Droit Social

Contrat de génération : adopté par les députés mais pas encore par le BTP

Mots clés : Monde du Travail

L’Assemblée nationale a adopté, le 23 janvier, le projet de loi sur le contrat de génération. Les entreprises de moins de 300 salariés qui embauchent un jeune et maintiennent dans l’emploi un senior pourront sous certaines conditions, bénéficier d’une aide.

Première étape de franchie pour le contrat de génération. Les députés ont adopté, le 23 janvier, le projet de loi portant création de ce nouveau dispositif.  Les entreprises de moins de 300 salariés pourront bénéficier d’une aide en cas d’embauche d’un jeune de moins de 26 ans (ou de moins de 30 ans s’il s’agit d’un travailleur handicapé) en CDI et de maintien dans l’emploi d’un senior de 57 ans (ou d’au moins 55 ans s’il est travailleur handicapé), ou d’au moins 55 ans au moment de son recrutement.

 

S’engager sur l’insertion durable des jeunes


Pour bénéficier de l’aide, les entreprises de 50 à 299 salariés devront toutefois être couvertes par un accord d’entreprise (ou de groupe) ou, à défaut, un plan d’action, ou encore par un accord de branche. Ce texte devra comporter des engagements en faveur de l’insertion durable des jeunes, de l’emploi des salariés âgés et de la transmission des savoirs et des compétences. Pas de coup de pouce financier, en revanche, pour les entreprises employant au moins 300 salariés, qui seront pour autant tenues d’être couvertes par un accord collectif du même type. Sous peine de s’exposer au paiement d’une pénalité financière.

L’aide, accordée pour trois ans, devrait s’élever à 4000 euros par an : 2000 euros pour l’embauche d’un jeune et 2000 euros pour le maintien dans l’emploi d’un salarié âgé. Soit un total de 12 000 euros.

Nathalie Turon-Lagau, DRH de l’entreprise de gros œuvre Hervé (285 salariés), n’est guère convaincue par ce nouveau dispositif. «Nous ne demanderons pas d’aide : son montant n’est pas à la hauteur de la contrainte : négocier un nouvel accord alors que notre accord sur les seniors prévoit déjà des dispositions sur le tutorat et le transfert des compétences. »

 

Renouveler la main d’œuvre dans le BTP

 

Pour Fabrice Marion, secrétaire national à la FNCB-CFDT, les enjeux dépassent  la problématique des aides financières. «Le BTP est en plein renouvellement générationnel, avec une main d’œuvre vieillissante. Si les entreprises ne remplacent pas leurs salariés les plus expérimentés, elles vont perdre des compétences et des moyens humains. » Ce dispositif permet en outre, aux yeux de Fabrice Marion, de remettre sur la table le sujet de l’emploi des seniors, avec un autre angle d’attaque : le lien avec l’embauche d’un jeune. « Or les jeunes sont touchés par un taux de chômage qui dépasse les 20 %, et les salariés âgés du secteur ont du mal à terminer leur carrière. Nous parions beaucoup sur le tutorat : il y a encore fort à faire pour permettre aux jeunes de réussir leur entrée dans la profession. »

Le Sénat devrait, à son tour, se pencher sur le texte courant février.

 

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