Economie

Construction : l’éphémère reprise ?

Mots clés : Défaillance d'entreprise

L’assureur-crédit Coface a analysé au travers du chiffre des défaillances d’entreprises, les tenants et les aboutissants de la reprise que connaît le secteur de la construction depuis fin 2015. Si la croissance devrait se confirmer en 2017, une remontée progressive des taux d’intérêts fait peser une menace sur 2018 prévient Coface.

Depuis le point bas de 2014, les signes de reprise se multiplient dans le secteur de la construction. Premier constat : les défaillances d’entreprise sont en baisse : après une augmentation de 4,2 % en moyenne par an entre 2008 et 2014 (137.520 entreprises du secteur ont fait défaut, soit environ le tiers des 415000 défaillances françaises), la tendance s’est inversée significativement en 2016 avec une baisse des défaillances de 6,8 %, notamment pour l’artisanat.

 

 

Mieux, selon les projections de l’assureur-crédit Coface, les défaillances d’entreprises dans la construction continueront de baisser d’ici la fin de l’année (-7,7 % en moyenne en 2017).

Deuxième constat de Coface, la reprise de l’activité a eu pour effet une augmentation des taux d’utilisation des capacités de production dans le secteur : 86,1 % en moyenne en 2016 contre 84,3 % en 2015 (mais loin des 92,5 % en moyenne entre 2001 et 2008).

Enfin, les permis de construire et les mises en chantier ne cessent de progresser.

La situation s’est donc légèrement améliorée, assurant 6,8 mois de travail aux acteurs de la construction en moyenne.

Ces bonnes dynamiques ont donc conduit Coface à améliorer l’évaluation de risque de crédit du secteur de la construction en mars 2017 en risque « moyen ».

 

Fragile

 

« Moyen » et pas « faible ». Car, pointe Coface, cette reprise est fragile.

Tout d’abord, certains indicateurs restent dans le rouge : le secteur continue de détruire des emplois (comme chaque année depuis 2008). En 2016, 10800 emplois ont ainsi été supprimés. Par ailleurs, les créations d’entreprises dans le secteur ont continué de reculer en 2015 (-16,6 %) et en 2016 (-3,5 %) selon l’Insee, alors qu’en moyenne, la création d’une entreprise du secteur crée 2,7 emplois.

Ensuite, le secteur a profité de la demande croissante des ménages pour des logements neufs. Une demande boostée par des dispositifs d’incitation (Pinel, PTZ) et des taux d’intérêt historiquement bas. Cette baisse a généré un « effet richesse » qui a fait progresser, depuis 2012, la surface achetable par un ménage moyen de 54 m2 selon Coface à 79m2 au premier trimestre 2017.

Hors, la remontée des taux, qui s’est enclenchée depuis le début de l’année, pourrait à terme contraindre les perspectives d’achat des ménages si elle se poursuit. Alors que la hausse des prix des logements neufs semble devoir se confirmer, la capacité d’achat des ménages commencerait alors à se réduire, de 9 m2 dans le neuf dès cette année, de 18 m2 d’ici 2018.

Pire, une précipitation des acheteurs à profiter des taux encore bas pourrait entraîner une hausse des prix de 5,5% dans le neuf et un taux moyen poussé à 3,6% qui affecteraient la croissance de la demande de biens de la part des particuliers, ce qui relancerait une dynamique haussière des défaillances dans le secteur.

La reprise actuelle pourrait bien n’être qu’éphémère avertit Coface.

 

 

 

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