Energie

COP 21 : avec l’Alliance mondiale, le bâtiment montre l’exemple

Mots clés : Energie renouvelable - Etat et collectivités locales - Matériel - Equipement de chantier - Urbanisme - aménagement urbain

À l’occasion du Building Day, jeudi 3 décembre, 18 pays et plus d’une soixantaine d’organisations (collectivités locales, entreprises, ONG, institutions financières) ont lancé l’Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction. Ils s’engagent à réduire la demande énergétique, responsabiliser la chaîne de valeur du secteur, développer la production d’énergies renouvelables à l’échelle des quartiers, intégrer ces enjeux dès les phases de conception du bâti et de planification urbaine, et inciter les institutions financières à investir sur ces marchés.

18 pays (1) et plus d’une soixantaine d’organisations (collectivités locales, entreprises, ONG, institutions financières) ont lancé ce jeudi 3 décembre 2015, à l’occasion du Building Day de la COP 21, l’Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction, dans le cadre de l’Agenda des solutions Paris-Lima. L’objectif : accélérer les initiatives « bas carbone » de ce secteur qui, pesant pour un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre, présente un « énorme potentiel de réduction » (de l’ordre de 3,2 Gt de CO2), et concourir ainsi à une plus grande résilience des villes face au changement climatique.

Les membres de l’Alliance s’engagent donc à réduire la demande énergétique, responsabiliser la chaîne de valeur du secteur, développer la production d’énergies renouvelables à l’échelle des quartiers, intégrer ces enjeux dès les phases de conception du bâti et de planification urbaine, et pour finir, inciter les institutions financières à investir sur ces marchés.

 

220 milliards d’euros d’investissement nécessaires

 

En la matière, ils chiffrent à « 220 milliards de dollars » l’investissement supplémentaire nécessaire à la « transformation » du secteur d’ici à 2050, ce qui suppose une augmentation annuelle « de l’ordre de 50% des investissements réalisés en 2014 en faveur de l’efficacité énergétique des bâtiments ». Un montant à relativiser toutefois, puisqu’il représente « moins de 4% de l’investissement annuel mondial » injecté dans l’activité de construction (8,5 milliards d’euros).

« Tout le monde s’accorde à dire ‘nous devons construire des bâtiments plus verts’. Alors pourquoi n’accélérons-nous pas le rythme ? […] L’argent existe, il est disponible, à nous de créer les conditions nécessaires pour qu’il soit utilisé là où il doit l’être », défend ainsi Sandrine Dixson-Declève, directrice du Prince of Wales’s Corporate Leaders Group (2), lors d’une conférence organisée par le PNUE sur le site de la Galerie des solutions, ce même jour, au cours de laquelle des représentants de plusieurs délégations internationales sont venus plaider davantage d’investissement financier en faveur du « bâtiment bas carbone ».

 

Un rythme de construction sans précédent dans les pays émergents

 

C’est notamment le cas de Zhen Chen, secrétaire général de China exploration and design association, qui défend la prise en compte du retour sur investissement dès la phase de conception architecturale. « En Chine, les financiers s’interrogent sur la rentabilité des immeubles ‘verts' », rapporte-t-il, alors que le pays « va avoir besoin de construire beaucoup de bâtiments dans les années à venir » compte tenu de son développement. Pour les convaincre d’investir et éviter que ne sorte de terre un parc immobilier énergivore et émetteur de gaz à effet de serre, 52 cabinets d’architectes chinois se sont donc regroupés afin d' »encourager la conception des bâtiments bas carbone », « avec le soutien du gouvernement ».

« Au cours des deux prochaines décennies, la Chine va construire autant que toute l’Amérique latine au fil de son histoire, l’Inde va doubler son secteur résidentiel, et le Brésil va l’augmenter de 20% par an pendant quinze ans. La technologie, le savoir-faire, ce n’est pas le problème », ajoute à ses côtés Marcene Broadwater, directrice du département Stratégie climat et entreprises de l’International finance corporation, pour qui l’un des chantiers prioritaires est de « démontrer aux financiers que c’est bénéfique d’investir dans le secteur ». « Un bâtiment bas carbone, c’est aussi moins d’énergie à payer pour les usagers », alors que « dans certains pays, les habitants consacrent jusqu’à 20 % de leurs ressources à leur facture énergétique ».

C’est aussi le discours que porte Matt Golden, consultant au cabinet Investor confidence project, même s’il concède qu’il « reste encore beaucoup d’obstacles à lever pour que les marchés de capitaux comprennent ce qu’est l’efficacité énergétique, et y voient un intérêt ». Conscient de « l’urgence » qu’il y a à « créer cette confiance », le cabinet ICP a élaboré une méthode de certification des investissements en faveur de l’efficacité énergétique, laquelle accrédite que la rentabilité est au rendez-vous « quand on regarde tout le cycle de vie du bâtiment ».

Focus

Les engagements du Plan Bâtiment durable au nom de la filière française

La veille du lancement de l’Alliance globale, le Plan Bâtiment durable et France GBC (membre du WGBC) ont présenté les engagements de la filière française du bâtiment. Outre les objectifs inscrits dans la loi de transition énergétique, ils s’engagent notamment à « favoriser la conception de bâtiments en adéquation avec les besoins du territoire et des habitants [et] encourager la réflexion, l’innovation, la R & D en faveur du bâtiment responsable et de la ville durable ». Figurent également au rang de leurs engagements : « encourager la recherche de signes de qualité, labels volontaires, réglementaires ou certification, de reconnaissance des ambitions énergétiques et environnementales des ouvrages », « viser l’exemplarité énergétique des constructions publiques de l’État et des collectivités locales », « intégrer dans la future réglementation des indicateurs en cycle de vie dont celui sur le ‘poids carbone' », « viser, d’ici 2050, à une prise en compte croissante de nouveaux indicateurs de la qualité des futures constructions comme par les éléments relatifs à la biodiversité, la santé, la qualité de l’air, etc. » ou encore « favoriser la rénovation énergétique des logements au moment des mutations » et « développer le marché de la rénovation énergétique des logements en copropriété ».

(1) L’Allemagne, l’Autriche, le Brésil, le Cameroun, les Émirats arabes unis, les États-Unis, l’Indonésie, le Japon, la France, la Finlande, la Norvège, le Maroc, le Mexique, le Sénégal, Singapour, la Suède, la Tunisie et l’Ukraine.

(2) Groupement d’entreprises européennes défendant la mise en œuvre de politiques de lutte contre le changement climatique, sous le patronage du Prince de Galles.

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