Energie

Corse : la centrale photovoltaïque d’Alata à la pointe de la technologie

Mots clés : Energie renouvelable - Entreprise du BTP

Cofely Ineo et Corsica Sole ont inauguré le 9 octobre une nouvelle centrale photovoltaïque à Alata (Corse-du-Sud). Ce site présente la particularité d’intégrer un système de stockage perfectionné. Un modèle qui va se généraliser sur les îles françaises.

La haute technologie se cache parfois dans les replis des cartes. Dans la commune d’Alata, à une dizaine de kilomètres d’Ajaccio (Corse-du-Sud), elle s’est nichée entre deux collines couvertes de végétation rase. C’est dans ce lieu peuplé de troupeaux de moutons que les cadres de Cofely Ineo ont inauguré le 9 octobre une centrale de panneaux photovoltaïques associée à un système sophistiqué de batteries. L’entreprise, filiale du groupe Engie, a assuré la maitrise d’œuvre du chantier pour le compte de l’exploitant local Corsica Sole. Elle se chargera également de la maintenance des infrastructures. Le site de 10 ha possède une puissance de 4,4 MWc et produira 6 600 MWh par an, soit la consommation d’environ 1 000 foyers. Le buget de l’opération se monte à 15 millions d’euros.

Cet ouvrage illustre l’orientation choisie par les pouvoirs publics pour la production d’énergie électrique solaire. L’Etat contrôle la construction de parc photovoltaïque d’une puissance supérieure à 100 kWc par l’intermédiaire d’appels d’offres nationaux. Les concepteurs de tout le pays doivent soumettre des projets obéissant à un strict cahier des charges. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) sélectionne ensuite les candidatures les plus pertinentes.

 

Les batteries obligatoires dans les îles

 

Le site d’Alata émane ainsi d’un appel d’offres de juillet 2011 pour la création d’« installations avec stockage en zones non interconnectées (ZNI) », une appellation qui regroupe la Corse et les départements d’outre-mer. Ces régions sont autonomes de la métropole pour leur production d’électricité. Cette dernière provient en général de centrales thermiques alimentées par de coûteux combustibles fossiles. La construction de générateurs éoliens ou solaires relève donc d’un besoin économique et environnemental plus impérieux que dans l’Hexagone.

Cependant, le caractère intermittent de ces énergies renouvelables (EnR) complique l’administration du réseau. En effet, sur un réseau électrique, les énergies produites et consommées doivent être égales sous peine de coupure. Les sautes liées aux conditions climatiques peuvent menacer cet équilibre. Un décret du 23 avril 2008 a donc statué que la somme des puissances injectées par des installations éoliennes ou photovoltaïques atteint 30% de la puissance totale transitant sur le réseau corse, EDF peut déconnecter les sites qui pourraient entrainer un dépassement de ce plafond. Selon le gestionnaire, cette situation se répète de plus en plus souvent.

 

Lisser et écrêter la production

 

Les autorités ont donc exigé depuis 2011 l’ajout des dispositifs de stockage entre les centrales solaires et le réseau dans les ZNI. Avec ce matériel, la CRE impose une prévision de la production un jour à l’avance à la minute près. Si la puissance est dépassée de 2,5%, le gestionnaire du parc écope d’une amende.

Le parc d’Alata compte six conteneurs de batteries conçus par la Société de construction de lignes électriques et de systèmes pour le ferroviaire et l’énergie (SCLE SFE), une filiale de Cofely Ineo. Chacun contient des centaines de cellules fabriquées par le groupe coréen LG Chem. L’ensemble est capable de recevoir une puissance de maximale de 2,4 MW, et d’emmagasiner 4,32 MWh d’électricité. Un logiciel pointu Profil’ER pilote les équipements et calcule les estimations en fonction des prévisions météo. « Notre siège de Toulouse nous a servi de pilote pour le développement de ce programme informatique », précise Jean-François Revel, gérant de l’entreprise.

Ces conteneurs jouent un rôle de tampon. La courbe de production d’un panneau photovoltaïque ressemble à une cloche, dont le maximum est atteint vers 14 h. Le stockage va écrêter cette courbe pour qu’elle forme non pas une cloche, mais un plateau. La puissance injectée dans le réseau restera constante entre le milieu de matinée et la fin d’après-midi. Les batteries stockeront le surplus au moment du zénith, puis le libéreront progressivement quand le soleil entamera sa descente. En cas de perturbation l’ensoleillement, lors du passage d’un nuage par exemple, le système enverra de l’énergie pour compenser cette baisse éphémère de puissance et conserver une production régulière. On parle alors du lissage de la courbe.

« Nous remplissons ainsi le cahier des charges de la CRE pour un tarif de 35 cents du kilowattheure, indique Michael Coudyser, le directeur général de Corsica Sole. Le prix moyen en Corse s’élève à 28 cents. Nous espérons proposer un coût inférieur à ce chiffre lors d’un prochain appel d’offres. » Ce serait une première dans l’histoire de l’électricité française.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X