Energie

Congrès du Bâtiment Durable 2016 à Marseille : un partage d’expériences apprécié d’Emmanuelle Cosse

Mots clés : Démarche environnementale - ERP sans hébergement - Gouvernement

Le Congrès national du bâtiment durable, 5ème édition des Universités d’été du réseau inter-clusters animé par le Plan Bâtiment Durable a pris ses quartiers pendant trois jours à Marseille. La venue d’Emmanuelle Cosse, en ouverture de la manifestation, montre tout l’intérêt que la ministre porte à la démarche collaborative, de partage et d’échanges au cœur même de cette manifestation.

Elle avait promis au Plan Bâtiment Durable d’ouvrir le 5ème congrès national du bâtiment durable qui se tient cette année à Marseille du 14 au 16 septembre. La ministre Emmanuelle Cosse a tenu parole. Et cette visite le 14 septembre, la première d’un ministre du Logement à cette manifestation, est sans nul doute une marque de reconnaissance pour les travaux menés tant au niveau régional notamment à travers les clusters et les Plans Bâtiment Régionaux qu’au niveau national pour faire avancer l’éco-construction et la rénovation énergétique. Les quelque 500 participants ont apprécié.

Organisé par le pôle EnvirobatBDM, dédié aux bâtiments durables méditerranéens, ce congrès accueille également pour la première fois les rencontres du réseau Bati Environnement Espace Pro (BEEP) de l’Ademe. Des conférences, des débats, des ateliers collaboratifs, des visites de chantiers « green » de la Métropole Aix-Marseille Provence sont inscrits au programme autour du thème « Vivre avec les climats : de la canicule aux grands froids – Retours d’expériences ». En deux mots, un lieu d’échanges et d’intelligence collective pour co-construire le changement de modèle économique vers l’architecture et l’aménagement durables. Des valeurs que partage sans nul doute Emmanuelle Cosse qui a abordé un certain nombre de sujets, y compris les plus sensibles comme la future réglementation.


L’expérimentation plébiscitée


Concernant la précarité énergétique, la ministre a annoncé qu’un changement du règlement d’intervention de l’Anah interviendrait au 1er octobre pour qu’elle « puisse agir dans les copropriétés fragiles. Dans ce cadre, 30 000 logements pourraient être aidés ».
Emmanuelle Cosse, sourire aux lèvres tant il se fait attendre, a précisé que le décret tertiaire, domaine sur lequel les gisements d’économies sont importants, devrait paraître prochainement ; il est actuellement au Conseil d’Etat.
Sur la stratégie bas carbone et la réglementation environnementale, sujet on ne peut plus délicat tant il inquiète certains professionnels, la ministre a insisté sur le fait de ne pas créer de carcan réglementaire. « Une expérimentation d’un an et demi sur des propositions est mise en place pour évaluer leur viabilité technique, financière et les besoins de formation », a-t-elle précisé.
Dans le même esprit, Emmanuelle Cosse a annoncé qu’elle allait mettre en place avec le Conseil supérieur de la construction (CSCEE) et les organismes de labellisation un observatoire technique et un comité exécutif « pour arriver aux échéances calendaires 2018 et 2020 ». « Nous ferons malgré tous les lobbies et trouverons des solutions », a-t-elle affirmé.
Concertation est bien le maître mot. Pour la révision de la RT dans l’existant (élément par élément ou RT globale), la ministre a souhaité se donner un délai supplémentaire qui permettra une plus grande réflexion avec les acteurs concernés.

 

Volonté d’une montée en puissance des territoires

 


« L’échelle du bâtiment ne sera plus la bonne échelle, il faut passer à l’échelle du quartier, du territoire », indique Emmanuelle Cosse ; c’est pourquoi le ministère accompagne les démonstrateurs villes durables et a confié à Alain Jung une mission sur le label écoquartier, vieillissant. « Nous allons lancer le 26 septembre prochain à Nantes le réseau Vivapolis », informe la ministre. « Je suis persuadée que nous réussirons grâce aux territoires, mais nous avons besoin de multiplier les outils et de nous appuyer sur une ingénierie présente dans tous les territoires », conclut-elle.

Une réponse en quelque sorte au Président du Plan Bâtiment Durable, Philippe Pelletier qui, avant d’accueillir la ministre, avait appelé l’Etat à aider les territoires à monter en puissance. « Finalement le travail qui reste à l’Etat n’est pas si considérable que cela car les fondamentaux sont là. Ce que vous devez réussir, c’est de donner la main aux territoires et continuer ces techniques de droit souple, cette concertation permanente », précise Philippe Pelletier qui poursuit : « on a besoin d’une règle aimable qui s’adapte à nos situations et de pouvoir se libérer de la règle générale pour expérimenter ».  Le président du Plan Bâtiment Durable a également fortement incité les entreprises à s’engager dans une dynamique. « Il n’y a plus à hésiter, il faut diffuser la formation qui devient une exigence majeure sans laquelle nous ne réussirons pas », insiste-t-il, en notant qu’avec la profusion d’innovations, il est indispensable « d’avoir des structures de veille comme peuvent l’être les clusters ». Philippe Pelletier a par ailleurs vanté les mérites des groupements qui permettent de conquérir des marchés, y compris à l’étranger, comme  le cluster éco-énergies en Rhône-Alpes, cité en exemple.

Focus

La démarche EnvirobatBDM

Présidée par Florence Rosa, l’association EnvirobatBDM a initié en 2009 une dynamique qui vise à mener l’ensemble des acteurs de la construction et de l’aménagement vers des pratiques écoresponsables. A travers sa démarche « Bâtiments durables méditerranées », elle partage les expériences, diffuse les savoirs et forme les professionnels. Une de ses caractéristiques est d’évaluer collégialement des projets de bâtiment ; à ce jour, 300 projets ont été évalués cumulant une surface d’un million de mètres carrés. « Partager, développer et évaluer pour mieux évoluer », telle est la démarche BDM, résumée par Florence Rosa. La démarche de BDM se présente comme un outil de gestion collaborative de projet durable et local pour augmenter la qualité du bâti dans les régions méditerranéennes et la compétence des professionnelles.

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