Commande publique

Constructions publiques : le plan de la Miqcp pour traverser la crise de la quarantaine

Mots clés : Architecture - Bâtiment d’habitation individuel - Conception - Conservation du patrimoine - Etat et collectivités locales - Gestion et opérations immobilières - Gouvernement - Urbanisme - aménagement urbain

Le ministère de la Culture compte donner un coup de neuf au décret qui a créé, il y a 40 ans, la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (Miqcp). En plus d’intervenir sur l’architecture des bâtiments et des ouvrages des collectivités, son rôle pourrait s’étendre aux lotissements, aux projets urbains, au patrimoine et au logement.

Dépoussiérage en vue ? Le cadre d’intervention de la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (Miqcp) va être actualisé, a annoncé Agnès Vince, directrice chargée de l’architecture au ministère de la Culture, à l’occasion des 40 ans de l’institution à la Cité de l’architecture et du patrimoine. Et pour cause : le décret du 20 octobre 1977 créant la Miqcp n’a pas été retouché depuis quarante ans. « Il est nécessaire de le mettre à jour pour supprimer les dispositions obsolètes et y introduire des nouveautés », explique Christian Romon, son secrétaire général. Par exemple, initialement chargée de favoriser l’amélioration de la qualité de l’architecture des bâtiments édifiés pour le compte des collectivités publiques (art 1er du décret), la Miqcp s’est aussi progressivement intéressée aux ouvrages de génie civil. Si l’institution est intervenue au-delà de son champ, elle n’a en parallèle pas rempli toutes les missions confiées par le décret, comme celle notamment d’inciter, de suivre et d’aider la réalisation de programmes expérimentaux menés par le ministère.

« Son président va lui donner un nouveau souffle », a signalé Agnès Vince. Roland Peylet a, en effet, remis aux services de la ministre de la Culture des propositions d’évolutions. « Il faut une évolution sous l’impulsion du ministère de la Culture par une refonte du décret , a déclaré son nouveau président arrivé en mai. La Miqcp se tient prête à répondre aux sollicitations à ce sujet ». Selon Agnès Vince, le périmètre d’intervention de la Mission pourrait s’étendre aux lotissements, aux projets urbains, au patrimoine et au logement.

 

Accompagnement et conseils  

 

Actuellement, la Miqcp offre un bouquet de services : conseils aux collectivités pour le montage de leur projet, mise à disposition d’architectes consultants pour les assister dans les jurys de concours, publication de guides et d’outils pratiques, veille sur les modèles économiques dans la construction, accompagnement aux mutations professionnelles, etc. D’ailleurs, Nicole Roux-Loupiac, architecte et ancienne directrice de l’Ensa de Toulouse, a rappelé le travail des architectes consultants envoyés, à la demande de maîtres d’ouvrages, sur des jurys de concours. « Ils diffusent une méthodologie, veillent à ce que les conditions de la création et de la qualité architecturale existent, évaluent rapidement les dossiers de candidatures, révèlent de jeunes équipes de concepteurs, expliquent les plans de coupe, etc. »

 

Le retour des relais en région ?

 

Pourtant cette aide n’est pas suffisante et certains regrettent même que la Miqcp ne soit pas connue de tous. « Il y a une régression de l’ingénierie publique dans les collectivités locales », pointe Christine Edeikins, architecte aux Ateliers 2/3/4/ et architecte-conseil de l’Etat. Elle fait référence à la disparition progressive des relais territoriaux de la Miqcp. Fins connaisseurs de la loi MOP de 1985, de la loi sur l’architecture de 1977 et des métiers, ces relais apportaient leurs expertises aux maîtres d’ouvrage, aux élus et aux maîtres d’œuvre. « Cette ingénierie peine à exister dans les intercommunalités et les maîtres d’ouvrages occasionnels ne l’ont pas en interne, constate la praticienne. Il y a une déqualification phénoménale qui impacte les programmes, les procédures et les jurys de concours ». Christine Edeikins souhaite le retour en région des relais de la Miqcp, qui selon elle sont « essentiels pour développer une nouvelle offre de services aux collectivités afin qu’elles gardent la main sur leur territoire. Aujourd’hui, les sirènes de la promotion immobilière privée – qu’elle soit indépendante ou intégrée aux majors du BTP – chantent aux oreilles des collectivités. Ces dernières confient la fabrication de l’espace public à des personnes dont ce n’est ni le métier, ni la compétence », lâche l’architecte.

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