haies avant que la règlementation ne l’interdise », remarque cet élu local. Le constat  donne la mesure du défi posé à l’Etat et aux collectivités, engagés conjointement dans le même pari : susciter l’adhésion du plus grand nombre, en s’appuyant sur la capacité du paysage à transcender les conflits pour dégager des objectifs consensuels.

 

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