Aménagement

Côte d’Azur : le casse-tête des transports en débat

Saturation du réseau routier, circulation entravée, fuite des entreprises, des salariés, des touristes : pour éviter, dans les années à venir, un tel scénario catastrophe, la Côte d’Azur tente d’imaginer de nouvelles solutions de déplacement sur son territoire.

Les quatre mois de débat public sur le contournement routier de Nice, qui viennent de s’achever, ont donné la mesure du casse-tête des transports dans les Alpes-Maritimes.
Coincée entre mer et montagne, l’étroite bande côtière de Cannes à Menton, qui ne représente qu’un quart du département, concentre la quasi-totalité de son million d’habitants, de ses emplois et des quelque dix millions de visiteurs qui rallient chaque année la deuxième destination touristique française.
La rareté du foncier et des logements amène plus de la moitié des actifs du département à habiter dans une autre commune que celle où ils travaillent, ce qui fait des Azuréens, au quotidien, les habitants les plus mobiles de l’Hexagone.
Dans ce contexte, décrit par la Directive territoriale d’aménagement (DTA), un document d’aménagement du territoire établi par l’Etat et les collectivités, les transports en commun ne représentent, dans les Alpes-Maritimes, que 9% des déplacements mécanisés.

Majoritaire, le transport routier se structure autour de l’autoroute A8 reliant Cannes à la frontière italienne où se mêlent trafic local, touristique, poids lourds à trajectoire internationale. Multipliés par six en cinq ans, les encombrements sur l’A8, autoroute la plus utilisée de France entre Antibes et Nice, s’accompagnent d’un taux d’accident 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale.
Sans évolution drastique de la politique de transport, l’avenir des Alpes-Maritimes a de quoi donner des sueurs froides aux habitants, élus et entrepreneurs du département lorsqu’il est ainsi résumé par la DTA : « Réduction de l’attrait exercé par la Côte d’Azur », « baisse des activités liées au tourisme », « aggravation des difficultés à se loger, à se déplacer », « entreprises dissuadées de s’implanter et de s’agrandir ».

Face à l’ampleur du défi, le débat sur le contournement routier de Nice s’est transformé en vaste forum sur l’avenir du département.
« Nous sommes allés au-delà des problématiques de voirie, de routes, pour plancher sur l’aménagement du territoire dans sa globalité, domaine dans lequel les erreurs à rattraper sont énormes », constate Louis Nègre (UMP), vice-président du conseil général des Alpes-Maritimes.
« Fait rarissime » dans l’histoire des grands débats d’infrastructure sur la Côte d’Azur, un consensus a commencé d’émerger entre les différents acteurs sur la nécessité de mettre en place une véritable politique des transports collectifs et non polluants dans le département, en lieu et place du « tout autoroutier », s’enthousiasme l’élu.

Dans ce contexte, c’est le projet d’un contournement routier de Nice « à minima » couplé à la mise en place d’investissements lourds sur le réseau ferroviaire, celui des transports en commun en site propre, et en matière de multimodalité, qui rassemble désormais les suffrages d’une majorité d’élus de gauche comme de droite.
Un « changement de culture » tardif dont se félicite Gérard Piel, vice-président PCF du conseil régional PACA en charge des transports : « Ces investissements sont déjà listés, ils sont réalisables rapidement, le scénario catastrophe n’est pas inéluctable ».
Sophie MAKRIS (AFP)

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