Logement

Congrès HLM : Les bailleurs sociaux choqués par le budget 2018 qui « détruit » le logement social

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Etat et collectivités locales - Finances publiques - Logement social

Avec de sévères économies sur le budget du logement, principalement tirées d’une ponction sur les ressources des bailleurs sociaux, le projet de loi de finances pour 2018 a fait l’effet d’une douche froide au congrès des organismes HLM.

Détaillé mercredi 27 septembre en Conseil des ministres, le projet de Loi de Finances pour 2018 prévoit un budget « logement » en baisse de 18% en deux ans et des aides personnelles au logement (APL) qui fondent de 1,7 milliard d’euros dès l’an prochain. Ainsi le ministère de la Cohésion des territoires verra-t-il son budget tomber de 18,3 milliards d’euros à 16,5 milliards l’an prochain puis 15 milliards en 2019.

En ligne de mire, les APL qui représentent 18 milliards d’euros, une « charge lourde » pour l’Etat, sans que soient atteints, affirme Bercy, « les objectifs d’amélioration des conditions de logement ». Engagée sur deux ans, leur réforme porte d’abord, dit Bercy, sur le secteur social qui loge environ dix millions de personnes en France: la dépense publique y diminuera de 1,7 milliard d’euros en 2018. Cette baisse provient, pour 1,5 milliard, d’une baisse de loyers imposée aux bailleurs sociaux, censée rendre « indolore » pour les locataires HLM la réduction de leur APL pour un montant global équivalent. En outre, les loyers du parc social seront gelés en 2018, grevant encore les ressources des organismes.

« Notre pronostic vital est engagé », a réagi auprès de l’AFP Alain Cacheux, président de la fédération des Offices publics de l’habitat (OPH) qui regroupe 264 organismes gérant un parc de 2,4 millions de logements. « C’est totalement injuste: on fait payer au secteur HLM des dérives en matière de loyers qui sont celles du secteur privé, alors que nos loyers sont encadrés », s’est-il ému.

Le mouvement HLM, réuni en congrès à Strasbourg jusqu’à jeudi, y voit la volonté de « détruire son modèle économique et social ».

« Un Français sur deux vit ou a vécu en HLM: le gouvernement va nous rendre incapables de leur apporter cette stabilité au moment où la précarité, le chômage, les bas salaires augmentent », a déclaré Marianne Louis, secrétaire générale de l’USH (Union sociale de l’habitat, 723 bailleurs).

« On s’attaque aux deux outils de la solidarité nationale envers les plus fragiles: l’APL et le logement social », a estimé Christophe Robert, porte-parole de la fondation Abbé Pierre.

Le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires Julien Denormandie doit s’exprimer jeudi lors d’une clôture du congrès qui s’annonce tendue.

 

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